Née
le 5 janvier 1891 à Marseille, Cora Madou (de son vrai nom Jeanne Odaglia)
débute sa carrière à Paris en 1919 dans un cabaret détenu par un certain
Nilson Fyscher. Acclamée par le public, adulée par la presse, Cora Madou ne
se produit jamais sur de grandes scènes car elle souhaite entrer en
communication avec chaque spectateur. Elle aime dès lors se retrouver dans
de petits cabarets, accompagnée au piano. Ses chansons les plus célèbres
sont "J'ai rêvé d'une fleur", "Tu m'fais rire", "Ecoute ma guitare". Elle
s'éteint le 26 février 1971 à Villefranche-sur-mer.
MAGNY
COLETTE
Née le 31 octobre 1926 à Paris, Colette Magny travaille tout d'abord dans un
organisme international avant de débuter sa carrière dans la chanson. Agée
alors
de 35 ans, elle se fait découvrir grâce au Petit Conservatoire de Mireille
diffusé à la télévision. En 1963, soit deux ans seulement après le début de
sa carrière, elle interprète une chanson qui fait fureur: "Melocoton" qui
lui vaut de monter sur la scène de "L'Olympia". Chanteuse à la voix
puissante et bien posée, elle milite pour Mai 68 et chante des airs de blues
sur des thèmes de révolution et du monde ouvriers. Elle interprète des
chants de Cuba en rapport avec Che Guevarra ou des titres vietnamiens
révolutionnaires. Au début des années 70, Colette Magny se tourne vers le
free jazz, avant de bifurquer dans un style rock. Elle s'éteint le 12 juin
1997 dans le département de l'Aveyron.
MAILLAN
JACQUELINE
Née
le 11 janvier 1923 à Paray-le-Monial, Jacqueline Maillan reste sans doute
davantage célèbre en tant que comédienne que chanteuse. Ses rôles enivrants
et hilarants au théâtre comme dans les pièces "Lily et Lily", "Folle
Amanda", "Potiche" ou au cinéma dans les films "Pouic-Pouic", "Papy fait de
la résistance" et "A notre regrettable époux" font de Jacqueline Maillan une
comédienne hors pair. Reste que cette artiste très polyvalente a également
enregistré plusieurs chansons dont le célèbre "ça" avec Bourvil, parodie de
la chanson originale "Je t’aime moi non plus" de Serge Gainsbourg. D’autres
titres suivent dont "Ce concerto", "La chanson démodée" ou bien encore "Le
service militaire". A l’image du célèbre et indémodable Bourvil, tout aussi
emblématique, Jacqueline Maillan nous quitte le 12 mai 1992 à Paris,
emportée par une crise cardiaque. La France a perdu ce jour-là une très
grande artiste !
MARCO JEAN
Né le 17 décembre 1923 à Constantinople, Jean Marco (de son vrai nom Jean
Marcopoulos) est très jeune attiré par le monde artistique et se retrouve embrigadé
dans le célèbre groupe des "Petits chanteurs à la Croix de bois". Il est
passionné par la guitare et prend des cours pour devenir chanteur. Dès 1945,
Jean Marco s'en va sur les routes de France pour donner quelques petits
concerts et se produit également dans des cabarets. Il ne tarde pas pour
enregistrer ses premiers titres: "C'est si bon", "Si tu veux", "Tendrement".
Chanteur à la voix rauque et timbrée, ce grand charmeur est engagé à partir
de 1947 dans le célèbre orchestre de Jacques Hélian. Le succès est alors au
rendez-vous. Jean Marco fait le tour du monde et chante presque sans
s'arrêter. Il donne des galas et des concerts à tout rompre et enregistre
près de 130 chansons en 6 ans. Malheureusement, Jean Marco est victime d'un
terrible accident de la circulation le 24 juin 1953 (ironie du sort le jour
de la Saint... Jean !) et disparaît en pleine gloire, entraînant dans sa
mort son ami musicien Georges Cloud.
MARGY LINA
Née
en 1914, Lina Margy (de son vrai nom Marguerite Verdier) est surtout célèbre
pour avoir interprété deux chansons qui font encore aujourd'hui honneur à la
chanson francophone: "Ah le petit vin blanc (1943)" et "Voulez-vous danser
grand-mère (1947)". A l'image d'Edith Piaf, Lina Margy aime rouler les "r";
ce qui donne un certain charme à ses chansons. D'autres succès suivent:
"L'hirondelle du faubourg", "Le retour des cygnes" ou bien encore "Tu
m'apprendras". A la fin de sa carrière, elle effectue de nombreuses tournées
à travers le monde et reprend des chansons d'artistes tels que Léo Ferré,
Georges Brassens ou Jacques Brel. Lina Margy s'est éteinte en 1973.
