Né
en 1876 à Paris, Paul Dalbret est issu d'une famille modeste; ce qui ne
l'empêche pas d'avoir de réels projets et de s'intéresser à la chanson. Il
débute sa carrière en 1895 en tant qu'interprète au "Trianon". Dès 1907, il
se consacre à la composition de chansons: "La légende des flots bleus
(1907)", "La valse chaloupée (1908)", "Ne jouez pas aux soldats (1921)", et
surtout "Arrêtez les aiguilles (1925)". A la fin de sa carrière, il
abandonne la chanson réaliste pour se tourner vers la chanson coquine. Paul
Dalbret s'éteint à Marseille le 3 mars 1927.
DALIDA
Née au Caire le 17 janvier 1933, Dalida (de son vrai nom Yolanda Gigliotti)
vit une enfance tumultueuse. Une maladie aux yeux la fait terriblement
souffrir et son père se montre très coléreux, avant de mourir prématurément.
Elle rêve de devenir secrétaire mais
se retrouve employée d'une maison de couture. Rien ne va plus. Elle décide
alors de quitter sa famille et de partir à Paris où elle est très vite
remarquée par le producteur Eddie Barclay. Cette rencontre est le point
d'encrage de sa carrière. En 1956, elle rencontre le succès avec la chanson
"Bambino". Puis deux ans plus tard, elle triomphe avec le titre "Gondolier".
Las pour elle, ses histoires d'amour finissent mal et défraient la
chronique. Dalida est malheureuse et tente de se suicider à la fin des
années 60. Son frère Orlando, qui n'est autre que son producteur attitré,
parvient à la remettre sur pied. Dalida retrouve confiance et enchaîne un
nombre considérable de succès: "Il venait d'avoir dix-huit ans", "Gigi
l'amoroso", "J'attendrai". Mais les déceptions amoureuses continuent. Elle
n'en peut plus. Le 3 mai 1987, elle tente une nouvelle fois de se suicider
dans sa grande maison de Montmartre. Cette fois-ci, ce sera la bonne. Elle
laisse un ultime message sur la table: "La vie m'est insupportable.
Pardonnez-moi".
DAMIA
Née en Lorraine le 5 décembre 1889, Damia (de son vrai nom Marie-Louise
Damien) vit une enfance intérieure difficile. Elle fugue à 15 ans et frôle
la maison de correction. A 17 ans, elle décide de changer de vie et de
partir à Paris où elle rencontre des artistes renommés, tels que Fréhel ou
Maurice Chevalier. Le mari de Fréhel, Roberty, lui apprend le chant et la
diction. Elle monte alors rapidement sur scène et demande pour la première
fois dans l'histoire de la chanson l'usage des projecteurs. Enveloppée dans
une longue robe noire, sans décor ni bijoux, les yeux verts, les bras blancs
et dénudés, Damia devient une légende. Sa voix forte et profonde, mêlée d'un
accent du faubourg, envoûte le public. Son répertoire est principalement
constitué de textes en rapport avec le désespoir et la misère, comme on peut
le constater avec les
chansons suivantes: "Sombre dimanche (1936)", "La veuve (1933)", "Tu
m'oublieras", "J'ai bu", "Tout fou l'camp", "Moi, j'm'ennuie". On la
surnomme alors "La tragédienne de la chanson". Au final de sa longue
carrière, son plus grand succès reste sans conteste "Les Goélands", chanson
écrite par Lucien Boyer en 1905. Damia s'éteint le 30 janvier 1978 à Paris.
