Né
dans le 12e arrondissement de Paris le 21 décembre 1946, C. Jérôme (de son
vrai nom Claude Dhotel) crée un groupe de rock à l'âge de 16 ans. En 1967,
il prend comme pseudo "C. Jérôme" et enregistre son premier 45 tours "Les
fiancés" qui ne remporte pas le succès escompté. Mais avec son second disque
"Le petit chaperon rouge est mort", il devient le chouchou de la célèbre
émission "Salut les copains". Le premier de ses grands succès est "Quand la
mer se retire", enregistré en 1969. Le petit parisien ne s'arrête pas là et
enregistre un tube qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires: "Kiss me
(1970)". Ce tube se retrouve no. 1 au hit-parade dans de nombreux pays
européens. Bien que C. Jérôme ne se prenne jamais au sérieux, il voit
d'autres tubes rencontrer un franc succès: "Himalaya", "La petite fille 73",
"C'est moi", "Et tu danses avec lui", pour n'en citer que quelques-uns. En
1997, il est opéré d'urgence d'une tumeur. Cette dernière lui sera
finalement fatale le 14 mars 2000. En 30 ans de carrière, C. Jérôme a vendu
plus de... 26 millions de disques !
CAIRE REDA
A l'instar de son nom, Reda Caire est né au Caire en Egypte le 14 février
1905. Il s'installe avec sa famille à Marseille au début des années 20. Très
vite il se lie d'amitié avec Gaston Gabaroche qui lui composera plusieurs
chansons: "Un soir à la Havane", "Ma banlieue", "Les beaux dimanches de
printemps (1935)". Il devient rapidement la coqueluche des Marseillais qui
se rendent massivement au théâtre ou dans les
cabarets pour le voir à l'oeuvre. Les Parisiens ne sont pas en reste non
plus puisqu'ils remplissent les salles de "Bobino" et de "L'Européen" pour
assister au spectacle de ce gentleman de la l'opérette et de la chanson
française. Fort de son succès, Reda Caire enregistre quelque cent cinquante
78 tours, dont plusieurs chefs-d'oeuvre: "Fermons nos rideaux", "Si tu
reviens", "Vous êtes si jolie". En 1957, il ouvre une école de chant avant
de monter une dernière fois sur scène en 1962. Il s'éteint le 9 septembre
1963.
CAPRI AGNES
Née en 1915, Agnès Capri (de son vrai nom Sophie Rose Friedmann) est issue
d'une famille juive ayant fui la Révolution
russe. Attirée par le monde artistique, elle prend à la fois des cours de
chant et d'art dramatique à l'âge de 16 ans. Agnès Capri est très vite
imprégnée d'idées révolutionnaires et interprète plusieurs chansons sur ce
thème-là. Elle fait même scandale en interprétant un poème de Jacques
Prévert comportant les paroles suivantes: "Notre Père qui êtes aux cieux,
restez-y". En 1938, elle ouvre son propre lieu révolutionnaire où se
rencontrent des artistes aussi variés que militants tels que Jacques
Prévert, Joseph Kosma ou Eric Satie. Durant la seconde guerre mondiale,
Agnès Capri est contrainte de fermer boutique et quitte la France pour
l'Algérie où elle se produit sur plusieurs scènes. Ses chansons sont fort
appréciées. Citons parmi celles-ci: "La Grande Opéra", "Laisse parler Jacob"
ou "Je te veux". Après la guerre, elle revient en France et ouvre un cabaret
dans lequel plusieurs nouveaux artistes de la chanson française débutent
leur carrière: Marcel Mouloudji, Serge Reggiani, Catherine Sauvage, entre
autres. Agnès Capri décède le 15 novembre 1976.