MARIANO
LUIS
Né
le 13 août 1914 à San Sebastian, Luis Mariano (de son vrai nom Mariano
Eusebio) passe son enfance dans le pays basque espagnol avant de débarquer à
Bordeaux en 1937 avec sa famille. Il étudie le chant lyrique au
Conservatoire de la capitale bordelaise avant de monter à Paris en 1942. Il
rencontre alors Francis Lopez et crée avec lui l'opérette "La Belle de
Cadix". Le succès est phénoménal puisque la représentation, qui était prévue
6 mois, dure 4 ans (!). L'élégance de Luis Mariano et surtout sa voix
d'opérette atteignant les sommets de plusieurs octaves séduisent la France
toute entière. Les succès s'enchaînent à la fin des années 40 et au début
des années 50 avec les nouvelles opérettes "Andalousie" et "Le chanteur de
Mexico". Les salles sont combles et attirent des centaines de milliers de
personnes. C'est tout simplement de la folie ! Pour la première fois dans
l'histoire de la chanson, un artiste possède un fan club. Celui-ci compte
16'000 adhérents en 1952. Luis Mariano ne cesse de chanter et interprète,
entres autres, les opérettes suivantes: "Le Chevalier du ciel (1955)", "Le
secret de Marco Polo (1959)", "Visa pour l'amour (1961)", "Le Prince de
Madrid (1967)", "La caravelle d'or (1969)". Comme il fallait s'y attendre,
Luis Mariano est épuisé et tombe malade. Il meurt le 14 juillet 1970. Sa
tombe au cimetière d'Arcangues, dans les Pyrénées-Atlantiques, est encore
aujourd'hui un lieu de pèlerinage pour un grand nombre de fans.
MARIE-JOSE
Née le 26 décembre 1919 à Oran, Marie-José (de son vrai nom Mauricette
Lhuillier) débute sa carrière au cinéma en tournant plusieurs films avec des
acteurs célèbres tels que Jean Boyer, Arletty et Michel Simon. En 1941, elle
interprète les chansons
tirées des films "Etoile de Rio" et "Le paradis perdu". Une année plus tard,
elle enregistre l'un de ses plus grands succès avec le titre "Le bar de
l'escadrille". Marie-José ne s'arrête pas là et chante de nombreuses autres
chansons dans les années 50, orientées principalement d'inspirations
sud-américaines. Le titre "Impossible" en 1947 la consacre "Reine du tango".
Marie-José s'éteint le 3 février 2002.
MARINO
VICTORIA
Née
le 19 janvier 1919 au nord-est de l'Italie, Victoria Marino est très vite
imprégnée par la danse et le chant grâce à son père qui est baryton lyrique.
Après avoir chanté en anglais sur les ondes de la B.B.C, elle rejoint
Marseille en 1939 et tombe amoureuse du célèbre chanteur Bruno Clair. Tous
deux se marient et vont collaborer étroitement. Victoria Marino enregistre
ses deux premiers 78 tours en 1943 puis grave une année plus tard deux
tubes: "Mon coeur est une sérénade" et "Fiesta Gitana". Deux énormes succès
suivent lors de la Libération: "Besame mucho" et "Amor, amor". La carrière
de la chanteuse italienne est définitivement lancée. Parallèlement, elle
joue dans plusieurs films dont "Adieu Paris", "Trois de la Marine" et
"Arènes joyeuses". En 1972, à la suite du décès de son mari Bruno Clair,
Victoria Marino cesse toute activité artistique et se retire à Marseille où
elle décède le 27 mai 2002.
MARLY ANNA
Née le 30 octobre 1917 à Saint-Pétersbourg, Anna Marly (de son vrai nom Betoulinsky) est marquée par les événements de la
seconde guerre mondiale et décide d'écrire ce qu'elle ressent en composant
des chants. Elle interprète ses oeuvres devant les soldats du front. Ces
derniers sont bouleversés par la beauté et la force de ses mélodies. Ses
hymnes à la liberté seront au final repris par tous lors de la Libération.
Après la guerre, Anna Marly parcoure l'Amérique du Sud puis l'Afrique et
continue d'entonner ses chansons en s'accompagnant de sa guitare. Ses plus
grands succès sont "Lorsque demain tu reviendras dans ton village", "Paris
est à nous" et surtout "La complainte du partisan". Cette chanteuse
d'origine russe, surnommée "Troubadour de la résistance", s'éteint en Alaska
le 15 février 2006.
