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• LA BOLDUC
Née le 4 juin 1894 à Newport en Gaspésie, Mary Travers (surnommée également La Bolduc) est issue d'une famille pauvre. Elle apprend très jeune à jouer des instruments de musique traditionnels que l'on retrouve dans de nombreux foyers du Québec, comme le violon, l'accordéon ou l'harmonica. A l'âge de 13 ans, elle s'installe avec sa famille à Montréal et dénote d'une facilité extraordinaire à jouer de plusieurs instruments. Véritable autodidacte, elle débute une carrière professionnelle en 1927 et devient en très peu de temps la première femme du Québec à gagner sa vie en tant que chanteuse. La Bolduc compose plus de trois cents chansons inspirées par les traditions folkloriques irlandaises et québécoises, dont "La bastringue", "J'ai un bouton sur le bout de la langue", "Si vous avez une fille qui veut se marier". Cette talentueuse chanteuse québécoise - sans doute l'une des plus célèbres de sa génération - nous quitte le 20 février 1941.
• LABRECQUE JACQUES
Né le 8 juin 1917 à Saint-Benoît-du-Lac au Québec, Jacques Labrecque étudie très jeune l’art vocal. Il devient ténor et interprète en 1934 des chansons sur Radio-Canada. Par la suite, il enregistre de nombreuses chansons afin de populariser le répertoire canadien de langue française. Ses plus grands succès sont "Isabeau s’y promène", "Quand j’étais chez mon père", "Mon merle", "V’là l’bon vent", "La bastringue du carnaval". A la fin de sa vie, Jacques Labrecque devient producteur d’albums et dirige les "Editions et disques patrimoine". Ce Québécois, amoureux du folklore de son pays, disparaît le 18 mars 1995.
• LAFFORGUE RENE-LOUIS
Né le 13 mars 1928 à San Sebastian, René-Louis Lafforgue quitte l'Espagne avec ses parents pour se réfugier en France en raison de la guerre civile espagnole. Il débute sa carrière en tant qu'acteur et joue quelques rôles au cinéma. Parallèlement, il s'adonne à la chanson et interprète son premier succès en 1953 avec le titre "Le poseur de rails". Quatre ans plus tard, il remporte le Grand prix du disque avec sa célèbre chanson "Julie la Rousse". D'autres titres suivent, dont "Ca c'est chouette (1958)", "Grand manitou (1961)", "Les enfants d'Auschwitz (1966)". Sa bonne "bouille", recouverte de cheveux frisés et d'une moustache ressemblant à celle du peintre Salvatore Dali, lui donne un air sympathique. Malheureusement, René-Louis Lafforgue trouve la mort le 3 juin 1967 dans un accident de voiture près d'Albi.
• LA HOUPPA
Née le 29 mai 1900, La Houppa (de son vrai nom Marcelle Capronnier) débute sa carrière à l'âge de 20 ans dans les music-halls en entonnant des chants à boire et des chansons de route. Elle choisit le nom d'artiste de La Houppa en raison de sa houppe de cheveux blonds recouvrant sa tête. Les années 20 lui permettent de se produire fréquemment sur de nombreuses scènes aussi bien parisiennes que provinciales. En 1933, La Houppa enregistre pas moins de 24 chansons, tout en se produisant également en Afrique du Nord. Cette même année, elle se lie d'amitié avec le compositeur aveugle René de Buxeuil avec lequel elle compose plusieurs chansons, dont "Bal des Mariniers". Au milieu des années 30, La Houppa effectue de nombreuses tournées à l'étranger, comme en Lettonie et Lituanie, et enregistre plusieurs succès, dont "Ah la marguerite" et "Bravo Tonin". Lors de la deuxième guerre mondiale et bien que la France soit occupée, elle ne cesse de se produire dans les villes provinciales et redonne ainsi quelques espoirs aux Français. La Houppa monte sur scène jusqu'en 1971 où elle donne un dernier récital à la salle des fêtes de la mairie du 12e arrondissement de Paris. Cette figure marquante de la chanson française de la première moitié du 20e siècle disparaît le 18 juillet 1987, à l'âge de 87 ans.
• LAJON ANNETTE
Née le 26 mai 1901 à Paris, Annette Lajon débute une carrière de chanteuse classique et joue le rôle de Carmen à l'Opéra comique. En 1934, elle décide de bifurquer dans le registre de la variété et enregistre "Mon coeur est léger", "Trop de soirs ont passé" et "La fête au village". Elle se produit tout d'abord à Toulouse et ne tarde pas à en faire de même dans les salles parisiennes. En 1936, Annette Lajon obtient le Grand prix du disque avec le titre "L'étranger". Pendant la Drôle de Guerre (période allant de septembre 39 à mai 40), la Parisienne chante avec Maurice Chevalier pour les soldats sur la Ligne Maginot. Par la suite, elle continue sa carrière jusqu'en 1961 et interprète encore d'autres chansons, dont "Mon p'tit kaki". Elle décède le 19 février 1984.
• LALONDE JEAN
Né le 4 mai 1914 à Montréal, Jean Lalonde étudie le chant avant de se faire engager en 1933 sur une radio d’Ottawa afin d’interpréter des chansons du chanteur et acteur américain Bing Crosby. Une année plus tard, le Québécois est cette fois-ci accueilli par la radio CKAC de Montréal où il chante et anime des émissions. Parmi celles-ci, mentionnons "Le Don Juan de la chanson", émission très appréciée entre 1936 et 1945. Durant sa longue carrière, Jean Lalonde reprend plusieurs titres américains et sud-américains en traduisant lui-même les paroles en français, comme "Vous qui passez sans me voir" et "Petite madame bonsoir". Père du chanteur et animateur de télévision Pierre Lalonde, Jean Lalonde s’éteint le 6 juin 1991 à Montréal.
