C                                                                                                                                   24 artistes référencés


C. JEROME


Né dans le 12e arrondissement de Paris le 21 décembre 1946, C. Jérôme (de son vrai nom Claude Dhotel) crée un groupe de rock à l'âge de 16 ans. En 1967, il prend comme pseudo "C. Jérôme" et enregistre son premier 45 tours "Les fiancés" qui ne remporte pas le succès escompté. Mais avec son second disque "Le petit chaperon rouge est mort", il devient le chouchou de la célèbre émission "Salut les copains". Le premier de ses grands succès est "Quand la mer se retire", enregistré en 1969. Le petit parisien ne s'arrête pas là et enregistre un tube qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires: "Kiss me (1970)". Ce tube se retrouve no. 1 au hit-parade dans de nombreux pays européens. Bien que C. Jérôme ne se prenne jamais au sérieux, il voit d'autres tubes rencontrer un franc succès: "Himalaya", "La petite fille 73", "C'est moi", "Et tu danses avec lui", pour n'en citer que quelques-uns. En 1997, il est opéré d'urgence d'une tumeur. Cette dernière lui sera finalement fatale le 14 mars 2000. En 30 ans de carrière, C. Jérôme a vendu plus de... 26 millions de disques !


CAIRE REDA

A l'instar de son nom, Reda Caire est né au Caire en Egypte le 14 février 1905. Il s'installe avec sa famille à Marseille au début des années 20. Très vite il se lie d'amitié avec Gaston Gabaroche qui lui composera plusieurs chansons: "Un soir à la Havane", "Ma banlieue", "Les beaux dimanches de printemps (1935)". Il devient rapidement la coqueluche des Marseillais qui se rendent massivement au théâtre ou dans les cabarets pour le voir à l'oeuvre. Les Parisiens ne sont pas en reste non plus puisqu'ils remplissent les salles de "Bobino" et de "L'Européen" pour assister au spectacle de ce gentleman de la l'opérette et de la chanson française. Fort de son succès, Reda Caire enregistre quelque cent cinquante 78 tours, dont plusieurs chefs-d'oeuvre: "Fermons nos rideaux", "Si tu reviens", "Vous êtes si jolie". En 1957, il ouvre une école de chant avant de monter une dernière fois sur scène en 1962. Il s'éteint le 9 septembre 1963.


CAPRI AGNES

Née en 1915, Agnès Capri (de son vrai nom Sophie Rose Friedmann) est issue d'une famille juive ayant fui la Révolution russe. Attirée par le monde artistique, elle prend à la fois des cours de chant et d'art dramatique à l'âge de 16 ans. Agnès Capri est très vite imprégnée d'idées révolutionnaires et interprète plusieurs chansons sur ce thème-là. Elle fait même scandale en interprétant un poème de Jacques Prévert comportant les paroles suivantes: "Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y". En 1938, elle ouvre son propre lieu révolutionnaire où se rencontrent des artistes aussi variés que militants tels que Jacques Prévert, Joseph Kosma ou Eric Satie. Durant la seconde guerre mondiale, Agnès Capri est contrainte de fermer boutique et quitte la France pour l'Algérie où elle se produit sur plusieurs scènes. Ses chansons sont fort appréciées. Citons parmi celles-ci: "La Grande Opéra", "Laisse parler Jacob" ou "Je te veux". Après la guerre, elle revient en France et ouvre un cabaret dans lequel plusieurs nouveaux artistes de la chanson française débutent leur carrière: Marcel Mouloudji, Serge Reggiani, Catherine Sauvage, entre autres. Agnès Capri décède le 15 novembre 1976.


CARADEC JEAN-MICHEL

Né à Morlaix dans le Finistère le 20 septembre 1946, Jean-Michel Caradec apprend la guitare grâce à sa soeur qui lui l'avait offerte. Il n'a que 16 ans mais sait qu'il possède les capacités pour devenir un excellente auteur, compositeur et interprète. Il écrit des poèmes, joue de la flûte. Après s'être produit dans de petits cabarets, Caradec chante en première partie du spectacle de Maxime Le Forester, dans l'immense salle de l'Olympia. Il enthousiasme le public. L'année 1974 est une révélation puisqu'il enregistre les tubes suivants qui seront tous des succès: "Ma petite fille de rêve", "La Colline aux coralines", "Mai 1968". Sa sensibilité, ses mélodies harmonieuses donnent des frissons à bon nombre de mélomanes. Mais en pleine gloire et alors qu'il n'a que 35 ans, Jean-Michel Caradec trouve la mort dans un accident de voiture en 1981. Il laisse derrière lui un répertoire inachevé.