MARS BETTY
Née
le 30 juillet
1944 à Paris, Betty Mars (de son vrai nom Yvette Baheux) entame une longue
carrière en tant que comédienne avant de se lancer dans la chanson à partir
de 1971 grâce l'auteur-compositeur Botton. Ce dernier
lui propose de chanter "Monsieur l'étranger". Cette chanson lance la
carrière musicale de Betty Mars. L'année suivante, elle monte sur la scène
de "Bobino" où elle interprète plusieurs succès dont "Qu'est-ce qu'il fait"
et "Mon café russe". Le 25 mars 1972 à Edimbourg, Betty Mars représente la
France au Grand Concours de l'Eurovision de la Chanson et chante "Comé
Comédie". Les années qui suivent permettent à Betty d'enregistrer d'autres
titres dont "Un matin comme les autres", "Le voyageur" ou bien encore "La
chanteuse du dancing". Parallèlement, elle joue au cinéma le rôle
d'Esméralda dans le film "Bons baisers... à lundi" de Michel Audiard. Tombée
dans l'oubli au cours des années 80, Betty Mars se suicide le 15 février
1989 en se jetant par la fenêtre de son domicile.
MARS
COLETTE
Née le 18 août
1916 à Tanger au Maroc, Colette Mars (de son vrai nom Nicole Huot) rêve de
devenir chanteuse. Elle se présente en 1939 à un concours de chant
et remporte le premier prix. Ses parents refusent toutefois qu'elle se lance
dans la variété. En 1944, elle rencontre Joséphine Baker qui lui conseille
de monter un tour de chant. Colette Mars grimpe pour la première fois sur
scène et enregistre deux ans plus tard son premier 78 tours comportant deux
chansons: "Le vent emporte ma chanson" et "Un refrain chantait".
Parallèlement, elle joue quelques rôles au cinéma comme dans les films
"Miroir" aux côtés de Daniel Gélin et "Aux yeux du souvenir" avec Jean
Marais et Michèle Morgan. Entre petit écran et chanson, la vie de Colette
Mars est bien remplie. Ses principaux succès musicaux sont "Il allumait les
réverbères", "Tout Paris chante" ou bien encore "Jimbo l'éléphant".
Chevalier de la Légion d'Honneur, cette dame de la vie artiste française
s'éteint le 15 mars 1995, emportée par une cruelle maladie.
MARTEL
MARCEL
Né
le 1er février 1925, Marcel Martel joue dès l’âge de 10 ans de la guitare et
de l’accordéon. Adolescent, il participe à des soirées amateurs et y
interprète des chansons de Tino Rossi et du Soldat Lebrun. Dès 1942, le
Québécois écrit des chansons de style western et devient en 1945 guitariste
dans l’orchestre country de Paul Lemire. Trois ans plus tard, Marcel Martel
parvient à graver son premier 45 tours intitulé "La chaîne de nos cœurs" qui
connaît un énorme succès. D’autres titres reconnus suivent, dont "Charme
hawaïen", "Dans ma prairie", "Loin de toi, chérie" ou bien encore "Un coin
de ciel". Entre enregistrements et tournées, la vie de Marcel Martel est
fort chargée. Il est l’un des compositeurs les plus prolifiques du genre
country et western au Québec. Père de la chanteuse populaire Renée Martel,
Marcel Martel nous quitte le 13 avril 1999.
MARTEN
FELIX
Né
le 29 octobre 1919, Félix Marten débute sa carrière dans le théâtre. Dès la
fin de la guerre, il monte à Paris et commence à se produire en tant
qu'interprète fantaisiste. Son physique de séducteur lui permet de figurer
dans le film "Hôtel des artistes" en 1950. Quelque temps plus tard, il
rencontre Edith Piaf qui croit en lui. En 1956, Felix Marten se produit à
Bobino, avant de chanter en première partie du spectacle d'Edith Piaf à
l'Olympia deux ans plus tard. En 1961, Félix donne à son tour une chance à
Barbara qui débute sa carrière de chanteuse, en lui offrant une place de
choix dans une série de ses représentations. Les chansons de Félix Marten
sont incontournables. Citons parmi celles-ci un énorme succès: "La Marie
Vison". Par la suite, il joue dans plusieurs films dont "Le tueur" avec Jean
Gabin, Bernard Blier et le prometteur Gérard Depardieu. Félix Marten
s'éteint le 20 novembre 1992 à Paris.