• LAMOTHE WILLIE
Né le 27 janvier 1929 à Saint-Hyacinthe (Canada), Willie Lamothe donne des cours de danse à la fin des années 30, avant de bifurquer vers la chanson au début des années 40. Il interprète trois titres qui vont lancer sa carrière : "Je suis un cow-boy canadien", "Je chante à cheval" et "Giddy up Sam". En 1948, à la naissance de son fils, il écrit l'une de ses plus célèbres chansons intitulée "Allo, allo, petit Michel". La renommée de Willie Lamothe prend de plus en plus d'ampleur grâce à de fréquents passages à la radio et à la télévision. Parmi ses plus grands succès, citons "Chérie tu me demandes si je t'aime", "Mon amour t'appartient", "Je suis un cow-boy fantaisiste". Infatigable, Willie Lamothe ne cesse de se produire sur de nombreuses scènes, jusqu'à son décès survenu le 19 octobre 1992. Aujourd'hui, c'est son fils Michel Lamothe qui chante son père disparu.
• LAMOUREUX ROBERT
Né le 4 janvier 1920 à Saint-Mandé, en région parisienne, Robert Lamoureux est issu d'une famille modeste. Il quitte la scolarité au terme de l'école primaire puis effectue quelques petits boulots dès l'âge de 14 ans, tout en écrivant des poèmes. En 1949, il débute sa carrière artistique au cabaret où il interprète ses propres chansons et récite des monologues cocasses. Le célèbre titre "Papa, maman, la bonne et moi" en 1950 lui permet de remporter le Grand prix du disque. D'autres succès mémorables suivent, dont "La chasse au canard", "Fanfan la tulipe" et "Histoire de roses". Dès le milieu des années 50, Robert Lamoureux se produit au cinéma, ainsi que dans des comédies de boulevard. Son personnage mince, drôle et séduisant ne laisse pas indifférent. On le retrouve dans de nombreux films, comme "Rencontre à Paris" et "Les aventures d'Arsène Lupin". En 1972, il réalise le film surnommé "Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?" et connaît ainsi une énorme consécration. En 2000, âgé de 80 ans, il joue encore une dernière fois au théâtre dans sa pièce intitulée "Si je peux me permettre". Chansonnier, humoriste, réalisateur, parolier, auteur de 14 pièces de théâtre, Robert Lamoureux s'éteint le 29 octobre 2011 à Boulogne-Billancourt, soit le même jour que le 30e anniversaire de la disparition de Georges Brassens...
• LA PALMA
Née le 3 octobre 1896 à Epinal, La Palma (nom choisi à 16 ans) débute sa carrière à Bordeaux, en première partie d'un récital de Dalbret. Elle chante aussi bien dans les salles parisiennes que dans celles du Midi de la France, comme à Aix-en-Provence. Son répertoire est principalement constitué de reprises de chansons d'Yvette Guilbert ("La glu") ou Damia ("La chaîne"). Parallèlement à ces reprises, La Palma crée également plusieurs chansons, dont "Je te veux cette nuit", "J'ai peur de savoir". En disparaissant en octobre 1979, La Palma nous laisse quelques belles chansons pour une artiste aujourd'hui quasiment oubliée.
• LAPOINTE BOBY
Né le 16 avril 1922 dans le département de l'Hérault, Boby Lapointe vit une enfance heureuse dans laquelle il s'essaie à différents instruments de musique collectionnés par son père. Le petit Boby (de son vrai prénom Robert) aime également faire des canulars et rire de la vie. En 1943, il est envoyé au STO (Service du Travail Obligatoire) pendant la guerre. Mais il fuit à deux reprises et se retrouve emprisonné. Cela ne l'empêche pas d'écrire des sketches, des textes loufoques et de jouer avec les mots. Après des débuts peu remarqués sur la scène du cabaret "Le cheval d'or", il interprète des chansons aux Trois-Baudets. Le public commence à découvrir son talent. En 1960, il sort son premier disque regroupant les célèbres chansons intitulées "Aragon et Castille", "Marcelle", "Insomnie", "Le poisson FA" et l'inévitable "Framboise". Par la suite, Boby Lapointe ouvre une cave dans le quartier de la Huchette à Paris mais cela n'est pas rentable et il doit vite abandonner son projet. Afin de gagner sa vie, il continue à composer des chansons, parmi lesquelles "L'ami Zantrop", "Le papa de papa", "Ta Katie t'a quitté". A la pleine fleur de l'âge, âgé de 50 ans, Boby Lapointe décède le 29 juin 1972, emporté par un cancer. Ce barbu à la tête rondouillarde nous manque encore aujourd’hui…
• LASSO GLORIA
Née le 25 novembre 1922 à Barcelone, Gloria Lasso est tout d'abord assistante dans un cabinet médical, avant de devenir en 1949 animatrice dans une radio espagnole. En 1954, elle débarque à Paris et chante dans un cabaret espagnol des Champs-Elysées. Elle enregistre en 1956 sa plus célèbre chanson intitulée "Etranger au paradis" et remporte un succès incontestable. Elle devient la première artiste du music-hall à vendre en France un million de disques. Menant une vie très libertine (elle se marie à neuf reprises), Gloria Lasso connaît par la suite des difficultés en raison de l'apparition sur la scène artistique de la nouvelle star Dalida qui lui fait de l'ombre. Désabusée, elle quitte la France pour le Mexique où elle devient à la fin des années 60 une véritable vedette dans ce pays d'Amérique centrale. En 1972, Gloria Lasso tente à nouveau un retour dans l'Hexagone mais le public ne répond pas à ses attentes. Seul un certain Pascal Sevran, grâce à son émission "La chance aux chansons", lui donne un semblant de notoriété. Gloria Lasso repart alors au Mexique où elle s'éteint le 4 décembre 2005.