DANIEL YVAN
Né en 1928 à Montréal, Yvan Daniel (de son vrai nom Fernand Laliberté) est
un chanteur autodidacte qui apprend son métier directement sur scène et devant
un public de plus en plus comblé. Dès 1952, il impose son style de gentleman
crooner et enregistre ses premiers tubes chez Columbia. Six ans plus tard,
il change de maison de disque pour se tourner vers la maison Alouette et les
succès s'enchaînent. Citons parmi ceux-ci "Sait-on jamais", "Quand on s'aime
bien tous les deux" ou bien encore "Le prince de la chanson". On le surnomme
alors le "fantaisiste sentimental de la chanson". Yvan Daniel poursuit sa
carrière au début des années 60 en composant lui-même ses chansons comme "La
radio de mon auto", "Je ne sais pas pourquoi" ou "Bon courage". Adulé par
son public et en pleine gloire, Yvan Daniel trouve la mort dans un accident
de voiture en 1967. Il n'a que 39 ans.
D'ARC
CHARLEBOIS JEANNE
Née en 1923 à Verdun, Jeanne d’Arc Charlebois débute sa carrière à l’âge de
33 ans en faisant partie de la troupe de Jean Grimaldi. Après s’être exilée
au Québec à la fin des années 40 où elle devient une des artistes les plus
en vue, elle revient en France et décide de modifier quelque peu son nom. En
effet, Jeanne d’Arc Charlebois devient simplement Jeanne Charlebois. Pas
besoin de dessin pour expliquer ce volontaire changement… Sa voix
extraordinaire lui permet d’enregistrer de nombreux disques, dont "Les cinq
jumelles", "La lune de miel", "Les filles de campagne" ou bien encore "Le
petit sauvage du Nord". Elle maîtrise à merveilles la "turlute",
c’est-à-dire la technique vocale consistant à imiter, et même remplacer, le
son de certains instruments de musique. Jeanne Charlebois nous quitte le 16
septembre 2001 à la suite d’un cancer.
DARTY
PAULETTE
Née
le 2 janvier 1871, Paulette Darty (de son vrai nom Paulette Joséphine
Combes) débute sa carrière au "Casino de Vichy" et à "L'Eldorado" vers 1895
où elle interprète des airs d'opérettes. Considérée comme "La reine des
valses lentes", Paulette chante principalement des chansons sentimentales,
remplies de nostalgie et de drames sentimentaux de femmes sous influence.
Ses deux plus grands succès sont "Amoureuse (1901)" et "Fascination (1905)".
Paulette Darty se retire très tôt de la scène (en 1908) et décède des années
plus tard, le 11 décembre 1939 à Neuilly.
DASSARY
ANDRE
Né
le 10 septembre 1912 à Biarritz, André Dassary (de son vrai nom André
Dyhérassary) a deux passions dans la vie: le sport et le chant. Pour
assouvir ses passions, André s'inscrit à la fois à l'institut d'éducation
physique de Bordeaux, et au conservatoire de musique, également dans la
capitale bordelaise. Il devient masseur de l'équipe de France aux Jeux
Olympiques universitaires puis chanteur de l'orchestre dirigé par Ray
Ventura. Il y chante alors des refrains à voix tels que "Dans mon coeur" ou
"Si la brise". En 1941, il enregistre "Maréchal, nous voilà", chanson prônée
par le gouvernement de Vichy et le Maréchal Pétain. André Dassary poursuit
sa carrière en interprétant de nombreux succès: "Ramuntcho", "L'auberge qui
chante" ou encore "Chanson gitane". Ce grand homme à la voix puissante
décède le 7 juillet 1987 à Paris.
