B                                                                                                             34 artistes référencés


BACH


Né le 9 novembre 1882, Bach (de son vrai nom Charles-Joseph Pasquier) fait partie des comiques troupiers du même genre que Polin. Il se produit sur scène portant un uniforme avec un air jovial mais niais. Il crée "Avec Bidasse" en 1913 puis "Quand Madelon", en 1914. Cette chanson ne connaîtra tout d'abord que peu de succès. Mais, ayant obtenu l'autorisation de chanter sur le front lors de la première guerre mondiale, Bach décide de la chanter à nouveau. Et là c'est un succès incontestable ! Par la suite, il se produit sur scène, principalement aux Folies-Bergère, et y interprète aussi bien des chansons que des sketches. Bach ne s'arrêtera pas là puisqu'il jouera plusieurs rôles au cinéma dans des films tels que "Le plus beau du régiment (1932)", "Dans la marine (1931)" ou encore dans "J'arrose mes galons (1936)". Il décède le 23 novembre 1953.


BACHELET PIERRE

Né à Roubaix le 25 mai 1944, Pierre Bachelet débute sa carrière par un chef-d'oeuvre musical: la chanson générique du film érotique "Emmanuelle". Attiré par la télévision et surtout le cinéma, il est sur le point de réaliser son premier long-métrage mais un grave accident de la circulation l'immobilise de longs mois. Bachelet se remet alors à la musique et compose un nouveau succès: "Les Corons". Homme du Nord, proche du monde des mineurs, il avait à coeur de leur rendre hommage avec cette chanson: "Au nord, c'étaient les corons; La terre c'était le charbon; Le ciel c'était l'horizon; Les hommes des mineurs de fond". Il continuera à composer et à interpréter un nombre important de chansons qui seront plus la plupart de grands succès. On pense notamment à "Elle est d'ailleurs (1980)", "Marionnettiste (1985)" ou "L'an 2001 (1986)". En 1990, il chantera en duo avec la navigatrice Florence Arthaud en interprétant "Flo". Atteint d'une grave maladie que l'on nomme communément cancer, Pierre Bachelet s'en est allé vers des horizons plus lointains le 15 février 2005.


BAKER JOSEPHINE

Née dans l'état américain du Missouri (à Saint-Louis) le 3 juin 1906, Joséphine Baker débute sa carrière dans des revues noires à Broadway. Très rapidement, elle chante et danse comme une vraie professionnelle. Elle débarque en 1925 en France et continue à se produire dans des revues dites nègres. Cela fait scandale puisque Joséphine porte des tenues très dénudées. Mais la petite Américaine va cependant très vite enthousiasmé un public de plus en plus acquis à sa cause. Aux Folies-Bergère en 1927, elle fascine les spectateurs en portant sa célèbre ceinture de bananes. Puis en 1930, elle recevra un véritable triomphe en interprétant "J'ai deux amours". Elle incarne la nouvelle tendance de la mode parisienne puisque de nombreuses femmes souhaitent lui ressembler. On se passe la peau au brou de noix. Tombée amoureuse de la Capitale française, Joséphine Baker interprétera un nombre considérable de chansons en rapport avec Paris: "Sous les ponts de Paris", "Ca c'est Paris", "La romance de Paris" ou "Fleur de Paris", pour n'en citer que quelques-unes. A partir de 1940, et durant toute la période de l'Occupation, les artistes juifs et noirs sont interdits de scène. Joséphine s'en ira momentanément se réfugier au Portugal, puis au Maroc. Au terme de la seconde guerre mondiale, elle reviendra en France où elle achètera un château dans le Périgord. Généreuse, elle adoptera des enfants de tous pays. Mais cette débauche d'énergie financière finira par la ruiner. Agée de 69 ans, elle remontera pour une dernière fois sur scène en 1975 à Bobino, dans un spectacle retraçant sa carrière. Victime d'un malaise, elle décédera quelques jours plus tard, le 12 avril 1975.