• LAURE ODETTE
Née le 23 février 1917 à Paris, Odette Laure (de son vrai nom Odette Dhommée) est une artiste polyvalente. Elle mène de front aussi bien la chanson, la comédie que le cinéma. Sa carrière débute véritablement durant la seconde guerre mondiale lorsqu'elle remporte un radio-crochet. En 1945, elle interprète "Le petit officier de marine". Suivent, peu de temps après, les titres "Moi j'tricote" et "Ca n'tourne pas rond dans ma p'tite tête". En 1945, elle remporte le Grand prix du disque grâce à sa chanson "Allô mon coeur". Au cinéma, elle joue dans "La Marie du port" de Marcel Carné, "Le viager" de Pierre Tchernia, "Le bal des casse-pieds" d'Yves Robert. Odette Laure s'éteint le 10 juin 2004.
• LEANDER ZARAH
D'origine juive, née le 15 mars 1907 à Karlstadt en Suède, Zarah Leander suit des cours de théâtre, avant de chanter l'opérette intitulée "La veuve joyeuse" en 1929 à Stockholm. Peu avant le début de la guerre, Zarah Leander interprète la chanson du film portant le même nom : "Der Wind hat mir ein Lied erzählt". Le succès est phénoménal. Elle décide alors en 1938 de l'interpréter en français et la traduit par "Le vent m'a dit une chanson". Quelques mois plus tard, Zarah Leander signe un contrat avec une très grande maison de cinéma allemande et devient "La grande étoile du cinéma du troisième Reich". Elle joue des rôles importants dans "Madga", "La belle Hongroise" et "Le chant du désert". Bien que ses parents soient morts dans des camps de concentration, cela n'empêche pas Zarah Leander de poursuivre sa carrière jusqu'en 1968. Elle décède le 23 juin 1981 à Stockholm.
• LEBAS RENEE
Née le 23 avril 1917 à Paris, Renée Lebas habite avec ses parents juifs dans le quartier de la Bastille. Elle y exerce plusieurs métiers, dont dactylo, danseuse et journaliste. A l’âge de 20 ans, cette Roumaine d’origine remporte un concours radio-crochet sur Radio-Cité, puis elle débute sa carrière en tant qu’interprète au cabaret "La Conga". En 1939, Renée Lebas enregistre son premier disque puis se produit à Cannes. Las, en juillet 1942, sa soeur cadette et son père sont emportés dans la rafle du Vel’d’Hiv. Elle se réfugie alors à Lausanne où elle parvient néanmoins à poursuivre sa carrière en enregistrant plusieurs chansons, dont "Insensiblement" et "D’l’autre côté de la rue" sur Radio-Lausanne. Dès la fin de la guerre, elle revient en France et interprète de nombreux succès d’artistes aussi variés que Charles Aznavour, Jacques Brel, Francis Lemarque et Boris Vian : "Tire, tire l’aiguille", "Au bois de Boulogne", "Tu n’peux pas t’figurer" et "C’est mon gigolo". Dès 1963, Renée Lebas décide de se consacrer à la production de chanteurs, notamment de Régine et Serge Lama. Elle nous quitte le 18 décembre 2009, à Paris.
• LEBRUN ROLAND
Né le 10 octobre 1919 au Québec, Roland Lebrun (surnommé le soldat Lebrun) vit dans une famille de musiciens. Il connaît une renommée internationale entre 1942 et 1945 lorsqu'il interprète des chansons en rapport avec les événements du moment, soit la seconde guerre mondiale. Ses chansons traduisent les sentiments ressentis par le soldat loin de sa famille, la religion et l'amour maternel. Après la guerre et ce jusqu'en 1966, il enregistre plus de deux cents chansons qui se vendent comme des petits pains : "J'ai pleuré trois fois", "L'adieu du soldat", "N'oublie pas ta prière", "Pour oublier cette vie". Roland Lebrun s'éteint à Québec le 2 janvier 1980.
• LECLERC FELIX
Né le 2 août 1914 au Québec, Félix Leclerc est découvert par Jacques Canetti, directeur artistique, qui lui propose de s'expatrier quelque temps en France pour le faire se produire sur les scènes des Trois-Baudets et de l'A.B.C. Il interprète alors "Le p'tit bonheur" ainsi que "Moi mes souliers" et reçoit le Grand prix de l'Académie Charles-Cros. Nous sommes au début des années 50 et en quelques mois, Félix Leclerc, fraîchement débarqué de son Québec natal, se fait une magnifique renommée. Accompagné de sa guitare, il enthousiasme un public fasciné. Parallèlement, il se consacre à l'écriture, aux romans et au théâtre et réalise un nombre considérable d'aller et retour entre la France et le Canada où il monte fréquemment sur scène. Ses nouvelles chansons au milieu des années 70 sont reprises en choeur dans les écoles, telles que "L'alouette en colère" et "Le roi et le laboureur". On dit de lui que « vêtu de la chemise à carreaux du bûcheron, il a apporté une grande bouffée d'air pur ». Félix Leclerc s'éteint le 8.8.88 (!) dans sa province natale, le Québec.