CARLOS

Fils de la célèbre pédopsychiatre Françoise Dolto et d'un père russe, Carlos (de son vrai nom Jean-Chrysostome Dolto) est né le 20 février 1943. Passionné par les ambiances festives, il anime très jeune des soirées dans le quartier de Notre-Dame, à Paris. Au début des années 60, il rencontre le couple Vartan - Hallyday et accompagne partout les deux stars montantes des 45 tours jusqu'en 1972. Carlos devient même l'assistant principal de Sylvie Vartan, avant de débuter une carrière solo. Portant de larges tenues bariolées, tout en imposant un style de campeur rigolo, il chante plusieurs tubes incontournables sur des rythmes festifs: "Big Bisou", "Rosalie", "Tout nu, tout bronzé". Outre la chanson, Carlos reste également un artiste incontournable du petit écran. Ses apparitions dans les "Grosses Têtes" aux côtés de Philippe Bouvard sont encore aujourd'hui des moments inoubliables. Sans oublier plusieurs apparitions au cinéma comme dans les films "La Patate", "Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques" ou dans le téléfilm "Le J.A.P" (juge d'application des peines). Ce comique barbu nous quitte le 17 janvier 2008, emporté par un cancer foudroyant.


CASSEL JEAN-PIERRE

Né le 27 octobre 1932 à Paris, Jean-Pierre Cassel (de son vrai nom Jean-Pierre Crochon) prend très vite goût au monde artistique, attiré sans doute par sa mère qui est chanteuse classique. Après avoir eu la chance de rencontrer son idole américaine Gene Kelly, il joue de petits rôles au cinéma à partir de 1953. Quelques années plus tard, il est remarqué par un certain Philippe de Broca, également débutant comédien, qui lui propose de jouer au théâtre dans "Les jeux de l'amour". La carrière de Jean-Pierre Cassel est ainsi lancée. Bien que comédien, il excelle également dans l'art musical et joue à merveilles les pas de claquette. Le Parisien interprète tout au long de sa carrière plusieurs chansons d'artistes renommés, dont "Jolie môme" de Léo Ferré, "Les feuilles mortes" d'Yves Montand ou bien encore "Syracuse" de Henri Salvador. Après une existence fort bien remplie mélangeant le théâtre, le cinéma ("L'Armée des ombres", "Paris brûle-t-il", "Les rivières pourpres") et la chanson, Jean-Pierre Cassel nous quitte le 19 avril 2007, emporté par la maladie.


CASTONGUAY EDOUARD

Né le 2 septembre 1929 au Chemin-du-Lac (Québec), Edouard Castonguay se passionne très jeune pour la musique. Il n'a que 7 ans lorsqu'il fabrique sa propre guitare et en joue pour faire valser. Quelque temps plus tard, il écrit ses premières chansons et parvient enfin en 1956 à graver son premier 78 tours intitulé "Bonne nuit, ma chérie". Edouard Castonguay poursuit sa carrière de chanteur à la tête de la troupe "Les joyeux campagnards" et chante de paroisse en paroisse. Malheureusement, la musique ne lui suffit pas pour vivre et il doit se consacrer à d'autres travails dont bûcheron et vendeur de pain. Sans véritable aide externe, et après avoir lui-même fait sa propre publicité pour sa musique, il parvient enfin à gagner sa vie grâce à ses oeuvres. Mieux, en 1983, il crée sa propre maison de disques. Son style mélangeant le western à la country est très apprécié. Citons quelques-unes de ses chansons "Je vous salue en passant", "L'air d'un solitaire", "Mon amie l'hirondelle" ou bien encore "Jolie fleur des bois". Edouard Castonguay disparaît le 8 mars 2006, vaincu par la maladie.