BALAVOINE DANIEL

Né le 5 février 1952, Daniel Balavoine quitte le lycée après mai 68 pour jouer avec un groupe du Sud-Ouest. En 1971, il arrive à Paris pour tenter une carrière musicale. Mais le succès le fuit. Son premier album en 1975 s'apparente à un flop. Le second en 1977, intitulé "Les aventures de Simon et Gunther" - concept autour du mur de Berlin -, ne reçoit un écho que très moyen. Sa carrière ne débute finalement que grâce à la chanson "Le chanteur (1979)" qui connaît un succès conséquent. Puis tout s'enchaîne très rapidement puisque Balavoine se fait connaître d'un plus large public en occupant un premier rôle dans la comédie musicale "Starmania" de Luc Plamondon. Auteur et interprète de plusieurs de ses chansons, Balavoine rencontre par la suite un franc succès avec des chansons telles que "L'Aziza", "Mon fils ma bataille", "Lucie". Adulé des foules et en pleine gloire, Daniel Balavoine disparaît subitement le 14 janvier 1986 dans un accident d'hélicoptère lors du Paris-Dakar, à la frontière entre le Mali et le Burkina. Injuste pour un homme voulant mener à terme une opération humanitaire en installant des pompes à eau solaires dans des régions arides.


BARBARA

Surnommée à la fois "la chanteuse de minuit" (heure à laquelle elle entre en scène) ou "la dame en noir" (en regard à ses habits et à son piano noirs), Barbara est née à Paris le 9 juin 1930. Elle débute sa carrière dans le cabaret parisien de "l'Ecluse" où elle y interprète, entre 1958 et 1964, des chansons de Georges Brassens, Jacques Brel et Mayol. Son premier disque sort en 1960 où l'on y retrouve des titres de Georges Brassens. Ce disque rencontre un véritable succès et Barbara reçoit alors le Grand Prix du Disque. A partir de 1964, Barbara enregistre ses propres chansons telles que "Nantes", "Göttingen", "Au bois de Saint-Amand". Elle ne tarde pas non plus à monter sur scène comme en 1965 à Bobino où elle dédie à son public la chanson "Ma plus belle histoire d'amour": "Du plus loin qu'il m'en souvienne; Si depuis, j'ai dit "je t'aime"; Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous". Son plus grand succès reste néanmoins "L'aigle noir (1970)", chanson qui sera souvent citée comme le titre le plus apprécié des Français. A ce propos, Barbara reste très humble: "Je ne suis pas une grande dame de la chanson. Je ne suis pas une héroïne. Je suis une femme qui chante". Agée de 67 ans, Barbara meurt le 25 novembre 1997, à la suite de problèmes respiratoires. Ce jour-là une grande dame de la chanson française s'en est allée, tel l'aigle noir qui s'est envolé.


BARTOK RIA

Ria Bartok (de son vrai nom Marie-Louise Pleiss) est née le 28 janvier 1943 à Einbeck, en Allemagne. Fille d'un chanteur d'opéra, elle connaît son premier succès à l'âge de 20 ans avec le titre: "Parce que j'ai revu François". Faisant partie de la vague Yé-yé des années 60, Ria Bartok rencontre de la peine à se faire connaître d'un large public. Des chanteurs de sa génération tels que Johnny Hallyday, Sylvie Vartan ou encore Richard Anthony lui font passablement d'ombre. Elle connaît toutefois son plus grand succès avec la chanson "Et quelque chose me dit". Alors qu'elle n'a que 23 ans, Ria Bartok décède subitement en 1966 dans un incendie. Sa carrière est inachevée.


BAUGE ANDRE

Né le 6 janvier 1893 à Toulouse, André Baugé débute sa carrière en 1912 en tant que chanteur d'opéra. Sa voix de baryton-martin est fort appréciée. Son premier rôle dans "Figaro" du Barbier de Séville de Rossini démontre qu'il possède un brio exceptionnel. André Baugé poursuit son oeuvre dans le registre des opérettes et triomphe dans de nombreuses salles dont celles de la "Gaîté lyrique", "de la Porte Saint-Martin", "de Mogador" et bien sûr du "Châtelet". Les succès sont légions: "Nina Rosa", "Plaisir d'amour", "La rose rouge", pour n'en citer que quelques-uns. Parallèlement, André Baugé joue plusieurs rôles au cinéma comme dans les films "La route est belle (1929)", "La ronde des heures (1930)" ou bien encore "La fille de Madame Angot (1935)". Ce chanteur à la voix inoubliable nous quitte à Paris le 25 mai 1966.