• LECLERC FUD
Né en 1924 à Montluçon en France, Fud Leclerc (de son vrai prénom Fernand Urbain Dominic; d'où le pseudonyme FUD) joue de plusieurs instruments, dont le piano et l'accordéon, avant d'entamer une brève carrière dans la chanson. Il participe à quatre reprises à l'Eurovision de la chanson entre 1956 et 1962, afin de représenter son pays d'origine, la Belgique. En 1956, Fud Leclerc interprète "Messieurs les noyés de la Seine", puis en 1958 "Ma petite chatte", chanson grâce à laquelle il termine à la 5e place du concours. Deux ans plus tard, le Belge chante "Mon amour pour toi", puis en 1962 "Ton nom". Cette dernière chanson ne récolte aucun suffrage et le place à la dernière place du classement. Par la suite, il devient le pianiste attitré de Juliette Gréco pendant quelques années, avant de débuter une nouvelle carrière en tant qu'entrepreneur en bâtiment. Fud Leclerc meurt le 20 septembre 2010 dans un quasi anonymat.
• LEFEBVRE MARGOT
Née à Montréal en 1936, Margot Lefebvre participe à l’adolescence à des émissions de découverte de jeunes talents sur les ondes de plusieurs radios québécoises. Sa voix chaleureuse et son allure classique lui donnent un avantage certain sur les autres candidats. Cela lui permet d’enregistrer ses premières chansons dès 1958, comme "Dieu seul", "Sarah", "Vous". Le succès reste toutefois modeste mais Margot Lefebvre profite peu de temps après d’une parfaite ambiguïté pour se faire connaître. En effet, alors que la jeunesse découvre la nouvelle vague yé-yé au début des années soixante, les plus anciens tombent sous le charme de la bossa nova avec des chansons imprégnées de ce style et justement interprétées par Margot Lefebvre. Les succès s’enchaînent avec les titres "Si l’amour", "Ton autre amour", "Mon coeur s’envole", "Le vrai bonheur n’existe qu’en amour". Pendant plus de dix ans, soit jusqu’au début des années 70, cette artiste québécoise bénéficie d’une belle popularité et se retrouve souvent en tête des hit-parades. Par la suite, ses apparitions se font plus discrètes, jusqu’à son décès survenu le 19 décembre 1989.
• LEGARE OVILA
Né le 21 juillet 1901 à Montréal, Ovila Légaré s’intéresse dès son plus jeune âge à la musique traditionnelle québécoise et au violon. Malheureusement, en 1922, il perd le bout de son doigt majeur gauche dans une presse alors qu’il travaille chez un typographe. Cet accident va l’empêcher de parfaire l’apprentissage du violon. Il décide alors de se consacrer au théâtre et à la chanson. Ovila Légaré participe à de nombreuses soirées où il joue de véritables petites pièces de théâtre. A partir de 1928, il se rend à New York chez Columbia où il grave plusieurs 78 tours. Par la suite, il continue à enregistrer de nombreux disques aux côtés d’artistes célèbres, comme Juliette Béliveau et La Bolduc (également surnommée Marie Travers). Parmi ceux-ci, mentionnons "Le petit cotillon blanc", "Je suis un lion", "Mon cousin, ma cousine" et "J’ai vu le loup, le renard, le lièvre". Ce grand interprète de l’art populaire québécois disparaît le 19 février 1978 à Paris.
• LEJAL VICTOR
Né en 1863 à Paris, Victor Lejal est contraint dès l'âge de 12 ans de débuter un apprentissage d'imprimeur afin de subvenir aux besoins financiers de sa famille. Quatre ans plus tard, il fréquente plusieurs sociétés lyriques dans lesquelles il chante en amateur. En 1894, un certain Paulus le remarque et décide de l'engager dans son cabaret du Bataclan. Habillé de noir, Victor Lejal rencontre rapidement le succès et se produit sur des scènes plus importantes, telles que l'Eldorado et les Ambassadeurs. En 1898, il interprète sa célèbre "Marche des cambrioleurs". D'autres chansons suivent, dont "Quand on a travaillé (1898)" et "Le zipholo (1907)". Tombé malade, il meurt en juillet 1916. Victor Lejal, pourtant fort célèbre à la fin du 19e et au début du 20 siècle, est aujourd’hui passé aux oubliettes.
• LEKAIN ESTHER
Née le 1er avril 1870 à Nancy, Esther Lekain (de son vrai nom Esther Nikel) débute sa carrière à l'Alcazar de Marseille en 1885. En 1900, elle monte à Paris et interprète un énorme succès intitulé "La dernière gavotte". Le public apprécie cette femme très simple d'apparence mais possédant une diction lente et précise. Les chansons s'enchaînent et sont pour la plupart de grands succès, à l’image de "La petite Tonkinoise" et "Ca ne vaut pas l'amour". Elle ne cesse de se produire dans un grand nombre de salles aussi bien parisiennes, provinciales qu'européennes. Après avoir encore enthousiasmé son public en 1953 à plus de 80 ans, Esther Lekain nous quitte le 2 mars 1960.