CAUSSIMON JEAN-ROGER

Né le 24 juillet 1918 à Montrouge, Jean-Roger Caussimon débute sa carrière d'artiste au théâtre et au cinéma en jouant avec Carné, Renoir et Autant-Lara. Il est également homme de télévision et de radio. Parallèlement, il écrit des textes de chansons qu'il interprète dès 1943 au cabaret "Le Lapin agile". En 1947, il rencontre Léo Ferré qui lui propose de mettre ses textes en musique. Jean-Roger accepte. Cela débouche sur une grande amitié et collaboration entre les deux hommes. Caussimon écrit, Ferré chante: "Monsieur William", "Comme à Ostende", "Mon camarade". En 1970, alors âgé de 52 ans et sur l'amicale insistance de Pierre Barouh, Jean-Michel Caussimon enregistre son premier 33 tours qui s'intitule "Caussimon chante Caussimon". Le succès est garanti. On apprécie ce barbu au désespoir tranquille, quelque peu anarchiste et qui parle souvent de la mort. Jean-Roger Caussimon nous a quittés le 20 octobre 1985.


CELIS ELYANE

Née le 10 avril 1914 en Belgique, Elyane Célis se fait remarquer sur la scène du "Casino de Paris" en 1935 lorsqu'elle interprète "Pirouli rouli", chanson composée par Vincent Scotto. Sa voix étincelante de soprano attire le public. Ce dernier assiste à un tour de chant original en voyant Elyane Célis assise sur un immense piano à queue. En 1938, elle enregistre deux chansons principales du film de Walt Disney "Blanche-Neige et les sept nains": "Un sourire en chantant" et "Un jour mon prince viendra". Ses chansons les plus célèbres demeurent "Baisse l'abat-jour", "Ca sent la friture" et "Un violon dans la nuit". Elyane Célis meurt le 16 juin 1962 à l'âge précoce de 48 ans, emportée par une longue et douloureuse maladie.


CHANTEUR SANS NOM

Né le 4 février 1910 à Montreuil, Roland Avellis a toujours vécu dans l'anonymat. Jusqu'à son dernier souffle, cet homme fut appelé "le chanteur sans nom". Abandonné dès sa naissance, il est très vite attiré par les chanteurs populaires de son époque que sont Maurice Chevalier, Fréhel, Mistinguett. Doué d'une voix juste et d'une diction parfaite, "le chanteur sans nom" débute sa carrière dès 1934 dans les bals musettes. Il chante des valses et rencontre une certaine Edith Piaf avec laquelle il se lie d'une grande amitié. Participant à de nombreux thés dansants, il interprète des succès incontournables: "Violetta", "Tristesse", "Partir un jour". En 1936, il apparaît pour la première fois sur scène (celle du Médrano) et porte un masque noir sur le visage afin de perpétuer le mystère. Par la suite, "le chanteur sans nom" deviendra même le secrétaire d'Edith Piaf, tout en continuant à interpréter avec beaucoup d'émotion diverses chansons, dont "Tous mes rêves passés" de Jacques Pills. Atteint d'un diabète chronique, "le chanteur sans nom" meurt à Corbeil-Essonnes le 24 mars 1974.


CHARLUS

Né le 6 septembre 1860, Charlus (de son vrai nom Louis Napoléon Defer) n'a aucun style particulier. Il sait tout faire ou presque. Il est capable de remplacer qui que ce soit au pied de nez. Il passe ainsi du style comique troupier au chanteur de charme en quelques instants. Véritable machine à produire, Charlus enregistre à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle des centaines de chansons. A ce propos, on lui donne le nom de "Forçat du gramophone" ou "Le roi du phono". Son plus grand succès reste la chanson "Le petit panier". Il décède le 21 février 1951 dans le département de l'Oise, à l'âge de 90 ans.


CHARPINI & BRANCATO

Duo de légende des années 30, Charpini (30 juillet 1901 - 26 octobre 1987) et Brancato (26 janvier 1900 - 10 avril 1991) se sont rencontrés en 1929. Jean Charpini, comique pour ses rôles au théâtre en tant que travesti, et Antoine Brancato, virtuose baryton sachant également jouer du piano, n'ont pas eu de peine à se lier d'amitié pour former ce duo. Après être restés sept ans au cabaret "Le Bosphore", ils vont se produire dans de nombreuses salles parisiennes. Leur numéro à base d'opéra et d'opérette est, à cette époque, un des plus célèbres de Paris. Citons quelques titres de leurs interprétations: "Elle ou lui" de l'opérette "Divin mensonge", "Nous avons fait un beau voyage" de l'opérette "Ciboulette" ou bien encore "Duetto de l'âne" de l'opérette "Véronique".