BECAUD GILBERT

Gilbert Becaud (de son vrai nom François Sully) est né le 24 octobre 1927 à Toulon. Il étudie le piano au conservatoire de Nice où il devient très rapidement un pianiste virtuose. Entre 1950 et 1952, il est accompagnateur de Jacques Pills. Une année plus tard, il enregistre son premier disque avec les titres "Mes mains" et "Les croix". En 1954, il monte pour la première fois sur scène, à l'Olympia, avant le spectacle de Lucienne Delyle. Le succès est immédiat. Avec sa cravate à pois et sa débauche d'énergie incroyable, on le surnomme "Monsieur 100'000 volts". Il compose, interprète et enregistre un nombre considérable de chansons. Il suffit de citer parmi les plus connues "Nathalie", "L'important c'est la rose", "Et maintenant", "Je t'appartiens", "Les marchés de Provence", "Quand il est mort le poète". Sa carrière ne s'arrête pas uniquement à la France puisque Gilbert Becaud triomphe également à Londres, Moscou et New York. En 1999, il sait qu'il est atteint d'un cancer et crée une chanson pleine de sens "Faut faire avec": "On peut pourtant défier le temps en regardant la mort en face; Puis sans un cri payer le prix des cigarettes; Faut faire avec..." Et justement il a vu la mort en face le 18 décembre 2001, emporté par la faucheuse...


BERANGER FRANCOIS

Fils d'un militant syndicaliste, François Béranger est né le 28 août 1937 dans le Loiret. Il incarne très rapidement une sorte de révolte d'une bonne partie de la génération nourrie de mai 68. Fasciné par Félix Leclerc, il interprète à la guitare les chansons du Québécois. Après avoir vécu 19 mois la guerre d'Algérie, il revient en France et compose plusieurs chansons comportant des textes provocateurs, dérangeants les esprits républicains: "Tango de l'ennui", "L'alternative", "Ca doit être bien". Malheureusement, les médias ne s'intéressent souvent pas à lui, ce qui n'empêche pas un important public de plébisciter ses chansons. En 1997, il sort un nouvel album "François Béranger" et redonne plusieurs concerts. Las, il est atteint d'un cancer et meurt le 14 octobre 2003 quasiment dans l'anonymat. L'incorrigible libertaire n'est plus là pour revendiquer ces petites choses néfastes de la vie que beaucoup de gens n'osent pas dire mais pensent tout bas...


BERARD ADOLPHE

Né à Carpentras en 1870, Adolphe Berard a beau être petit, boiteux et inélégant, cela ne l'empêche pas de posséder une voix puissante qui va vite faire des ravages. Il débute sa carrière à Paris, à la Gaîté-Montparnasse puis chante dès 1899 à l'Eldorado. On connaît de lui des chansons telles que "Loup de Mer (1910)", "Le train fatal (1916), "J'ai vendu mon âme au diable (1922)". Adolphe Berard est sans conteste un chanteur incontournable du début du 20e siècle. Il meurt à Paris en 1946.


BERGER MICHEL

Michel Berger (de son vrai nom Michel Hamburger) est né à Paris le 28 novembre 1947. Fils d'une pianiste classique et d'un célèbre professeur d'urologie, il goûte très rapidement à l'environnement musical. A 16 ans, il sort déjà son premier titre: "Tu n'y crois pas", puis se décide d'écrire des chansons pour les autres, comme en 1973 pour Françoise Hardy "Message personnel". En 1974, il rencontre France Gall qui devient sa femme l'année suivante. Il lui compose plusieurs chansons dont "Ca balance pas mal à Paris (1977)", "Viens je t'emmène (1978), "Il jouait du piano debout (1981)" ou encore "Elle elle l'a (1987)". En 1979, il compose la musique de l'opéra musical "Starmania". Il en ressort un véritable triomphe ! Par la suite, il continue à composer mais également à interpréter ses propres chansons, comme "La groupie du pianiste". En pleine gloire et alors qu'il n'est âgé que de 45 ans, Michel Berger est terrassé d'une crise cardiaque à Ramatuelle (dans le Var) le 2 août 1992 lors d'une partie de tennis. Il laisse derrière lui un large éventail de chefs-d'oeuvre qui resteront certainement très longtemps gravés dans les mémoires collectives.


BERRY GUY

Né à Lille en 1904, Guy Berry (de son vrai nom Gustave Courtier) reste sans doute célèbre pour sa chanson "La révolte des joujoux (1936)". Fort d'une voix timbrée et nuancée, il chante également d'autres chansons qui ne connaîtront toutefois pas un grand succès: "Les rêves sont des bulles de savon" ou encore "Bonne nuit maman". Il se tourne alors vers le nouveau style de musique des années 40: le swing. A l'instar de Johnny Hess, il compose plusieurs chansons de ce genre révolutionnaire: "Etes-vous swing ?", "Dansez" ou "Musique, musique, musique". Mais désabusé de ne pas pouvoir enthousiasmer un public plus nombreux, il décide de mettre un terme à sa carrière dès le début des années 50. Il mourra à Nice en 1982, presque oublié.