DASSIN JOE
Fils du metteur en scène Jules Dassin et d'une violoniste classique, Joe
Dassin voit le jour le 5 novembre 1938 à New York. Après avoir vécu aux
Etats-Unis puis en Suisse et avec un doctorat d'ethnologie en poche, Dassin
se lance dans la chanson. Excellent guitariste, il rencontre très rapidement
le succès en 1966 avec des titres tels que "Bip bip", "Guantanamera" ou encore
"Excuse me lady". Son personnage décontracté et son style sympathique
émeuvent la France. En 1968, il enregistre deux nouveaux succès "Siffler sur
la colline" et "La bande à Bonnot". Une année plus tard, Joe sort sans doute
son titre le plus célèbre ayant fait le tour du monde "Les Champs-Elysées":
"Je m'baladais sur l'avenue le cœur ouvert à l'inconnu, j'avais envie de
dire bonjour à n'importe qui. N'importe qui et ce fut toi, je t'ai dit
n'importe quoi, il suffisait de te parler, pour t'apprivoiser". Il démarre
ensuite une carrière internationale dans bon nombre de pays du monde. Mais
toutes ces tournées le fatiguent. Il a souvent mal au coeur et subit des
alertes cardiaques. L'une d'elles lui sera fatale le 21 août 1980. Alors
qu'il est assis à une table d'un restaurant de Papeete, il s'écroule. Joe
est mort. A l'image de Claude François et de Jacques Brel décédés quelques
mois auparavant, la chanson francophone perd à nouveau l'un de ses plus
importants représentants.
DAUBERSON
DANY
Née le 5 janvier 1925 dans le département de Saône et Loire, Dany Dauberson
(de son vrai nom Suzanne Marguerite Renée Gauche) est originaire d'une mère
suissesse et d'un père dauphinois. Elle côtoie très jeune le milieu
artistique puisque son père est directeur d'une société de distribution de
films à Lyon. C'est à Paris que Dany Dauberson débute sa carrière
d'interprète. Sa voix grave très
profonde et sensuelle émeut les clients des cabarets parisiens. Elle
enregistre de nombreux succès: "Ni toi, ni moi", "Le coeur tranquille", Tu
voulais" ou bien encore "Ceux qui s'aiment". Parallèlement, Dany Dauberson
se produit de temps à autres au cinéma comme dans le film "Du rififi à
Paname", aux côtés de Jean Gabin, Claude Brasseur et Mireille Darc. Elle
nous quitte le 16 mars 1979 et repose au cimetière de Saint-Claude dans le
Jura.
DAVID YAN
Né
en 1948 au Québec, Yan David (de son vrai nom Yvon Couture) débute sa
carrière en 1973 avec le groupe "Les Cobras". Six ans plus tard, il grave
le plus grand succès de sa carrière avec la chanson "On n’a pas le droit"
qui se vend à plus de 100'000 exemplaires. D’autres succès suivent dont "Tu
sais que je t’aime", "Elle ne pleure plus maintenant", "La fille du
sud" ou bien encore "Vivre ensemble". Atteint d’un cancer du foie et de
l’estomac en 2006, Yan David parvient à produire un ultime album intitulé
"Au loin là-bas", avec la participation de Tex Lecor et Patrick Norman. Ce
CD "hommage" comprend également un texte d’adieu de Yan David, remerciant
sa famille, connaissances et amis. Il est finalement emporté par la maladie
le 19 mai 2007.
DEBRONCKART
JACQUES
Né le 13 janvier 1937 en région parisienne, Jacques Debronckart est très
vite passionné par la musique. Au début des années 50, il accompagne au
piano Maurice Fanon
et Bobby Lapointe, avant de composer des textes pour Juliette Gréco et Nana
Mouskouri. En 1965, il sort son premier 45 tours intitulé "Adélaïde". Ce
titre déclanche un intérêt non négligeable et lance sa carrière. Jacques
Debronckart adore la scène et se produit fréquemment sur de nombreux
parterres parisiens: "L'Olympia", "Bobino" mais également dans plusieurs
cafés-théâtres et cabarets. Malheureusement pour lui, la presse ne
s'intéresse que peu à ses chansons, malgré des succès incontournables. Le
titre "Je suis heureux", sorti en 1969, le désigne comme le fils spirituel
de Jacques Brel. L'anticonformiste Jacques Debronckart décède le 25 mars
1983, rongé par le cancer.