CHEVALIER MAURICE

Né le 12 septembre 1888 à Paris, Maurice Chevalier passe son enfance dans le quartier de Ménilmontant. Son père l'ayant très vite abandonné, le petit Maurice, alors âgé de 12 ans, chante dans de petits cabarets parisiens. Il imite Dranem en faisant le pitre. Mais ce n'est véritablement qu'en 1905, à 17 ans, qu'il débute sa carrière sur la scène de l'Alcazar de Marseille. Parallèlement, il vit une liaison tumultueuse avec une certaine Fréhel, devenue alcoolique et toxicomane. Mais cette relation ne durera pas. Le svelte et sexy jeune homme s'en va fréquenter d'autres scènes: "Les Folies-Bergères", "Le Casino de Paris". En 1928, Maurice Chevalier entame une tournée internationale qui le propulse à New York. La gloire est au rendez-vous, le succès incontestable. Chevalier se fait alors une renommée internationale. Mais en 1941, en pleine guerre mondiale, il chante "Ca sent si bon la France". Cette chanson va déboucher sur de nombreuses critiques car certains estiment qu'il s'agit d'une chanson de propagande. Maurice Chevalier va alors passer une période difficile et refusera, lors de l'envahissement de la zone libre, de chanter en public. Heureusement, tout rentrera dans l'ordre dès la fin de la guerre. Chevalier remonte sur scène. Il fait ses adieux officiels en 1968 lors d'un ultime concert au Théâtre des Champs-Elysées, en y interprétant ses plus grands succès: "Valentine", "Ma pomme", "Fleur de Paris". Il s'éteint le 1er jour de l'an 1972, à l'âge honorable de 84 ans.


CLAIR BRUNO

Né le 15 novembre 1907 à Bastia, Bruno Clair (de son vrai nom Bruno Guaitella) débarque très jeune avec ses parents à Marseille où il exerce le métier de marin de commerce. Bruno Clair est attiré comme un aimant par la chanson et lors de son temps libre, il se rend fréquemment à l’Alcazar de Marseille. Georgel – immense vedette des années 30 – le remarque et est époustouflé d’entendre sa voix harmonieuse de ténor. Il l’encourage à débuter une carrière de chanteur à Paris. Bruno accepte, enregistre aussitôt ses premiers disques et devient même chanteur de l’orchestre de Ray Ventura. Le succès est immédiat. A l’image de Reda Caire, Jean Lumière et Tino Rossi, Bruno Clair est très apprécié. Ses plus grands succès sont "Reviens mon amour", "Partir un jour", "Tes yeux" ou bien encore "Où es-tu mon Espagne". En 1938, il fait ses débuts au cinéma en jouant dans "Les frères corses", "Vidocq" et "Le club des Fadas". Cinq ans plus tard, il rencontre la célèbre chanteuse italienne Victoria Marino avec laquelle il se marie. Par la suite, Bruno Clair consacre uniquement sa carrière au cinéma et tourne ainsi le dos à la chanson. Son décès survenu le 3 janvier 1972 laissa un énorme chagrin aux Marseillais.


CLAUDIUS

Né le 19 novembre 1858, Claudius (de son vrai nom Maurice Jouet) est une figure emblématique du Café concert de la fin du 19e siècle et début du 20e siècle. Il est contemporain à des artistes tels que Aristide Bruant, Polaire ou Dranem. Grand, mince, habillé d'un costume à carreaux, Claudius déclenche l'hilarité en entrant sur scène. Son zozotement fait rire. Il chante des refrains populaires de l'époque: "Je suis républicain", "Elles en veulent", "Coeur brisé". Talentueux, il décide vers 1895 de se lancer dans le théâtre où il joue quelques rôles intéressants. Par la suite, il écrit quelques revues pour "La Scala", "Le Moulin Rouge", "L'Alcazar" ou "Les Ambassadeurs". Claudius meurt au Cannet en 1932.


CLAVEAU ANDRE

Né le 17 décembre 1915 à Paris, André Claveau remporte un concours radiophonique en 1936 et se lance petit à petit dans le monde de la chanson et de la radio. Alors que la France est assiégée, il anime une émission sur Radio Paris en 1940. Les auditeurs sont en admiration derrière leur poste de radio. Parallèlement, André Claveau interprète des chansons très mélodieuses, ajustées à la perfection par sa belle voix de baryton: "Cerisier rose et pommier blanc", "Marjolaine", "Domino". On le surnomme "Le prince de la chanson de charme". Il se produit également fréquemment sur scène comme à "L'Européen" et à "L'A.B.C". Idole d'un grand nombre de femmes, il participe en 1958 à l'Eurovision de la Chanson et remporte le premier prix avec sa chanson: "Dors mon amour". Il se retire de la scène au début des années 70 et nous quitte le 4 juillet 2003.