BERTRAND ANDRE

Né en 1932 à Joliette (Québec), André Bertrand débute une carrière de chanteur à Montréal, au café Moulin-Rouge, en 1955. Demi-frère de Yoland Guérard, lui aussi célèbre chanteur québécois, il interprète un extrait d’opéra à l’émission de télévision"Music-Hall" à la SRC en 1956. André Bertrand enregistre ensuite plusieurs succès, dont: "Hello le soleil brille", "Toi qui pars" ou bien encore "Jalousie". Mais c’est surtout dans les chansons à boire qu’il se fera le plus connaître. En 1961, il remporte d’ailleurs le trophée du meilleur disque folklorique avec le titre "Vive le bon vin". Au début des années 80, et grâce à plusieurs subventions, André Bertrand chante dans de nombreuses résidences pour personnes âgées afin de faire revivre une partie de la chanson rétro québécoise. Ce chanteur à la voix basse s’éteint le 18 décembre 1996.


BERVAL ANTONIN

Antonin Berval (de son vrai nom Antonin Pasteur) est né le 12 septembre 1891 à Avignon. Il débute sa carrière en tant que chanteur dans le Midi, au sortir de la première guerre mondiale. Puis, découvert par le compositeur Maurice Yvain, il joue à Paris le rôle principal de l'opérette "Pas sur la bouche". Son physique lui permet par la suite de décrocher plusieurs rôles au cinéma et de jouer tour à tour le truand, l'inspecteur de police et encore d'autres personnages, en compagnie de Fernand Sardou, Fréhel et Jean Gabin. Il décède à Nice le 14 octobre 1966 après avoir davantage connu le cinéma que la chanson.


BEZU ANDRE

Né le 24 juillet 1943 à Tourcoing, André Bézu débute sa carrière en tant qu’acteur de théâtre en jouant Shakespeare et Marivaux. Au cours des années 70, il devient attaché de presse dans le cinéma, principalement de Louis de Funès et des Charlots. En 1980, André Bézu va connaître une tournure dans sa carrière en participant à l’émission "La classe", crée par Guy Lux et dirigée par Fabrice. Talentueux pour ses démonstrations comiques, Bézu se lance dans la chanson en interprétant justement des chansons loufoques et enivrantes. Citons parmi celles-ci: "A la queuleuleu", "La chenille" ou bien encore "Et viva Espana". Après avoir fait tant chanter la France, André Bézu meurt subitement le 7 février 2007. Et dire que même lors de son enterrement, on a dansé à la queuleuleu …


BIZET MARIE

Marie Bizet est née le 26 avril 1905 à Paris. Elle se met très vite à chanter et rencontre Fernandel, avec lequel elle chante l'opérette "Ignace" en 1935 à Marseille. De retour à Paris, elle interprète sa plus célèbre chanson: "L'hôtel des trois canards", puis quelque temps plus tard: "J'y va-t'y, j'y va-t'y pas". Les années n'atténuant pas sa prodigieuse vitalité, elle s'offre même un récital au théâtre Saint-Martin à plus de 75 ans. Marie Bizet nous a quittés le 10 juillet 1998.


BLANCHE FRANCIS

Né le 21 juillet 1921, Francis Blanche est sans conteste un artiste autodidacte. Avec plus de 400 (!) chansons à son répertoire, il fait partie des créateurs les plus prolifiques de la chanson francophone. Il débute sa carrière en 1943 au théâtre Pigalle, date à laquelle il écrit "Débit de l'eau, débit de lait" pour un certain Charles Trenet. Maniant la plume aussi bien que la parole, il écrit des chansons pour les Compagnons de la Chanson, les Frères Jacques, Annie Cordy ou encore Glora Lasso, entre autres. Outre la création de chansons, Francis Blanche est également un conteur et un homme de radio qui a fait rire la France toute entière avec son éternel compagnon Pierre Dac. On se souvient encore des canulars signés "Furax". Francis Blanche est décédé le 6 juillet 1974 à l'âge de 53 seulement. Ce qui n'a, cette fois-ci, fait rire personne !