DECKER
HENRI
Né
le 19 février 1920 au Havre, Henri Decker étudie le chant et la guitare,
avant de débarquer à Paris après la guerre avec l'espoir de mener une
carrière dans la chanson. Il débute sa vie artistique dans différentes
salles parisiennes en se produisant en tant que chanteur dans un orchestre.
Dès 1946, il interprète de nombreux refrains célèbres, dont "Tico-tico" et
"Le gros Bill". Possédant une capacité d'intégration musicale étonnante,
Henri Decker est demandé par plusieurs chefs d'orchestres. Parallèlement, il
rencontre une certaine Jacqueline François avec laquelle il partage amour et
chansons. Lorsque Jacqueline François se produit à l'étranger, Henri Decker
n'hésite pas à se joindre à elle. Sa renommée devient ainsi internationale.
Il nous quitte le 3 novembre 2002.
DE
GODEWARSVELDE RAOUL
Né le 28 janvier 1928 à Lille, Raoul de Godewarsvelde (de son vrai nom
Francis Albert Victor Delbarre) enregistre son premier disque en 1966 grâce
au parrainage de Salvatore Adamo. "Europe 1" est la première radio à le
faire connaître en diffusant sa toute
première chanson: "Tu n'es qu'un employé". Raoul de Godewarsvelde se
distingue très vite des autres chanteurs avec sa corpulence imposante: 1
mètre 92 pour 120 kg (!) Sa voix très basse et quelque peu enrouée lui donne
un charme certain. On le surnomme alors "Le barde des Flandres". Il aime la
mer et les parties de pêche en mer. Il porte une casquette de pêcheur sur la
tête. Une grande partie de ses chansons parleront justement de cette passion
pour le large comme dans la chanson "Quand la mer monte". Alors qu'on le
croyait psychologiquement très résistant, Raoul de Godewarsvelde se suicide
le 14 avril 1977 dans une maison en construction... face à la mer du Nord.
DELYLE
LUCIENNE
Née
à Paris le 16 avril 1917, Lucienne Delyle n'est autre que la cousine de
Lucienne Boyer. Sa carrière débute en 1938 où Jacques Canetti, directeur
artistique de Polydor, l'engage dans son émission radiophonique "Le
Music-Hall des jeunes". Lucienne reprend tout d'abord des chansons d'Edith
Piaf avant d'interpréter ses propres chansons: "Zumba (1939)", "L'orgue
chantait toujours (1940)", "Le paradis perdu (1940)". Ses apparitions sur de
nombreuses scènes parisiennes déclanchent des applaudissements nourris. Elle
devient la chanteuse populaire par excellence, une artiste qui chante avec
le coeur. Le 7 juillet 1942, c'est la consécration: elle enregistre son plus
grand succès "Mon amant de Saint-Jean". La carrière de Lucienne Delyle ne
s'arrête pas là. Elle continue de chanter des refrains incontournables de
l'après-guerre: "Embrasse-moi (1947), "Ne dis plus rien (1948)", "Si tu
viens danser dans mon village (1958)", "Mimi la rose (1958)". Elle remporte
même le Grand Prix du Disque en 1956 avec la chanson "Java". Alors qu'elle
n'a que 45 ans, Lucienne Delyle nous quitte prématurément en 1962, atteinte
d'une leucémie.
DENTE
CHRISTIAN
Né en avril 1940, Christian Dente est à la fois comédien, chanteur et
metteur en scène. Il crée en 1983 "Les ateliers Chanson de Paris" et en
tient la direction jusqu'en 2000. Cette association ayant pour objectif la
promotion de la chanson change de nom et devient "ACP la Manufacture
Chanson". Durant sa carrière, Christian Dente écrit et compose plusieurs
chansons poétiques. Citons parmi celles-ci "L'amour en 1900", "Le petit
cinéma des familles", "Les petits canaux", "Un bain de mer" ou bien encore
"Pleine lune, plein soleil". Terrassé par une fulgurante tumeur au cerveau,
Christian nous quitte le 10 juillet 2003. Il laisse tous ses proches et amis
dans un grand désespoir.