CARADEC
JEAN-MICHEL
Né
à Morlaix dans le Finistère le 20 septembre 1946, Jean-Michel Caradec
apprend la guitare grâce à sa soeur qui lui l'avait offerte. Il n'a que 16
ans mais sait qu'il possède les capacités pour devenir un excellente auteur,
compositeur et interprète. Il écrit des poèmes, joue de la flûte. Après
s'être produit dans de petits cabarets, Caradec chante en première partie du
spectacle de Maxime Le Forester, dans l'immense salle de l'Olympia. Il
enthousiasme le public. L'année 1974 est une révélation puisqu'il enregistre
les tubes suivants qui seront tous des succès: "Ma petite fille de rêve",
"La Colline aux coralines", "Mai 1968". Sa sensibilité, ses mélodies
harmonieuses donnent des frissons à bon nombre de mélomanes. Mais en pleine
gloire et alors qu'il n'a que 35 ans, Jean-Michel Caradec trouve la mort
dans un accident de voiture en 1981. Il laisse derrière lui un répertoire
inachevé.
CARLOS
Fils
de la célèbre pédopsychiatre Françoise Dolto et d'un père russe, Carlos (de
son vrai nom Jean-Chrysostome Dolto) est né le 20 février 1943. Passionné
par les ambiances festives, il anime très jeune des soirées dans le quartier
de Notre-Dame, à Paris. Au début des années 60, il rencontre le couple
Vartan - Hallyday et accompagne partout les deux stars montantes des 45
tours jusqu'en 1972. Carlos devient même l'assistant principal de Sylvie
Vartan, avant de débuter une carrière solo. Portant de larges tenues
bariolées, tout en imposant un style de campeur rigolo, il chante plusieurs
tubes incontournables sur des rythmes festifs: "Big Bisou", "Rosalie", "Tout
nu, tout bronzé". Outre la chanson, Carlos reste également un artiste
incontournable du petit écran. Ses apparitions dans les "Grosses Têtes" aux
côtés de Philippe Bouvard sont encore aujourd'hui des moments inoubliables.
Sans oublier plusieurs apparitions au cinéma comme dans les films "La
Patate", "Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques" ou dans le
téléfilm "Le J.A.P" (juge d'application des peines). Ce comique barbu nous
quitte le 17 janvier 2008, emporté par un cancer foudroyant.
CASSEL
JEAN-PIERRE
Né
le 27 octobre 1932 à Paris, Jean-Pierre Cassel (de son vrai nom Jean-Pierre
Crochon) prend très vite goût au monde artistique, attiré sans doute par sa
mère qui est chanteuse classique. Après avoir eu la chance de rencontrer son
idole américaine Gene Kelly, il joue de petits rôles au cinéma à partir de
1953. Quelques années plus tard, il est remarqué par un certain Philippe de
Broca, également débutant comédien, qui lui propose de jouer au théâtre dans
"Les jeux de l'amour". La carrière de Jean-Pierre Cassel est ainsi lancée.
Bien que comédien, il excelle également dans l'art musical et joue à
merveilles les pas de claquette. Le Parisien interprète tout au long de sa
carrière plusieurs chansons d'artistes renommés, dont "Jolie môme" de Léo
Ferré, "Les feuilles mortes" d'Yves Montand ou bien encore "Syracuse" de
Henri Salvador. Après une existence fort bien remplie mélangeant le théâtre,
le cinéma ("L'Armée des ombres", "Paris brûle-t-il", "Les rivières
pourpres") et la chanson, Jean-Pierre Cassel nous quitte le 19 avril 2007,
emporté par la maladie.
CASTONGUAY
EDOUARD
Né le 2 septembre 1929 au Chemin-du-Lac (Québec), Edouard Castonguay se
passionne très jeune pour la musique. Il n'a que 7 ans lorsqu'il fabrique sa
propre guitare et en joue pour faire valser. Quelque temps plus tard, il
écrit ses premières chansons et parvient enfin
en 1956 à graver son premier 78 tours intitulé "Bonne nuit, ma chérie".