BOCCARA FRIDA

Née le 29 octobre 1940 à Casablanca au Maroc, Frida Boccara suit des cours de chant classique, avant de fréquenter le Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille. En 1962, elle rencontre un grand succès avec sa chanson "Cent mille chansons". Cela va complètement lancer sa carrière et Frida décide alors de tenter sa chance hors de France. En 1967, elle remporte le Festival de Sofia en Bulgarie. L'apogée de sa carrière arrive en 1969 lorsqu'elle gagne l'Eurovision de la Chanson avec son tube "Un jour, un enfant". Malgré ses succès et une voix extraordinaire de clarté, le public lui rend de moins en moins hommage. Frida Boccara décède presque dans l'anonymat le 1er août 1996 d'une infection pulmonaire. La chansons française a perdu une voix inoubliable.


BORDAS MARCELLE

Née en 1897, Marcelle Bordas travaille en tant que modiste dans la confection de chapeaux. Elle rencontre madame Rasimi, femme d'un célèbre imprésario, qui lui propose de chanter dans des cabarets. Ce seront les Folies-Bergères, l'Alhambra puis l'A.B.C. De part sa voix de baryton (rare pour une femme), Marcelle reprend d'anciennes chansons telles que "La femme à barbe". Elle créer et enregistre en 1941 sans doute son plus grand succès: "Ah, que la France est belle". Au final, son répertoire est principalement composé de chansons d'étudiants et de marins. Marcelle Bordas nous quitte en 1968.


BOTREL THEODORE

Fils de forgeron, né le 14 septembre 1868, Théodore Botrel arrive à Paris à l'âge de 12 ans après avoir passé son enfance en Bretagne. Il débute sa carrière au cabaret "Le chat noir" et voit sa renommée amplifier avec le temps grâce à sa chanson très populaire "La Paimpolaise" interprétée par Mayol: "J'aime Paimpol et sa falaise, son église et son grand pardon. J'aime surtout la Paimpolaise qui m'attend au pays breton". Se présentant justement en costume breton, il obtient de nombreuses éloges avec plusieurs de ses chansons: "La Franchette"; "Le mouchoir de Cholet", ou encore "Le petit Grégoire". Théodore Botrel chante également pour les soldats au front lors de la première guerre mondiale; ce qui lui vaudra la décoration de la croix de guerre et ce qui constituera le couronnement de sa carrière de chanteur patriotique. Il décède à Port-Blanc en 1925 et reste aujourd'hui encore apprécié des mélomanes de la chanson francophone. Tout comme Aristide Bruant, son contemporain.


BOULE NOIRE (Georges Thurston)

Né à Bedford le 29 décembre 1951, Georges Thurston (surnommé plus communément Boule Noire) est abandonné par ses parents et grandit dans un foyer d’accueil. Passionné de musique R & B, il fait partie en 1965 d’un groupe surnommé "Les Zinconnus". Trois ans plus tard, Georges Thurston enregistre en solo ses premiers 45 tours qui connaissent peu de succès. Il parvient néanmoins à devenir pianiste et guitariste de plusieurs chanteurs renommés, tels que Robert Charlebois, Claude Dubois et Nanette Workman. En 1975, il tente à nouveau de se mettre à son propre compte et prend comme nom d’artiste "Boule Noire" en raison de sa coupe de cheveux afro. C’est enfin la consécration en 1979 grâce à sa chanson "Aimer d’amour" qui se vend à plus de 100'000 exemplaires. D’autres albums suivent dont "Primitif", "Le tour des îles", "Résolution" ou bien encore "Soul pleureur". Atteint d’un cancer incurable, Boule Noire produit un dernier album en 2006 intitulé – et ce n’est pas un hasard ! – "Last call… dernier appel". Son cancer colorectal aura finalement raison de lui le 18 juin 2007 à Montréal.


BOULIANE LEVIS

Né à Disraëli en 1932, Lévis Bouliane apprend dès son plus jeune âge le violon, instrument avec lequel il connaîtra le succès tout au long de sa carrière. A 17 ans, il forme avec des amis un groupe musical surnommé les "Five Blue Stars" et parcoure les villes et villages de plusieurs régions du Québec. Cette collaboration dure jusqu'en 1965, année où Lévis Bouliane tombe amoureux d'un nouveau style musical, le bluegrass, musique typique de la région américaine des Appalaches où le banjo occupe un rôle très important. Il enregistre alors de nombreux succès, dont "Plus loin toujours plus loin" et "Le chemin du prisonnier". Ses passages à la télévision et à la radio se succèdent et Lévis Bouliane voit sa renommée amplifier. En 1977, il connaît le triomphe avec le titre "A ma fenêtre". Après être encore devenu producteur de ses propres disques, Lévis Bouliane nous quitte le 28 juin 1992, âgé seulement de 60 ans.