DEREAL
COLETTE
Née le 22 septembre 1927 dans le département des Yvelines, Colette Deréal
débute sa carrière dans l'art lyrique. Mais cela ne lui plaît pas. Elle se
tourne alors vers le théâtre et le cinéma où elle joue quelques rôles. Après
avoir animé plusieurs émissions à la télévision, Colette Deréal trouve enfin
sa voie avec la chanson. Elle signe
un contrat avec Polydor et rencontre immédiatement le succès avec la chanson
"Ne joue pas". D'autres titres suivront parmi lesquels: "A la gare
Saint-Lazare", "On se reverra", "La valse folle", "Cheveux fous, lèvres
roses". Elle se produit également à "Bobino" et à "L'Olympia". Au matin du
12 avril 1988, Colette Deréal meurt, terrassée par une crise cardiaque dans
sa villa près de Monaco.
DESROCHERS
ARMAND
Le Québécois Armand Desrochers tombe amoureux de la guitare dans les années
30 et en achète une au prix de 5 dollars canadiens (!). Après s'être
rapidement familiarisé avec cet instrument, il joue dans des soirées
privées. En 1948, Armand Desrochers devient membre de l'orchestre de
Ti-Blanc Richard, célèbre vedette québécoise maniant à la perfection le
violon. Il fait la
connaissance de la jeune chanteuse Carmen Déziel qu'il épouse en 1950. Cette
union débouche sur une collaboration artistique. L'hiver, le couple se
produit dans les cabarets de Montréal et l'été est consacré aux tournées.
Armand Desrochers enregistre également lui-même ses propres chansons. Citons
parmi celles-ci "Rappelle-toi", "Et moi je chante", "Un chant d'amour en ton
amour", et surtout "Coeur de maman" qui rencontre un énorme succès. A partir
des années 50, il délaisse petit à petit la chanson pour se consacrer
presque entièrement à sa nouvelle occupation, à savoir le commerce de
peinture en bâtiment. Cela ne l'empêche toutefois pas de se produire de
temps à autre sur quelques scènes québécoises avec sa femme Carmen. Dès
1967, le coupe adhère à l'Eglise Evangélique Baptiste et écrit des textes
reflétant la foi, comme "Terre, paradis d'illusions", "Ecoute Dieu a parlé",
ou bien encore "Ma vie a bien changé".
DESLYS GABY
Née
à Marseille le 4 novembre 1881, Gaby Deslys (de son vrai nom Gabrielle
Caire) débute sa carrière en 1898 à Paris, au Théâtre des Mathurins. Le
public tombe d'admiration en apercevant une jeune fille très belle,
séduisante et provocante. Elle devient l'héroïne incontournable des revues
de la Belle Epoque. Sa chanson la plus célèbre est "Allo, my Dearie". Gaby
Deslys ne tarde pas non plus à franchir les frontières et à se produire aux
Etats-Unis. Malheureusement, sa carrière ne durera pas puisqu'elle succombe
en 1920. Elle n'a pas 40 ans et en pleine gloire, Gaby est emportée par une
maladie dévastatrice de l'époque que l'on appelle tuberculose.
DE TREBERT
IRENE
Née
le 6 février 1921, Irène de Trébert entre à l'opéra alors qu'elle n'a que 5
ans. En 1932, elle enregistre des chansons pour les enfants comme le titre
"J'ai du bon tabac". Après avoir participé à des revues et chanté dans des
cabarets, Irène de Trébert rencontre un succès de plus en plus important.
Attirée par le swing, elle va interpréter plusieurs chansons de ce style
musical qui fait tant fureur au début des années 40: "Mademoiselle Swing",
"La guitare à Chiquita". Ses disques sont fréquemment diffusé sur
Radio-Paris lors de la seconde guerre mondiale. A la fin des années 50, elle
cesse de chanter et ouvre une école de danse à Paris. Irène de Trébert
s'éteint le 13 mai 1996.