• LELIEVRE SYLVAIN
Né le 7 février 1943 à Québec, Sylvain Lelièvre remporte à l'âge de 20 ans le Concours international de chanson en interprétant "Les amours anciennes" de Monique Leyrac. Cette distinction lance la carrière du Québécois qui sort son premier 33 tours en 1975 surnommé "Petit matin". D'autres albums et titres suivent, dont "Venir au monde", "A frais virés", "Lignes de coeur" et "Un aller simple". En 1994, Sylvain Lelièvre reçoit la distinction du Félix du meilleur auteur, compositeur ainsi qu’interprète de l'année grâce à l'album intitulé "Qu'est-ce qu'on a fait de nos rêves". En 2000, le Québécois monte un spectacle en sextette dans lequel, chansons, pièces instrumentales et jazz sont réunis. Adulé par les mélomanes de la chanson, Sylvain Lelièvre s'éteint le 30 avril 2002, emporté par une embolie gazeuse cérébrale.
• LE LURON THIERRY
Né le 2 avril 1952, Thierry Le Luron s'est sans doute davantage rendu célèbre en tant qu'imitateur que chanteur. C’est pourtant grâce à la chanson qu’il se fait connaître au début des années 70 en interprétant des airs classiques, comme "Chevalier du ciel", "L'auberge du cheval blanc" et "La belle de Cadix". Parallèlement, ses sketches, son sens de l'humour hors du commun et son talent extraordinaire émerveillent la France. Il sait tout faire ou presque. Thierry Le Luron imite aussi bien des gens du show-business que des hommes politiques, comme en 1984 lors de l'émission le "Grand Jury" de R.T.L. où il parodie plusieurs ministres et chefs d'état. En 1985, il "épouse" en grandes pompes l'autre gai luron des années 80 qui n’est autre que Coluche. La France pleure de rire en apercevant Le Luron au bras de Coluche, transformé pour l'événement en travesti. Las, Thierry Le Luron est atteint d'un cancer de la gorge et disparaît le 13 novembre 1986, soit cinq mois seulement après Coluche. En très peu de temps, la France a perdu deux humoristes de légende…
• LEMARCHAL GREGORY
Né le 13 mai 1983 dans le département de l'Isère, Grégory Lemarchal est passionné par la chanson et participe en 1998 à l'émission surnommée "Graines de star". Le jeune Savoyard s'inscrit en 2004 à l'émission de télévision de la "Star Academy" et remporte le trophée. Sa carrière est lancée et le jeune homme parvient à enregistrer son premier album intitulé "Je deviens moi", comportant le titre à succès "Ecris l'histoire". En 2005, il enregistre plusieurs singles, dont "Je suis en vie", "Même si" et "Promets-moi". Atteint depuis de nombreuses années de la mucoviscidose, Grégory Lemarchal s’éteint le 30 avril 2007. Bourré de talent, âgé seulement de 23 ans, il n’a pas le temps de terminer son second album…
• LEMARQUE FRANCIS
Né le 25 novembre 1917, Francis Lemarque (de son vrai nom Nathan Korb) est d'origine juive et passe son enfance dans le quartier populaire de la Bastille à Paris. Militant très jeune pour le parti communiste, il chante dans les usines pour revigorer le moral des ouvriers qui sont en grève. Francis Lemarque écrit des chansons et rencontre en 1946 Yves Montand. Il propose à ce dernier d'interpréter ses textes. Montand accepte et enregistre au début des années 50 "A Paris", "Bal petit bal", "Ma douce vallée" et surtout "Quand un soldat", chanson qu’il interprète également lui-même. D'autres artistes frappent à la porte de Francis Lemarque et lui demandent des chansons, comme Maurice Chevalier, Renée Lebas, Juliette Gréco, Marcel Amont et Patachou. Parallèlement, Francis Lemarque interprète ses chansons et remporte en 1956 le Grand prix du disque avec "La grenouille". Les succès s'enchaînent, parmi lesquels "Marjolaine" et "Le temps du muguet". Ce poète, aux textes prolifiques, ne cesse d'écrire et de se produire. Il remporte différents prix, dont celui de l'Académie Charles-Cros. En 1992, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de l'ordre des arts et des lettres. Francis Lemarque nous quitte le 20 avril 2002.
• LEOTARD PHILIPPE
Né le 28 août 1940 à Nice, Philippe Léotard débute sa carrière en tant qu'acteur où il joue dans plus de 70 films. Après deux décennies au cinéma, il décide de passer dans le registre de la chanson. En 1990, il enregistre son premier disque intitulé "A la vie comme à la guerre". Il obtient immédiatement le Grand prix de l'Académie Charles-Cros. Artiste atypique, souvent alcoolique, Philippe Léotard est également anarchiste. Il correspond, dans sa manière de vivre, à un certain Léo Ferré. Léotard rend hommage à son presque homonyme Léo en enregistrant un disque en 1994 reprenant quelques titres de Ferré, parmi lesquels "Avec le temps". Deux ans plus tard, il se produit au Casino de Paris avant de se retirer petit à petit de la scène en raison d'un cancer. Frère du politicien François Léotard, il décède le 25 août 2001, trois jours seulement avant son 61e anniversaire.