Edouard Castonguay poursuit sa carrière de chanteur à la tête de la troupe
"Les joyeux campagnards" et chante de paroisse en paroisse. Malheureusement,
la musique ne lui suffit pas pour vivre et il doit se consacrer à d'autres
travails dont bûcheron et vendeur de pain. Sans véritable aide externe, et
après avoir lui-même fait sa propre publicité pour sa musique, il parvient
enfin à gagner sa vie grâce à ses oeuvres. Mieux, en 1983, il crée sa propre
maison de disques. Son style mélangeant le western à la country est très
apprécié. Citons quelques-unes de ses chansons "Je vous salue en passant",
"L'air d'un solitaire", "Mon amie l'hirondelle" ou bien encore "Jolie fleur
des bois". Edouard Castonguay disparaît le 8 mars 2006, vaincu par la
maladie.
CAUSSIMON
JEAN-ROGER
Né
le 24 juillet 1918 à Montrouge, Jean-Roger Caussimon débute sa carrière
d'artiste au théâtre et au cinéma en jouant avec Carné, Renoir et
Autant-Lara. Il est également homme de télévision et de radio.
Parallèlement, il écrit des textes de chansons qu'il interprète dès 1943 au
cabaret "Le Lapin agile". En 1947, il rencontre Léo Ferré qui lui propose de
mettre ses textes en musique. Jean-Roger accepte. Cela débouche sur une
grande amitié et collaboration entre les deux hommes. Caussimon écrit, Ferré
chante: "Monsieur William", "Comme à Ostende", "Mon camarade". En 1970,
alors âgé de 52 ans et sur l'amicale insistance de Pierre Barouh,
Jean-Michel Caussimon enregistre son premier 33 tours qui s'intitule "Caussimon
chante Caussimon". Le succès est garanti. On apprécie ce barbu au désespoir
tranquille, quelque peu anarchiste et qui parle souvent de la mort.
Jean-Roger Caussimon nous a quittés le 20 octobre 1985.
CELIS
ELYANE
Née
le 10 avril 1914 en Belgique, Elyane Célis se fait remarquer sur la scène du
"Casino de Paris" en 1935 lorsqu'elle interprète "Pirouli rouli", chanson
composée par Vincent Scotto. Sa voix étincelante de soprano attire le
public. Ce dernier assiste à un tour de chant original en voyant Elyane
Célis assise sur un immense piano à queue. En 1938, elle enregistre deux
chansons principales du film de Walt Disney "Blanche-Neige et les sept
nains": "Un sourire en chantant" et "Un jour mon prince viendra". Ses
chansons les plus célèbres demeurent "Baisse l'abat-jour", "Ca sent la
friture" et "Un violon dans la nuit". Elyane Célis meurt le 16 juin 1962 à
l'âge précoce de 48 ans, emportée par une longue et douloureuse maladie.
CHANTEUR
SANS NOM
Né le 4 février 1910 à Montreuil, Roland Avellis a toujours vécu dans
l'anonymat. Jusqu'à son dernier souffle, cet homme fut appelé "le chanteur
sans nom". Abandonné dès sa naissance, il est très
vite attiré par les chanteurs populaires de son époque que sont Maurice
Chevalier, Fréhel, Mistinguett. Doué d'une voix juste et d'une diction
parfaite, "le chanteur sans nom" débute sa carrière dès 1934 dans les bals
musettes. Il chante des valses et rencontre une certaine Edith Piaf avec
laquelle il se lie d'une grande amitié. Participant à de nombreux thés
dansants, il interprète des succès incontournables: "Violetta", "Tristesse",
"Partir un jour". En 1936, il apparaît pour la première fois sur scène
(celle du Médrano) et porte un masque noir sur le visage afin de perpétuer
le mystère. Par la suite, "le chanteur sans nom" deviendra même le
secrétaire d'Edith Piaf, tout en continuant à interpréter avec beaucoup
d'émotion diverses chansons, dont "Tous mes rêves passés" de Jacques Pills.