DEYGLUN
SERGE
Né
en 1928, Serge Deyglun est le fils de la comédienne Mimi Destée et de
l'auteur et producteur Henri Deyglun. Avec autant de "gênes" artistiques, il
paraît évident que Serge Deyglun soit lui aussi destiné à une carrière
artistique. Dès son plus jeune âge, il tient des rôles dans des radio romans
qu'écrit son père. Puis il débute en 1948 au Théâtre Canadien de Jean
Grimaldi en tant que chansonnier. Touchant presque à tout, Serge Deyglun
anime en 1951 une émission à la radio intitulée "Jazz au cabaret dansant".
Parallèlement, il chante dans des cabarets de nombreuses chansons sur des
thèmes très divers, comme l'indique le titre de quelques-unes de ses
chansons: "Mathématiques", "La chanson du vent", "Ma ville", "Retour des
chantiers" ou bien encore "Ecris-moi souvent". Egalement écrivain - il a
publié "Né en trompette", "Escales" et "Gare aux loups" - mais aussi fervent
protecteur des phoques - il a tourné "Massacre des innocents" -, Serge
Deyglun nous quitte le 19 août 1972.
DIETRICH
MARLENE
Née le 27 décembre 1901 à Berlin, Marlène Dietrich (de son vrai nom Maria
Magdalena Dietrich von Losch) est fille d'un officier prussien. Après avoir
entamé des études de musique
et de théâtre, elle débute sa carrière en tant qu'actrice. Sa beauté en fait
tomber plus d'un. Elle partage sa vie avec de nombreux artistes renommés:
John Wayne, Gary Cooper ou bien encore Jean Gabin. Durant la seconde guerre
mondiale, elle chante pour les soldats des troupes alliées et devient
rapidement la célèbre "Lily Marlène". Dès le début des années 50, Marlène
Dietrich se produit au Music-hall. Elle chante "Quand l'amour meurt", "Je
tire ma révérence", "Marie Marie". En 1962, elle monte sur la scène de
"L'Olympia" et est adulée par une foule qui aime bien son petit accent
coloré de français et d'allemand. Après avoir encore tourné plusieurs films,
elle publie ses mémoires intitulées "My life story" (L'histoire de ma vie).
Marlène Dietrich nous quitte le 6 mai 1992, après une longue carrière
cinématographique et musicale.
DIMEY
BERNARD
Né
le 16 juillet 1931 dans le département de Haute-Marne, Bernard Dimey est un
poète avant d’être un chansonnier. Dès l’âge de 25 ans, il s’installe sur la
Butte de Montmartre à Paris et écrit des textes en rapport avec ce qu’il
observe. Il est vrai qu’il est bien placé pour décrire ce qu’il voit
puisqu’il fréquente toutes sortes de milieux, toutes sortes de gens. Les
poivrots, les truands, les putes ne le gênent pas. Au contraire, toutes ces
personnes l’inspirent. Bernard Dimey écrit alors des chefs-d’œuvre qui
feront le tour du monde: "Syracuse", interprété par Yves Montand et Henri
Salvador, "Mon truc en plume", chanté par Zizi Jeanmaire. Bernard Dimey s’est
éteint le 1er juillet 1981 mais nombreux sont encore aujourd’hui les
artistes qui interprètent du Dimey.
DISTEL
SACHA
Né
le 29 janvier 1933 à Paris, Sacha Distel est issu d'une famille de
musiciens. En 1950, il débute sa carrière dans l'orchestre d'un certain Ray
Ventura, qui n'est autre que son... oncle. Considéré comme l'un des
meilleurs guitaristes de jazz français, il rencontre un véritable succès en
1959 avec son titre: "Scoubidou". Sacha Distel ne s'arrête pas là, et après
une liaison avec Brigitte Bardot, il enregistre des titres qui seront pour
la plupart d'énormes succès: "Mon beau chapeau (1960)", "Monsieur Cannibale
(1966)", "L'incendie à Rio (1967)", "Toute la pluie tombe sur moi (1970)",
"Tu es le soleil de ma vie (1973)". Chanteur de charme par excellence, Sacha
Distel rend hommage à son oncle Ray Ventura, décédé en 1979, en interprétant
à "L'Olympia" des chansons de son répertoire. Après avoir enregistré deux
nouveaux disques dans la lignée du style de son oncle, Sacha Distel décède
le 22 juillet 2004, emporté par un cancer.