• LEPREST ALLAIN
Né le 3 juin 1954 à Lestre dans le département de la Manche, Allain Leprest s'intéresse très jeune au music-hall où il découvre Léo Ferré et Georges Brassens. Pendant l'adolescence, il écrit ses premières chansons et fait la connaissance du chanteur à textes Henri Tachan qui l'encourage à persévérer dans sa passion. Après une longue traversée du désert, il parvient en 1982 à se produire dans divers cabarets parisiens, et ainsi à gagner quelques sous. Trois ans plus tard, Allain Leprest réussit enfin à se faire connaître d'un plus large public grâce à un passage remarqué au festival du Printemps de Bourges. En 1986, il enregistre un premier album intitulé "Mec", et écrit des chansons pour de nombreux artistes, dont Juliette Gréco, Romain Didier et Isabelle Aubret. Parallèlement, il interprète ses propres succès, comme "J'ai peu (1986)", "Ton cul est rond (1988)", "La java saravah (1992)", "Chien d'ivrogne (1995)" et "Donne-moi de mes nouvelles (2005)". En 1993, Allain Leprest remporte le Grand prix de l'académie Charles Cros grâce à l'album surnommé "Voce a mano", puis en 2009, le Grand prix des poètes de la Sacem. Cet artiste communiste surdoué, imprégné d'idées antimilitaristes et révolutionnaires, n'aura malheureusement jamais connu une réelle médiatisation. Atteint d'un cancer, et usé par l'existence, il décide finalement de mettre fin à ses jours le 15 août 2011, à Antraigues-sur-Volane.
• LE RIEUR CONSTANTIN
Né le 13 juin 1875 en Belgique, Constantin Le Rieur (de son vrai nom Constantin Collet) est un artiste atypique du Café Concert, à l'image de ses contemporains Mayol et Ouvrard. Dès le début du 20e siècle, il se produit dans de très nombreuses salles parisiennes, parfois aux côtés d’artistes célèbres de son époque, comme Fred Gouin, Marcel's, Jean Lumière et La Houppa. Son charme et son rire... hilarant ne laisse personne indifférent. Il enregistre plusieurs succès, dont "Atchi atchoum", "Que c’est bête de rire comme ça", et surtout "La rigolomanie". Constantin Le Rieur nous quitte à Paris le 4 octobre 1949.
• LE TENIA JEAN-LUC
Né en 1975, Jean-Luc Le Ténia (de son vrai nom Jean-Luc Lecourt) écrit et compose ses premières chansons à l'âge de 21 ans, accompagné d'une guitare ou d'un synthétiseur. En 1998, le Manceau parvient à se faire connaître grâce au groupe de rock alternatif français des Wampas qui reprennent l'une de ses chansons. Très prolifique - plus de 1200 titres à son actif -, Jean-Luc Le Ténia ne cesse de composer des oeuvres sur des thèmes aussi fantasques qu'excentriques, mélangeant la joie, la tristesse, l'humour, la rage, l'exubérance, l'espoir et le désespoir. Ses chansons, toutes autoproduites, sont souvent agrémentées d'un clip vidéo. Parmi sa discographie pléthorique, mentionnons les albums "Une copine digne de ce nom", "Il y a des limites au romantisme", "Hypercubisme et matière exotique", ainsi que "Mort aux espions". Cet auteur, compositeur et interprète, également dessinateur, et se proclamant lui-même "meilleur chanteur français du monde", nous quitte brutalement le 3 mai 2011.
• LEVEILLEE CLAUDE
Né le 16 octobre 1932 à Montréal, Claude Léveillée est initié très jeune à la musique grâce à ses parents. Rapidement, il prend goût à l'accordéon et à l'harmonica, tout en jouant des improvisations au piano. Au milieu des années 50, le Québécois rencontre l'actrice Elizabeth Chouvalidzé qui lui ouvre des horizons sur la culture européenne. Claude Léveillée crée alors des compositions aussi bien musicales que poétiques, et grave son premier disque en 1955 intitulé "Tes rêves". Sa carrière prend une ampleur considérable dès 1959, à la suite de sa rencontre déterminante avec Edith Piaf qui lui propose de se rendre à Paris pour lui composer quelques chansons. Grâce à cette fructueuse expérience, Claude Léveillée remporte en 1962 le Grand Prix du disque canadien de la radio de CKAC. D'énormes succès voient le jour, dont notamment "La légende du cheval blanc", "Frédéric" et "Soir d'hiver". Parallèlement, il écrit plusieurs comédies musicales, comme "Elle tournera la terre", en 1967. Après avoir encore effectué de nombreuses tournées au Québec et en Suisse, Claude Léveillée disparaît brutalement le 9 juin 2011, victime d'une insuffisance cardiaque.
• LHASA
Née à New York le 27 septembre 1972, Lhasa (de Sela) est d'origine américano-mexicaine. Pendant son enfance, elle sillonne les Etats-Unis et le Mexique à bord d'un bus avec ses parents et ses neuf frères et soeurs. A 13 ans, elle se met à chanter du jazz dans les cafés de San Francisco, puis débarque à Montréal six ans plus tard où elle se produit sur une scène de la rue Saint-Laurent. Elle fait alors la connaissance du musicien québécois Yves Desrosiers. Une saine collaboration artistique s'établit. Lhasa grave son premier CD intitulé "La Llorona" en 1998. Après un court passage à Marseille - ville dans laquelle elle commence à écrire des chansons -, elle revient à Montréal et enregistre un second CD en 2003, comportant également trois titres en français : "La marée haute", "J'arrive à la ville" et "La confession". En 2009, la jeune femme sort un troisième album, surnommé tout simplement "Lhasa", interprété cette fois-ci seulement dans sa langue maternelle, l'anglais. Alors qu'elle devait donner plusieurs concerts dans le courant de l'année 2009, Lhasa est contrainte de tout annuler. Atteinte d'un cancer du sein, elle disparaît brutalement le 1er janvier 2010. Sa voix profonde et grave s'est tue à jamais…
• L'HERBIER ROBERT
Né le 5 février 1921 au Québec, Robert L'Herbier (de son vrai nom Robert Samson) apprend la musique et le chant, avant de débuter une carrière de chanteur. Agé à peine de 20 ans, il se produit sur les ondes de la radio québécoise CHLT, puis devient ensuite la véritable vedette de l'émission radiophonique de Montréal intitulée "Les joyeux troubadours". Les chansons de Robert L'Herbier sont largement reconnues. Mélangeant chansonnettes françaises, refrains folkloriques et interprétations de titres anglais dans la langue de Molière, le Québécois chante "Ton p'tit kaki", "Dis-moi des mots d'amour", "Heureux comme un roi", "Tout le long des rues". A la fin des années 50, Robert L'Herbier met fin à sa carrière de chanteur et entre au service de la nouvelle station de télévision "Canal 10" où il favorise l'intégration des artistes du burlesque et des cabarets montréalais. Le public découvre ainsi pour la première fois des comédiens tels que Denis Drouin, Gilles Pellerin et Olivier Guimond. Chanteur devenu homme de radio et de télévision, Robert L'Herbier meurt le 1er janvier 2008 des suites d'une longue maladie.