BOURVIL

André Raimbourg (surnommé Bourvil) est né à Prétot-Vicquemare en Seine-Maritime le 27 juillet 1917. Il passe son enfance en Normandie où il devient apprenti boulanger. En 1940, il débarque à Paris et prend des cours de trompette au conservatoire. Quelque temps plus tard, il débute dans un cabaret de Pigalle et y interprète des chansons de Fernandel. Petit à petit, et grâce peut-être à son personnage naïf, il commence à être reconnu d'un public exigeant en chantant ses propres textes. En 1946, il décroche son premier succès avec "Les crayons". Rebelote en 1949 avec "La tactique du gendarme" et "A bicyclette". Il ne s'arrête pas en si bon chemin puisque "Salade de fruits" en 1959 fait exploser les ventes de disques. Parallèlement, Bourvil se destine au cinéma et joue des rôles de personnage comique, voire ignare; l'une ses plus grandes apparitions étant sans doute dans le film "La grande vadrouille", en compagnie de Louis de Funès. A la pleine fleur de l'âge (53 ans), Bourvil décède le 23 septembre 1970, à la suite d'une maladie de la moelle osseuse.


BOYER LUCIEN

Né le 20 janvier 1876 à Léognan en Gironde, Lucien Boyer débute sa carrière au Quat'z-Arts en 1896, dans un registre contestataire. En 1918, au sortir de la guerre, il demande à Borel-Clerc de composer avec lui "La Madelon de la victoire". Chanson qui lui vaudra la Légion d'Honneur pour sa contribution au moral des soldats. Lucien Boyer n'est cependant pas uniquement un interprète. Bien au contraire. Il écrit des pièces de théâtre, des revues, des opérettes et plus de 2'000 chansons (!). Les plus connues restent sans conteste "Tu verras Montmartre (1922)", "La trompette en bois" (1924), "Ca c'est Paris (1927)" ou encore "Mon Paris (1925)".


BOYER LUCIENNE

Née le 18 août 1901, Lucienne Boyer exerce le métier de modiste. Puis elle commence une carrière d'interprète en participant à des revues. Elle rencontre soudainement un succès incontestable en 1930 avec sa chanson "Parlez-moi d'amour": "Parlez-moi d'amour; Redites-moi des choses tendres; Votre beau discours, mon cœur n'est pas las de l'entendre; Pourvu que toujours vous répétiez ces mots suprêmes. Je vous aime". Reconnue du public grâce à sa voix sensuelle et à sa façon de syllaber les mots, elle monte sur scène à Bobino, à l'Olympia, puis sur d'autres parterres parisiens, avant d'épouser un certain Jacques Pills. En 1976, on la voit encore se produire à l'Olympia aux côtés de sa fille, Jacqueline Boyer. Mais il s'agira là de l'un de ses derniers tours de chant puisqu'elle s'éteindra le 6 décembre 1983.


BRANT MIKE

Né le 1er février 1947 à Nicosie (Chypre), ce fils de fonctionnaires israéliens se lance dans la chanson au milieu des années 60. Il débarque en France en 1969 sur les conseils avisés de Sylvie Vartan et de Carlos. Il subjugue très rapidement la France en interprétant sa toute première chanson: "Laisse-moi t'aimer (1970)". Ce disque fait un tabac et se vend à plus d'un million d'exemplaires ! Sa puissante voix de crooner et sa sensualité ne laissent personne indifférent. Mike Brant continue à séduire un public de plus en plus acquis à sa cause en interprétant: "Rien qu'une larme", "Qui saura", "C'est ma prière". En pleine gloire, adulé par des milliers de fans, mais terriblement dépressif, il décide de mettre fin à ses jours en se jetant du cinquième étage d'un immeuble parisien. Mike disparaît ainsi le 25 avril 1975, emportant avec lui tous ses maux.