CLAY PHILIPPE

Né le 27 mars 1927 à Paris, Philippe Clay (de son vrai nom Philippe Mathevet) fréquente le Conservatoire national d’art dramatique dès la fin de la deuxième guerre mondiale. En 1949, il remporte un concours amateur dans un bar surnommé "A la colonne de la Bastille"; ce qui va le faire connaître. Charles Aznavour écrit quelques chansons que Philippe Clay interprète aux "Trois Baudets" et "A la Fontaine des quatre saisons", deux cabarets parisiens. De plus en plus reconnu, il se lie d’amitié avec des artistes célèbres de Saint-Germain-des-Prés, parmi lesquels Jacques Prévert, Boris Vian et Serge Gainsbourg. A la fois comédien – il joue dans plusieurs films et au théâtre – et chanteur, Philippe Clay interprète des chansons inoubliables et souvent engagées, telles que "Le danseur de charleston", "Les voyous", "Festival d’Aubervilliers" et surtout "Mes universités", chanson contestataire des événements de Mai 68. Ce Parisien pure souche disparaît le 13 décembre 2007, terrassé par une crise cardiaque.


CLEVERS LYNE

Née le 22 octobre 1909, Lyne Clevers (de son vrai nom Céline Marie Rhalewski) voit le jour à Paris. Ses parents sont des Juifs émigrés. Rapidement orpheline, elle est adoptée par un certain Adolphe Clevers, directeur de tournées et metteur en scène. Sa carrière débute véritablement en 1932 où elle passe dans plusieurs opérettes à "La Fourmi", "Au petit Casino", à "Bobino" et à "L'Européen". En 1934, elle joue l'opérette "Toi et moi" au côtés de Pills et Tabet, ainsi que de Pauline Carton. Lyne Clevers continue d'enthousiasmer les foules en participant à plusieurs autres opérettes, dont notamment "La Chanson du bonheur", "La Pampa", "Je voudrais en savoir davantage". En raison de ses origines juives et de l'antisémitisme ambiant, Lyne se retire petit à petit du monde de la scène. Sa dernière apparition a lieu à l'Olympia en 1954. Sa discographie se résume à 76 titres enregistrés entre 1930 et 1946. Lyne Clevers s'éteint le 28 novembre 1991, sans que personne ne s'en rende véritablement compte.


COCCINELLE

Née en août 1931 sous le nom de Jacques Charles Dufresnoy, Coccinelle devient en 1958 la première transsexuelle médiatisée et fonde l'association "Devenir Femme" afin de venir en aide aux personnes désirant changer de sexe. Devenue Jacqueline-Charlotte Dufresnoy, elle débute sa carrière "Chez Madame Arthur", célèbre cabaret parisien de transformistes. En 1960, Coccinelle épouse un journaliste sportif; ce qui constitue le premier de ses trois mariages. En 1963, Bruno Coquatrix, directeur de l'Olympia, la sacre star en faisant d'elle une meneuse de revue. Coccinelle chante alors dans toutes l'Europe et en Amérique du Sud. Ses plus grands succès demeurent "Avec mon p'tit faux-cul", "Je cherche un milliardaire", "Chercher la femme" ou bien encore "La vie mondaine". Hospitalisée à la suite d'un accident circulaire cérébral, Coccinelle nous quitte le 9 octobre 2006 à Marseille.


COLOMBO PIA

Née le 16 juillet 1934 dans le département de l'Aisne, Pia Colombo (de son vrai nom Eliane Pia) débute sa carrière par chanter des oeuvres de Maurice Fanon, rencontré en 1956 et qu'elle épouse quelque temps plus tard. Elle crée par la suite "Julie la Rousse" de René-Louis Lafforgue et interprète la chanson "Le métèque" de Georges Moustaki. En 1975, elle chante quelques chansons du répertoire de Léo Ferré. D'origine italienne, possédant une voix basse et déchirante, Pia Colombo nous quitte le 16 avril 1986, emportée par un cancer.