• LICENCE IV
Groupe fondé au milieu des années 80, Licence IV - nom choisi en rapport avec la licence qu'un commerce doit avoir pour vendre de l'alcool - est composé de trois membres (Francis Vacher, 1958-2010 / Olivier Guillot, 1953-1994 / Gilles Lecouty, né en 1942). Les chansons du trio se veulent comiques, comme en témoignent les titres de leurs vinyles : "Petite équipe mais grand coeur", "Demain, on reste au lit", "C'est l'heure du jaune", "Saga Auvergnats". Leur plus grand succès voit le jour en 1987 et reste gravé dans toutes les mémoires : "Viens boire un p'tit coup à la maison". Cette chanson reste ancrée au sommet du Top 50 en France pendant trois mois. L'aventure artistique de Licence IV s'arrête brusquement en 1994 à la suite de la disparition d'Olivier Guillot dans un accident de la route. Quant à Francis Vacher, il succombe à une tumeur au cerveau le 4 juillet 2010.
• LIEBEL EMMA
Née le 13 septembre 1873 à Pau, Emma Liebel (de son vrai nom Aimée Médebielle) enregistre ses premiers 78 tours en 1910 pour diverses maisons de disques. Ses vinyles sont bon marché et souvent en mauvais état puisque destinés à un public populaire ayant peu de revenus. Les grands auteurs et compositeurs de l'époque que sont Maurice Yvain et Vincent Scotto lui proposent leurs chansons. Le succès est immédiat et Emma Liebel est surnommée "Reine de la chanson réaliste" en 1920. Ses plus grands succès sont "Sérénade des fleurs", "Mon Lulu", "Valencia". Sa popularité grandissant, Emma Liebel est consacrée "Reine du phono" en 1925. L'année suivante, elle fait construire un café-cabaret où elle anime des soirées. Las, elle n'en profite pas longtemps puisqu'elle décède le 30 janvier 1928, emportée par la maladie.
• LIONCEAUX
Le groupe rock’n’roll des Lionceaux voit le jour à Reims en 1961 et est formé de cinq membres à la base (Alain Hattat, guitare, né en 1942 / Michel Mathieu, batterie, né en 1944 / Michel Taymont, guitare rythmique, né en 1938 et décédé en 1978 / Jean-Claude Dubois, basse). Groupe mythique des années 60, les Lionceaux se font rapidement connaître grâce à leurs apparitions aux émissions "Age tendre et tête de bois" en 1963 et "Salut les copains" en 1964. Leur musique rock’n’roll prend une place prépondérante dans la vague yé-yé des années 60. Les Lionceaux enregistrent de nombreux vinyles, dont "Je te veux tout à moi", "Toi l’ami", "Quatre garçons dans le vent", "Dis-moi pourquoi", "Mon obsession me poursuit". Jusqu’à la dissolution du groupe en 1966, pas moins de 13 membres, dont le chanteur Herbert Léonard, participent à l’épopée des Lionceaux.
• LOGAN DANY
Né en 1942, Dany Logan crée un groupe de rock avec des copains au début des années 60 surnommé "Les Pirates". Ce groupe de cinq musiciens rencontre un intérêt certain et prend la troisième place des hit-parades, juste derrière les Chaussettes noires et les Chats sauvages. Le répertoire des Pirates est surtout affilié aux rockers américains de cette génération, dont notamment Elvis Presley et Jerry Lee Lewis. En 1963, Dany Logan décide de quitter le groupe et d'entamer une carrière solo. Il chante alors quelques tubes, dont "Donne tes seize ans", "Vous les filles", "Le soleil de l'été". Agé seulement de 42 ans, Dany Logan meurt subitement le 8 juin 1984.
• LOUKA PAUL
Né en août 1936 à Marcinelle, près de Charleroi, Paul Louka (de son vrai nom Vital-Paul Delporte) écrit ses premières chansons au milieu des années 50. Après une fructueuse rencontre avec Jacques Brel en 1959, il se rend à Paris pour se produire dans les cabarets de la Capitale. Il y rencontre alors des artistes renommés, comme Raymond Devos, les Frères Jacques, et surtout Georges Brassens avec lequel il se lie d'une grande amitié. Paul Louka interprète ses chansons en première partie des représentations de Brassens à Bobino. Chanteur engagé, affichant clairement des opinions politiques de gauche, il écrit de nombreuses chansons, dont notamment "Cerise", "Saragosse" et "Marcinelle". Au milieu des années 80, le Belge devient également administrateur de la Sabam (Société belge des droits d'auteurs). Cet auteur compositeur interprète, frère du peintre Charles Delporte et cousin du scénariste de bande dessinée Yvan Delporte, s'éteint à Montignies le 23 juillet 2011.