Atteint d'un diabète chronique, "le chanteur sans nom" meurt à
Corbeil-Essonnes le 24 mars 1974.
CHARLUS
Né le 6 septembre 1860, Charlus (de son vrai nom Louis Napoléon Defer) n'a
aucun style particulier. Il sait tout faire ou presque.
Il est capable de remplacer qui que ce soit au pied de nez. Il passe ainsi
du style comique troupier au chanteur de charme en quelques instants.
Véritable machine à produire, Charlus enregistre à la fin du 19e siècle et
au début du 20e siècle des centaines de chansons. A ce propos, on lui donne
le nom de "Forçat du gramophone" ou "Le roi du phono". Son plus grand succès
reste la chanson "Le petit panier". Il décède le 21 février 1951 dans le
département de l'Oise, à l'âge de 90 ans.
CHARPINI &
BRANCATO
Duo
de légende des années 30, Charpini (30 juillet 1901 - 26 octobre 1987) et
Brancato (26 janvier 1900 - 10 avril 1991) se sont rencontrés en 1929. Jean
Charpini, comique pour ses rôles au théâtre en tant que travesti, et Antoine
Brancato, virtuose baryton sachant également jouer du piano, n'ont pas eu de
peine à se lier d'amitié pour former ce duo. Après être restés sept ans au
cabaret "Le Bosphore", ils vont se produire dans de nombreuses salles
parisiennes. Leur numéro à base d'opéra et d'opérette est, à cette époque,
un des plus célèbres de Paris. Citons quelques titres de leurs
interprétations: "Elle ou lui" de l'opérette "Divin mensonge", "Nous avons
fait un beau voyage" de l'opérette "Ciboulette" ou bien encore "Duetto de
l'âne" de l'opérette "Véronique".
CHEVALIER
MAURICE
Né le 12 septembre 1888 à Paris, Maurice Chevalier passe son enfance dans le
quartier de Ménilmontant. Son père l'ayant très vite abandonné, le petit
Maurice, alors âgé de 12 ans, chante dans de petits cabarets parisiens. Il
imite Dranem en faisant le pitre. Mais ce n'est véritablement qu'en 1905, à
17 ans, qu'il débute sa carrière sur la scène de l'Alcazar de Marseille.
Parallèlement, il vit une liaison tumultueuse avec une certaine Fréhel,
devenue alcoolique et toxicomane. Mais cette relation ne durera pas. Le
svelte et sexy jeune homme s'en va fréquenter d'autres scènes: "Les
Folies-Bergères", "Le Casino de Paris". En 1928, Maurice
Chevalier entame une tournée internationale qui le propulse à New York. La
gloire est au rendez-vous, le succès incontestable. Chevalier se fait alors
une renommée internationale. Mais en 1941, en pleine guerre mondiale, il
chante "Ca sent si bon la France". Cette chanson va déboucher sur de
nombreuses critiques car certains estiment qu'il s'agit d'une chanson de
propagande. Maurice Chevalier va alors passer une période difficile et
refusera, lors de l'envahissement de la zone libre, de chanter en public.
Heureusement, tout rentrera dans l'ordre dès la fin de la guerre. Chevalier
remonte sur scène. Il fait ses adieux officiels en 1968 lors d'un ultime
concert au Théâtre des Champs-Elysées, en y interprétant ses plus grands
succès: "Valentine", "Ma pomme", "Fleur de Paris". Il s'éteint le 1er jour
de l'an 1972, à l'âge honorable de 84 ans.