DOR GEORGES
Né le 10 mars 1931 à Drummondville (Québec), Georges Dor (de son vrai nom
Georges-Henri Dore) exerce plusieurs métiers (dont annonceur radiophonique
et rédacteur de nouvelles) avant de tomber dans le monde de la chanson. En
1964, il accepte le défi de participer à un concours de chanteur amateur.
Quelques mois plus tard, des amis lui décrochent un premier engagement
professionnel à la "Butte à Mathieu", célèbre cabaret québécois, en
ouverture de spectacle de Monique Leyrac. Georges Dor travaille alors le
piano avec acharnement et parvient à enregistrer plusieurs chansons, dont
"Le vent", "Chanson pour ma femme" et surtout "La complainte de la Manic"
qui dépasse les 100'000 exemplaires vendus ! Parti de presque rien, Georges
Dor rencontre un succès de plus en plus pressant. Après une tournée
parisienne aux "Trois Baudets", il chante à Cannes en 1968, puis au Théâtre
"Port-Royal" de Montréal en 1970. Farouche partisan de l’indépendance du
Québec, Georges Dor y consacre une bonne partie de ses chansons. Citons
parmi celles-ci "Un homme libre", "Levez-vous" ou bien encore "J’suis
Québécois". Dans les années 90, il écrit des romans et quatre essais
critiques sur l’état de la langue française. Georges Dor nous quitte le 24
juillet 2001.
DORVILLE
Né
le 1er mars 1883 à Paris, Dorville (de son vrai nom Henri Dodane) peut être
considéré comme un chanteur comédien. En 1899, il débute pour la première
fois sur scène en imitant principalement Dranem et Mayol. Il fait rire car
son style mélange une sorte de clown et un chanteur comique. Sa chanson la
plus célèbre est "Ouin-Ouin" mais Dorville remet également au goût du jour
d'autres titres, tels que "Cache ton piano", "Elle s'était fait couper les
cheveux", "La foire d'Asnières" ou encore "C'est l'amour qui passe".
Parallèlement, il mène avec succès une carrière d'acteur en jouant en 1930
dans "Les aventures du roi Pausole" ou en 1933 un rôle dans "Don Quichotte".
Dorville décède à Souillac le 10 août 1940.
DOUAI
JACQUES
Né le 20 décembre 1920, Jaques Douai (de son vrai nom Gaston Tranchant)
poursuit de solides études musicales. Il débute sa carrière dans le quartier
de Montmartre en 1947, dans le cabaret surnommé "Chez Pomme". Après avoir
vaincu une tuberculose, Jacques Douai chante les chanteurs et poètes de son
époque, tels que Léo Ferré ou Louis Aragon.
Son premier disque sort en 1955 et s'intitule "Chansons poétiques anciennes
et modernes". Il y obtient le Grand Prix du Disque de Charles Cros. Au début
des années 60, il anime une émission (La fine fleur de la chanson française)
destinée à faire connaître les jeunes talents de la chanson. Par la suite,
il poursuit une carrière très active d'animateur culturel au service du
patrimoine poétique et populaire. Jacques Douai s'éteint le 7 août 2004,
dans sa 84e année.