• LOUKI PIERRE
Né dans le département de l'Yonne le 25 juillet 1920, Pierre Louki (de son vrai nom Pierre Varenne) débute une carrière au théâtre avant de bifurquer vers la chanson. Il écrit au début des années 50 ses premières chansons, dont notamment "La môme aux boutons", interprétée par Lucette Raillat en 1954. Poète, Pierre Louki se lie d'une grande amitié avec Georges Brassens dont il assure souvent les premières parties de ses spectacles. Pierre Louki écrit quelque deux cents chansons pour un très grand nombre d'artistes, dont Jean Ferrat, Catherine Sauvage, Marcel Amont et Juliette Gréco. En 1972, il reçoit le prix de l'Académie Charles-Cros et continue à composer, tout en interprétant également lui-même ses chansons, comme "Charlotte ou Sarah", "Lettre à une dame", "Grand-père", "Ce vieil air qu'on chantait". Après avoir encore écrit plusieurs livres pour enfants, Pierre Louki s'éteint le 21 décembre 2006.
• LOUVIER NICOLE
Née le 23 juin 1933 à Paris, Nicole Louvier est séparée de sa famille durant l'Occupation en raison de ses origines juives et se retrouve cachée chez des paysans bretons. Elle va mettre à profit cette période de l'histoire pour écrire des chansons. En 1953, elle grave son premier disque comportant les titres "Quand j'ai faim", "J'ai peur de l'amour", "Tu me dis que tu m'aimes", "Mon petit copain perdu". Certain de son talent, Maurice Chevalier la surnomme alors "Le petit radiguet de la chanson". Cette même année 53, Nicole Louvier fait ses débuts au cabaret de la Rose rouge et à celui de la Colombe en s'accompagnant de sa guitare. Parallèlement, certaines de ses oeuvres connaissent un énorme succès, comme "La chanson de Venise" et "Chanson pour la fin du monde" qui sont alors interprétées par d'autres artistes populaires, tels que Jean-Claude Pascal et Lucienne Delyle. Au début des années 60, et en raison de plusieurs propos dérangeants qui vont la marginaliser, Nicole Louvier quitte la France pour s'établir en Israël. Elle continue à écrire des chansons mais aussi des romans. Elle revient par la suite à Paris où elle décède des années plus tard, soit le 8 mars 2003.
• LUMIERE JEAN
Né le 20 août 1895 à Marseille, Jean Lumière (de son vrai nom Jean Anezin) est issu d'une famille de musiciens qui tient un cabaret. En 1929, il est repéré par la chanteuse Esther Lekain qui lui propose de devenir sa marraine. Sa carrière est ainsi lancée. Chanteur à la voix tendre, Jean Lumière respecte à la perfection les textes et mélodies. Il devient un chanteur de charme par excellence et enregistre de grands succès, parmi lesquels "La petite église", "Visite à Ninon", "Chanson d'automne (1936)". A partir de 1960, Jean Lumière enseigne le chant et a pour élèves Cora Vaucaire et Mireille Mathieu. Il décède le 2 avril 1979 à Paris.
• LUPI LUCIEN
Né le 14 juillet 1926 à Grasse dans le département des Alpes-Maritimes, Lucien Lupi est d'origine italienne. Grâce à un travail acharné de sa voix, il remporte simultanément trois prix de chant, d'opéra et d'opéra-comique. Sa voix virile et veloutée fait sensation. Ce baryton interprète alors des chants de France, dont notamment "Le credo du paysan" et "L'angélus de la mer". En 1953, il se produit dans la salle de l'Européen et chante aux côtés de Suzy Delair. Une année plus tard, il tient le premier rôle dans l'opérette "La toison d'or", sur une musique de Francis Lopez. Le succès est conséquent et Lucien Lupi décide alors d'enregistrer de nombreux airs d'opéra et d'opérettes, dont "L'air du toréador" de Carmen et "Calomnie" du Barbier de Séville. Parallèlement à sa vie d'artiste, l’Italien participe à de nombreuses émissions de télévision et, sur la demande du public, grave les grands succès du moment, à savoir "Les gitans", "Fais ta prière Tom Dooley", "Les gueules noires". Après avoir mené de front une longue et brillante carrière, Lucien Lupi nous quitte le 30 mai 2005.
• LYNEL LOUIS
Né le 26 août 1887 à Bastia, Louis Lynel quitte l’Ile de Beauté pour venir s’établir avec ses parents à Marseille. Après avoir fréquenté le conservatoire, il débute sa carrière en 1910 à Paris. Il doit cependant cesser toute activité artistique entre 1914 et 1918 car il est mobilisé durant la Grande Guerre. Louis Lynel remonte sur scène peu après cette triste période de l'histoire et chante même en Afrique du Nord, ainsi qu’en Belgique. Ses chansons sont profondes. Ce baryton interprète passablement de mélodies éternelles, telles que "L’angélus de la mer" et "Le credo du paysan". Entre 1939 et 1943, le Corse chante régulièrement à la radio, tout en continuant à se produire sur de nombreuses scènes. Il meurt à Gourdon, dans le département du Lot, le 9 avril 1967.