CLAIR BRUNO
Né le 15 novembre 1907 à Bastia, Bruno Clair (de son vrai nom Bruno Guaitella) débarque très jeune avec ses parents à Marseille où il exerce le
métier de marin de commerce. Bruno Clair est attiré comme un aimant par la
chanson et lors de son temps libre, il se rend fréquemment à l’Alcazar de
Marseille. Georgel – immense vedette des années 30 – le remarque et est
époustouflé d’entendre sa voix harmonieuse de ténor. Il l’encourage à
débuter une carrière de chanteur à Paris. Bruno accepte, enregistre aussitôt
ses premiers disques et devient même chanteur de l’orchestre de Ray Ventura.
Le succès est immédiat. A l’image de Reda Caire, Jean Lumière
et Tino Rossi, Bruno Clair est très apprécié. Ses plus grands succès sont
"Reviens mon amour",
"Partir un jour", "Tes yeux" ou bien encore "Où es-tu mon
Espagne". En 1938, il fait ses débuts au cinéma en jouant dans "Les frères
corses", "Vidocq" et "Le club des Fadas". Cinq ans plus tard, il rencontre la
célèbre chanteuse italienne Victoria Marino avec laquelle il se marie. Par
la suite, Bruno Clair consacre uniquement sa carrière au cinéma et tourne
ainsi le dos à la chanson. Son décès survenu le 3 janvier 1972 laissa un
énorme chagrin aux Marseillais.
CLAUDIUS
Né
le 19 novembre 1858, Claudius (de son vrai nom Maurice Jouet) est une figure
emblématique du Café concert de la fin du 19e siècle et début du 20e siècle.
Il est contemporain à des artistes tels que Aristide Bruant, Polaire ou
Dranem. Grand, mince, habillé d'un costume à carreaux, Claudius déclenche
l'hilarité en entrant sur scène. Son zozotement fait rire. Il chante des
refrains populaires de l'époque: "Je suis républicain", "Elles en veulent",
"Coeur brisé". Talentueux, il décide vers 1895 de se lancer dans le théâtre
où il joue quelques rôles intéressants. Par la suite, il écrit quelques
revues pour "La Scala", "Le Moulin Rouge", "L'Alcazar" ou "Les
Ambassadeurs". Claudius meurt au Cannet en 1932.
CLAVEAU
ANDRE
Né
le 17 décembre 1915 à Paris, André Claveau remporte un concours
radiophonique en 1936 et se lance petit à petit dans le monde de la chanson
et de la radio. Alors que la France est assiégée, il anime une émission sur
Radio Paris en 1940. Les auditeurs sont en admiration derrière leur poste de
radio. Parallèlement, André Claveau interprète des chansons très
mélodieuses, ajustées à la perfection par sa belle voix de baryton:
"Cerisier rose et pommier blanc", "Marjolaine", "Domino". On le surnomme "Le
prince de la chanson de charme". Il se produit également fréquemment sur
scène comme à "L'Européen" et à "L'A.B.C". Idole d'un grand nombre de
femmes, il participe en 1958 à l'Eurovision de la Chanson et remporte le
premier prix avec sa chanson: "Dors mon amour". Il se retire de la scène au
début des années 70 et nous quitte le 4 juillet 2003.
CLAY
PHILIPPE
Né le 27 mars 1927 à Paris, Philippe Clay (de son vrai nom Philippe Mathevet)
fréquente le Conservatoire national d’art dramatique dès la fin de la
deuxième guerre mondiale. En 1949, il remporte un concours amateur dans un
bar surnommé "A la colonne de la Bastille"; ce qui va le faire connaître.
Charles Aznavour écrit quelques chansons que Philippe Clay interprète aux
"Trois Baudets" et "A la Fontaine des quatre saisons", deux cabarets
parisiens. De plus en plus reconnu, il se lie d’amitié avec des artistes
célèbres de Saint-Germain-des-Prés, parmi lesquels Jacques Prévert, Boris
Vian et Serge Gainsbourg. A la fois comédien – il joue dans plusieurs films
et au théâtre – et chanteur, Philippe Clay interprète des chansons
inoubliables et souvent engagées, telles que "Le danseur de charleston",
"Les voyous", "Festival d’Aubervilliers" et surtout "Mes universités",
chanson contestataire des événements de Mai 68. Ce Parisien pure souche
disparaît le 13 décembre 2007, terrassé par une crise cardiaque.