COMEDIAN HARMONISTS

Groupe de chanteurs d'origine allemande incontournable des années 30, les Comedian Harmonists ont marqué l'histoire de la chanson francophone. Tout débute en 1927 lorsqu'un jeune comédien chanteur, ténor sans emploi, du nom de Harry Frommermann, décide de monter un groupe de chanteurs. Après avoir auditionné 70 personnes, il en retient 5: Robert Biberti, Asparuch Leschnikoff, Joseph Roman Cycowski, Erwin Bootz et Eric Abraham Collin. Malgré de fortes pressions politiques dues principalement à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et à la censure artistique imposée par ce dernier, les Comedian Harmonists parviennent cependant à se produire sur scène. Le 22 février 1935, ils sont toutefois interdits de chanter pour les Juifs et doivent impérativement changer de nom car "Comedian Harmonists" est considéré comme "étranger". Le groupe se dissout alors en se séparant de trois chanteurs "aryens" et renaît sous un nouveau nom à consonances germaniques: "Das Meister Sextett", composé cette fois-ci de trois nouveaux artistes "non aryens" (!). Les Comedian Harmonists auront toutefois eu le temps à disposition au début des années 30 pour interpréter plusieurs chansons en français, dont le célèbre "Les gars de la marine".


COMPAGNONS DE LA CHANSON

Groupe créé en 1941, les Compagnons de la chanson ont durant près de 40 ans marqué l’histoire de la chanson française. Ce groupe de choristes est formé de 9 membres, à savoir: Guy Bourguignon (1931-1971), Jean Broussolle (né en 1920), Jean-Pierre Calvet (1925-1989), Jo Frachon (1919-1992), Jean-Louis Jaubert (né en 1920), Hubert Lancelot (1923-1995), Fred Mella (né en 1924), René Mella (né en 1926), Gérard Sabbat (né en 1926). Les Compagnons de la chanson débutent leur carrière en interprétant d’anciennes chansons telles que "Perrine était servante" ou "V’là l’bon vent". En 1944, ils rencontrent Edith Piaf et enregistrent avec elle la célèbre chanson "Les trois cloches" du Suisse Jean-Vilard (dit Gilles). Le succès est immédiat et la renommée du groupe va largement dépasser les frontières. Jusqu’en 1980, année de la dissolution du groupe, les Compagnons de la chanson interprètent des centaines de chansons de dizaines d’artistes différents, allant des plus anciennes au plus récentes. Citons parmi celles-ci: "Les comédiens" de Charles Aznavour, "Je reviens chez nous" de Jean-Pierre Ferland, "Le marchand de bonheur" de Luis Mariano, ou bien encore "L’Auvergnat" de Georges Brassens.


CONSTANTIN JEAN

Né le 9 février 1923 à Paris, Jean Constantin commence sa carrière par écrire des chansons pour divers interprètes: Annie Cordy, Edith Piaf et bien d'autres interprètes encore. Au début des années 50, il décide d'interpréter également lui-même ses chansons et enregistre en 1954 "Mets deux thunes dans l'bastringue". S'accompagnant au piano et imposant sa grosse silhouette, il est très vite apprécié du public. Par la suite, il continue à composer de nouvelles chansons. Ses deux plus grands succès sont "Mon truc en plume", interprété par Zizi Jeanmaire, ainsi que "Mon manège à moi", chanté par Edith Piaf. Jean Constantin nous quitte le 30 janvier 1997.


CONSTANTINE EDDIE

Né le 29 octobre 1917 à Los Angeles, issu d'une famille russe, Eddie Constantine débarque en France en 1949. Il apprend très vite le français et est repéré par Edith Piaf qui lui propose un rôle de gangster dans la comédie musicale "La P'tite Lili" de Marcel Achard. Parallèlement, il mène une carrière de chanteur et se fait très vite apprécier des Français qui voient en lui un personnage nonchalant ayant dans sa voix un léger accent américain. Ses chansons sont reprises en choeur: "Un enfant de la balle", "Et bâiller et dormir", "Ah, les femmes" ou bien encore "Cigarettes, Whisky et p'tites pépées". A la fin des années 50, il délaisse la chanson pour se consacrer entièrement au cinéma. Il tourne avec Godard "Alphaville" en 1965 ou encore "Europa" en 1991 avec le metteur en scène danois Lars von Trier. Eddie Constantine tire sa révérence à Wiesbaden (Allemagne) le 25 février 1993.