DRANEM
Né le 23 mai 1869 à Paris, Dranem (de son vrai nom Armand Ménard) est
apprenti bijoutier et chante discrètement du Montéhus dans un
café-restaurant. En 1894, il est engagé
en tant que chanteur comique et passe sur scène avec un certain Mayol dans
les salles de "L'Epoque" et "Au Divan japonais". Sa carrière débute
véritablement en 1899 à "L'Eldorado" où il fait fureur en interprétant des
chansons hilarantes parmi lesquelles "Ah les p'tits pois", "Pétronille tu
sens la menthe", "Le trou de mon quai". On le surnomme amicalement "Le roi
des idiots". Il est vrai qu'il passe pour un idiot avec son chapeau de marin
américain couvrant sa tête chauve, sa jaquette étriquée et son pantalon à
carreaux trop large. En plus, il chante les yeux fermés et ne les ouvre que
pour faire peur lorsqu'il débite une ânerie. L'inimitable Dranem meurt le 14
novembre 1935. Il est alors certain ce jour-là qu'il n'a fait rire personne
!
DREAN
Né
le 12 novembre 1884 à Marseille, Dréan rencontre le succès en 1920 avec son
opérette intitulée "Phi-Phi". Sa carrière prend véritablement de l'essor
dans les années 20 et 30 où il crée et interprète plusieurs chansons
renommées: "Cache ton piano", "Elle s'était fait couper les cheveux",
"Heureux piou-piou". Parallèlement, Dréan joue plusieurs rôles au cinéma. On
peut le voir à l'oeuvre dans les films "Une étoile disparaît", "Les as du
turf", "Rivaux de la piste" ou "La porteuse de pain". Dréan meurt à
Corbeil-Essonnes, le 8 mars 1977, dans l'oubli quasi général.
DUBAS MARIE
Née
le 3 septembre 1894 à Paris, Marie Dubas débute sa carrière en 1917 au
cabaret "Le Perchoir". Puis, elle rencontre tour à tour Maurice Chevalier et
Mistinguett avec lesquels elle chante au "Casino de Paris". Elle enchaîne
les opérettes et les comédies musicales mais un accident de ses cordes
vocales l'obligent à se tourner vers le Music-hall. En 1927, elle monte pour
la première fois sur la scène de "L'Olympia" où elle y interprète sa célèbre
chanson "Pedro". Le public est subjugué et en redemande. Cette chanson va
complètement lancer sa carrière. Marie Dubas continue à interpréter des
oeuvres musicales qui seront pour la plupart de grands succès: "Le doux
caboulot", "Mon légionnaire", "Marie Marie", "Tu me plais". En 1940, en
pleine guerre mondiale, le gouvernement de Vichy interdit aux Juifs de
chanter sur scène et de passer à la radio. Marie Dubas, qui est justement
d'origine juive polonaise, s'exile en Suisse. Elle enregistre à Lausanne
plusieurs chansons grâce à la Radio Suisse Romande. A la fin de la guerre,
elle rentre à Paris et apprend que sa soeur a été fusillée et son frère
déporté. Ce ne l'empêche pas de monter à nouveau sur scène à plusieurs
reprises. Marie Dubas nous quitte le 21 février 1972 et repose aujourd'hui
au cimetière du Père-Lachaise.
DUDAN
PIERRE
Né
à Moscou le 1er février 1916, Pierre Dudan est originaire de Suisse. Après
des études supérieures à Lausanne, il se lance dans la chanson en 1938. Il
débute sa carrière au "Lapin agile" et au "Boeuf-sur-le-Toit". Il écrit en
1940 une célèbre chanson "Le café au lait au lit" qui connaît un énorme
succès après la Libération. D'autres titres suivront, parmi lesquels
"Clopin-clopant (1947)", "Mélancolie", "Comme la lune", "Les étoiles s'en
foutent". Il se produit pour la dernière fois sur scène en 1976, en première
partie de Georges Brassens à "Bobino". Pierre Dudan s'éteint le 4 février
1984 et repose au cimetière du Bois-de-Vaux dans sa ville d'origine, à
Lausanne.