CLEVERS
LYNE
Née le 22 octobre 1909, Lyne Clevers (de son vrai nom Céline Marie Rhalewski)
voit le jour à Paris. Ses parents sont des Juifs émigrés. Rapidement
orpheline, elle est adoptée par un certain Adolphe Clevers, directeur de
tournées et metteur en scène. Sa carrière débute véritablement en 1932 où
elle passe dans plusieurs opérettes à "La Fourmi", "Au petit Casino", à
"Bobino" et à "L'Européen". En 1934, elle joue l'opérette "Toi et moi" au
côtés de Pills et Tabet, ainsi que de Pauline Carton. Lyne Clevers continue
d'enthousiasmer les foules en participant à plusieurs autres opérettes, dont
notamment "La Chanson du bonheur",
"La Pampa", "Je voudrais en savoir davantage". En raison de ses origines
juives et de l'antisémitisme ambiant, Lyne se retire petit à petit du monde
de la scène. Sa dernière apparition a lieu à l'Olympia en 1954. Sa
discographie se résume à 76 titres enregistrés entre 1930 et 1946. Lyne
Clevers s'éteint le 28 novembre 1991, sans que personne ne s'en rende
véritablement compte.
COCCINELLE
Née en août 1931 sous le nom de Jacques Charles Dufresnoy, Coccinelle
devient en 1958 la première transsexuelle médiatisée et fonde l'association
"Devenir Femme" afin de venir en aide aux personnes désirant changer de
sexe. Devenue Jacqueline-Charlotte Dufresnoy, elle débute sa carrière "Chez
Madame Arthur", célèbre cabaret parisien de transformistes. En 1960,
Coccinelle épouse un journaliste sportif; ce qui constitue le premier de ses
trois mariages.
En 1963, Bruno Coquatrix, directeur de l'Olympia, la sacre star en faisant
d'elle une meneuse de revue. Coccinelle chante alors dans toutes l'Europe et
en Amérique du Sud. Ses plus grands succès demeurent "Avec mon p'tit
faux-cul", "Je cherche un milliardaire", "Chercher la femme" ou bien encore
"La vie mondaine". Hospitalisée à la suite d'un accident circulaire
cérébral, Coccinelle nous quitte le 9 octobre 2006 à Marseille.
COLOMBO PIA
Née
le 16 juillet 1934 dans le département de l'Aisne, Pia Colombo (de son vrai
nom Eliane Pia) débute sa carrière par chanter des oeuvres de Maurice Fanon,
rencontré en 1956 et qu'elle épouse quelque temps plus tard. Elle crée par
la suite "Julie la Rousse" de René-Louis Lafforgue et interprète la chanson
"Le métèque" de Georges Moustaki. En 1975, elle chante quelques chansons du
répertoire de Léo Ferré. D'origine italienne, possédant une voix basse et
déchirante, Pia Colombo nous quitte le 16 avril 1986, emportée par un
cancer.
COMEDIAN
HARMONISTS
Groupe
de chanteurs d'origine allemande incontournable des années 30, les Comedian
Harmonists ont marqué l'histoire de la chanson francophone. Tout débute en
1927 lorsqu'un jeune comédien chanteur, ténor sans emploi, du nom de Harry
Frommermann, décide de monter un groupe de chanteurs. Après avoir auditionné
70 personnes, il en retient 5: Robert Biberti, Asparuch Leschnikoff, Joseph
Roman Cycowski, Erwin Bootz et Eric Abraham Collin. Malgré de fortes
pressions politiques dues principalement à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et
à la censure artistique imposée par ce dernier, les Comedian Harmonists
parviennent cependant à se produire sur scène. Le 22 février 1935, ils sont
toutefois interdits de chanter pour les Juifs et doivent impérativement
changer de nom car "Comedian Harmonists" est considéré comme "étranger". Le
groupe se dissout alors en se séparant de trois chanteurs "aryens" et renaît
sous un nouveau nom à consonances germaniques: "Das Meister Sextett",
composé cette fois-ci de trois nouveaux artistes "non aryens" (!). Les
Comedian Harmonists auront toutefois eu le temps à disposition au début des
années 30 pour interpréter plusieurs chansons en français, dont le célèbre
"Les gars de la marine".