BRASSENS GEORGES

Né à Sète le 22 octobre 1921, fils d'une mère napolitaine, Georges Brassens est très vite fasciné par ses idoles Charles Trenet, Vincent Scotto et Ray Ventura. En 1943, il est envoyé en Allemagne au STO (Service du Travail Obligatoire). Mais cela va à l'encontre de ses idées et il profite d'un week-end de libre pour déserter et se réfugier à Paris, au fond de l'Impasse Florimont, chez son amie Jeanne. A partir de ce moment-là, Georges écrit des poèmes. Patachou, qui possède un cabaret, le pousse alors à interpréter ses propres textes sur scène. Pas habitué et quelque peu timide, Georges accepte. Le public est ébloui par sa verve littéraire. Pour la première fois dans l'histoire de la chanson francophone, un homme ose dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Plusieurs de ses chansons seront censurées. On pense notamment au "Gorille", chanson décriant la peine de mort encore en vigueur en France en 1954. Il est vrai que son anticonformisme, son esprit de révolte ne laisse personne indifférent. Il y a ceux qui aiment Brassens et ceux qui le détestent. Georges Brassens écrit près de 200 chansons. Les plus célèbres sont "Les copains d'abord", "La cane de Jeanne", "Chanson pour l'Auvergnat", "Mourir pour des idées". Il monte une dernière fois sur scène en 1976 à Bobino, avant de se retirer. Atteint d'un cancer et d'une infection rénale récurrente, Georges Brassens s'éteint le 29 octobre 1981. Il repose au cimetière du Py à Sète. Lui qui craignait la mort comme de la peste a été emporté à l'âge de 60 ans par la faucheuse... Peut-être que Tonton Georges nous observe depuis son "pin parasol".


BREL JACQUES

Né à Bruxelles dans une famille d'industriels le 8 avril 1929, Jacques Brel prend vite goût à la chanson. Jacques Canetti, responsable artistique, le repère et lui propose de chanter dans son cabaret des Trois-Baudets, à Paris. Les débuts sont difficiles, le public le boude. Mais en 1956, grâce à sa chanson "Quand on n'a que l'amour", il commence enfin à se faire connaître. Deux ans plus tard, il monte sur scène à l'Olympia et interprète "Ne me quitte pas". En 1961, il se retrouve à nouveau à l'Olympia et chante "Les Bourgeois", "Les biches", "Madeleine", entre autres. Le public est subjugué par cet homme qui arrive à faire passer des messages à travers ses chansons. Mais pour y arriver, Jacques Brel se rend malade. On le voit suer, même vomir avant de rentrer en scène. Il ne veut pas décevoir son public. Au début des années 70, il se lance dans le cinéma et joue dans plusieurs films comme dans "L'emmerdeur". Las, il est atteint d'un cancer et se retire en Polynésie, aux Marquises où il meurt le 9 octobre 1978. Et dire qu'en 1968, il avait écrit à Dieu dans la chanson "J'arrive": "J'arrive j'arrive. Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé encore une fois traîner mes os jusqu'au soleil, jusqu'à l'été, jusqu'à demain, jusqu'au printemps".


BRETONNIERE JEAN

Né à Tours le 22 octobre 1924, Jean Bretonnière débute sa carrière au cours de la deuxième guerre mondiale en interprétant des chansons comiques qui avaient fait tant rire plusieurs années auparavant. N'ayant pourtant quasiment pris aucun cours de chant, il décide de passer au répertoire de l'opérette. En 1952, il débute dans l'opérette "Feu d'artifice", aux côtés de Suzy Delair, entre autres. Deux ans plus tard, et en tant que bon comédien et chanteur, il est tête d'affiche à la Gaîté-Lyrique et chante dans "Pampanilla". Jean ne s'arrête pas là et s'en va sur les chemins de Province pour des tours de chant interminables. Son répertoire est vaste: "La veuve joyeuse", "Trois valses", "Rose-Marie". En 1968, Jean se tourne vers le théâtre et joue plusieurs rôles plus ou moins importants, comme dans "Jupiter", "La facture". Le 13 mars 2001, il tire sa révérence à Romainville, après une carrière bien remplie.