COMPAGNONS
DE LA CHANSON
Groupe
créé en 1941, les Compagnons de la chanson ont durant près de 40 ans marqué
l’histoire de la chanson française. Ce groupe de choristes est formé de 9
membres, à savoir: Guy Bourguignon (1931-1971), Jean Broussolle (né en
1920), Jean-Pierre Calvet (1925-1989), Jo Frachon (1919-1992), Jean-Louis
Jaubert (né en 1920), Hubert Lancelot (1923-1995), Fred Mella (né en 1924),
René Mella (né en 1926), Gérard Sabbat (né en 1926). Les Compagnons de la
chanson débutent leur carrière en interprétant d’anciennes chansons telles
que "Perrine était servante" ou "V’là l’bon vent". En 1944, ils rencontrent
Edith Piaf et enregistrent avec elle la célèbre chanson "Les trois cloches" du
Suisse Jean-Vilard (dit Gilles). Le succès est immédiat et la renommée du
groupe va largement dépasser les frontières. Jusqu’en 1980, année de la
dissolution du groupe, les Compagnons de la chanson interprètent des
centaines de chansons de dizaines d’artistes différents, allant des plus
anciennes au plus récentes. Citons parmi celles-ci: "Les comédiens" de
Charles Aznavour, "Je reviens chez nous" de Jean-Pierre Ferland, "Le marchand
de bonheur" de Luis Mariano, ou bien encore "L’Auvergnat" de Georges Brassens.
CONSTANTIN
JEAN
Né le 9 février
1923 à Paris, Jean Constantin commence sa carrière par écrire des chansons
pour divers interprètes: Annie Cordy, Edith Piaf et bien d'autres
interprètes encore. Au début des années 50, il décide d'interpréter
également lui-même ses chansons et enregistre en 1954 "Mets deux thunes dans
l'bastringue". S'accompagnant au piano et imposant sa grosse silhouette, il
est très vite apprécié du public. Par la suite, il continue à composer de
nouvelles chansons. Ses deux plus grands succès sont "Mon truc en plume",
interprété par Zizi Jeanmaire, ainsi que "Mon manège à moi", chanté par
Edith Piaf. Jean Constantin nous quitte le 30 janvier 1997.
CONSTANTINE
EDDIE
Né
le 29 octobre 1917 à Los Angeles, issu d'une famille russe, Eddie
Constantine débarque en France en 1949. Il apprend très vite le français et
est repéré par Edith Piaf qui lui propose un rôle de gangster dans la
comédie musicale "La P'tite Lili" de Marcel Achard. Parallèlement, il mène
une carrière de chanteur et se fait très vite apprécier des Français qui
voient en lui un personnage nonchalant ayant dans sa voix un léger accent
américain. Ses chansons sont reprises en choeur: "Un enfant de la balle",
"Et bâiller et dormir", "Ah, les femmes" ou bien encore "Cigarettes, Whisky
et p'tites pépées". A la fin des années 50, il délaisse la chanson pour se
consacrer entièrement au cinéma. Il tourne avec Godard "Alphaville" en 1965
ou encore "Europa" en 1991 avec le metteur en scène danois Lars von Trier.
Eddie Constantine tire sa révérence à Wiesbaden (Allemagne) le 25 février
1993.