BRIDGE BILLY

Né le 17 décembre 1945 à Cherbourg, Billy Bridge (de son vrai nom Jean-Marc Bridge) est remarqué par un certain Kurt Mohr qui travaille pour les disques Odéon. En 1962, alors âgé que de 17 ans, il enregistre son premier 45 tours intitulé "Surboum". Nous sommes en pleine vague rock’n’roll et Billy Bridge va s’inspirer de la mouvance américaine pour importer en France le madison. Il forme avec plusieurs autres musiciens un groupe surnommé "Les Mustangs" et enregistre de nombreux succès: "Ne dis plus rien", "Madison flirt", "Viens twister avec moi" ou bien encore "Donne-moi cette nuit". Après un long passage à vide, Billy Bridge relance sa carrière en 1971 en prenant pour pseudonyme "Black swan", autrement dit cygne noir. Il rencontre un triomphe avec la chanson "Echoes" and "Rainbows" qui se vend à plus d’un million d’exemplaires. Par la suite, il retrace sa vie en reprenant les tubes de sa jeunesse, jusqu’à sa mort survenue le 21 novembre 1994.


BRUANT ARISTIDE

Né le 6 mai 1851, Aristide Bruant peut-être considéré comme le "Père spirituel" de la chanson francophone puisqu'il est l'un des tout premiers artistes de sa génération à nous avoir laissé des traces sonores. Issu d'une famille bourgeoise, il se retrouve embrigadé comme soldat lors de la guerre de... 1870 (!) Il débarque ensuite à Paris où il débute sa carrière dans les cabarets "Les ambassadeurs" et "Bataclan", puis au "Chat noir" où il crée la célèbre chanson du "Chat noir": "Je cherche fortune autour du Chat noir. Au clair de la lune, à Montmartre le soir". En 1885, il rachète la salle "Le Mirliton" et se pave d'un manteau noir, d'un chapeau noir et d'une écharpe rouge. Le peintre Toulouse Lautrec lui fait un autoportrait (que l'on peut admirer fréquemment encore de nos jours sur des affiches). Ses chansons mêlent le parler populaire et l'argot et visent à décrire les dures réalités du début du 20e siècle, comme dans "A la Bastille", "Ah les salauds", "Nini peau de chien". Aristide Bruant s'éteint le 23 février 1925, à l'âge très respectable de 74 ans.


BRUNELLE PAUL

Né le 10 juin 1923 à Granby au Québec, Paul Brunelle chante dès son plus jeune âge avec les "Petits Chanteurs" de sa ville natale. En 1939, il forme un groupe avec lequel il se produit dans les banquets, mariages et autres réceptions, en interprétant des chansons françaises et américaines. Après avoir remporté deux concours de chanteur amateur en 1943 et 1944, il enregistre ses premiers 45 tours intitulés "Femmes, que vous êtes jolies" et "Mon enfant, je te pardonne". Le succès est immédiat et Paul Brunelle grave de nouveaux titres, dont "Sur ce rocher blanc", "Par une nuit d'étoiles" et "Au loin là-bas dans ma prairie". Ses chansons sur des airs de western le classe parmi le maître de ce style, tout comme ses contemporains que sont Marcel Martel et Willie Lamothe. Après avoir encore animé plusieurs émissions à la radio (Paul Brunelle et ses Troubadours) et à la télévision (Le ranch à Willie), il est contraint de mettre un terme à sa carrière au début des années 80. Atteint d'un cancer de la gorge, il nous quitte le 24 novembre 1994.


BUFFET EUGENIE

Née en 1866 en Algérie, Eugénie Buffet devient chanteuse de café concert en 1890. Elle est très vite appréciée car elle possède sur elle un style naturel, retraçant la vie difficile qu'elle a vécue. On dit d'elle qu'elle était sur les scènes, dans les cabarets, dans les cours et sur la rue, une sorte de reine populaire, au coeur débordant de sympathie, de bonté, de simplicité dévouée. A ce propos, on la voit chanter au profit des blessés, des soldats et des malades. Eugénie interprète des chansons de Aristide Bruant et Botrel. Son plus grand succès reste toutefois la célèbre "Sérénade du pavé (1892)". Elle meurt à Paris en 1934.


BUSCH EVA

Née à Berlin le 22 mai 1909, Eva Busch (de son vrai nom Eva Zimmermann) apprend le piano, le violon et la danse classique. Au début des années 30, elle enregistre ses premiers disques mais quitte rapidement l'Allemagne pour se rendre aux Pays-Bas à la suite de l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933. Après un passage aux Etats-Unis, Eva s'installe à Paris et enregistre de nouveaux disques 78 tours. En 1940, elle chante sans doute sa plus célèbre chanson: "Bel ami". Fin 1944, elle interprète des chansons pour les civils et les militaires allemands. Par la suite, elle revient en France et continue sa carrière d'interprète. Eva Busch s'éteint le 20 juillet 2001 à Münich.