MARTIN
JACQUES
Né
le 22 juin 1933 à Lyon, Jacques Martin est un personnage autodidacte à la
fois comédien, journaliste et animateur de radio et télévision. Il débute sa
carrière en 1949 au théâtre puis se tourne très vite vers le monde en plein
développement de la télévision où il anime dans les années 50 l'émission
"Pas très show". Doué, il est remarqué par Pierre Tchernia et crée
l'émission 1 = 3 avec Jean Yanne. Entre 1969 et 1975, il présente "Midi-Magazine"
en compagnie de Danièle Gilbert. Jacques Martin possède également un goût
prononcé pour la chanson. Il compose plusieurs titres et écrit une comédie
musicale intitulée "Petitpatapon" en 1968. La télévision évoluant, le
Lyonnais d'origine lance en 1975 l'émission satirique "Le petit rapporteur",
ayant pour objectif la présentation de l'actualité sous un humour décalé.
Jacques Martin connaît ses heures de gloire entre 1976 et 1998 grâce à son
émission "Dimanche Martin". "L'école des fans", "Le monde est à vous",
"Ainsi font, font, font" restent des moments très célèbres dans les mémoires
collectives. En 1998, Jacques Martin est victime d'un accident vasculaire
cérébral et doit mettre un terme prématuré à son métier d'animateur.
Partiellement paralysé, il décède le 14 septembre 2007 des suites d'un
cancer. La France n'oubliera pas de si tôt son animateur fétiche qui a
toujours eu un faible pour la bonne gastronomie.
MAURICE
JEAN-FRANCOIS
Jean-François
Maurice (de son vrai nom Jean Albertini) reste communément connu des
mélomanes du monde entier grâce à sa chanson "28° à l’ombre" datant de 1978.
Avant de produire cet hymne au soleil et à la chaleur, Jean-François Maurice
commence dès l’adolescence à écrire des textes et rencontre le très jeune
Pascal Danel. De fil en aiguille, il découvre les nouvelles stars des 45
tours au début des années 60. C’est ainsi que Jean-François Maurice devient
le producteur du chanteur Christophe. Il écrit alors avec lui "Aline" puis
tout seul "Les marionnettes". Pour Pascal Danel, ce sera "La plage aux
romantiques", pour C. Jérôme "Kiss me". Jean-François Maurice écrit
également des chansons pour Michèle Torr, dont le célèbre "Emmène-moi danser
ce soir". Par la suite, il décide de chanter également lui-même
quelques-unes de ses chansons, dont "Pas de slow pour moi (1979)", "La
rencontre (1983)", "Au revoir musicienne (1995)", et évidemment "28° à
l’ombre". Jean-François Maurice nous quitte le 6 novembre 1996.
MAYOL FELIX
Né le 18 novembre 1872 à Toulon, Félix Mayol interprète dès son plus jeune
âge des chansons de Paulus, chanteur emblématique de la seconde moitié du
19e siècle. En 1895, il débarque à Paris où il est engagé au "Concert
Parisien". Mayol obtient alors son premier grand succès avec la chanson de
Théodore Botrel intitulée "La Paimpolaise". D'autres énormes succès suivent
dont les célèbres chansons "Viens poupoule (1902)" et "La Matchiche (1905)".
Félix Mayol devient un artiste incontournable du Music-hall et se produit
constamment
à "L'Eldorado". Le public adore cet homme aux cheveux coiffés en houppe et
portant un brin de muguet à la boutonnière. Ses chansons parfois
sentimentales et parfois comiques sont très appréciées: "Les mains de femmes
(1906)", "Cousine (1911)", "Elle vendait des p'tits gâteaux (1919)".
Fortuné, Félix Mayol rachète en 1909 le "Concert Parisien" qu'il renomme à
son effigie "Concert-Mayol". Considéré comme l'un des plus grands artistes
de sa génération, Félix Mayol nous quitte le 15 septembre 1941.Né le 18
novembre 1872 à Toulon, Félix Mayol interprète dès son plus jeune âge des
chansons de Paulus, chanteur emblématique de la seconde moitié du 19e
siècle. En 1895, il débarque à Paris où il est engagé au "Concert Parisien".
Mayol obtient alors son premier grand succès avec la chanson de Théodore
Botrel intitulée "La Paimpolaise". D'autres énormes succès suivent dont les
célèbres chansons "Viens poupoule (1902)" et "La Matchiche (1905)". Félix
Mayol devient un artiste incontournable du Music-hall et se produit
constamment à "L'Eldorado". Le public adore cet homme aux cheveux coiffés en
houppe et portant un brin de muguet à la boutonnière. Ses chansons parfois
sentimentales et parfois comiques sont très appréciées: "Les mains de femmes
(1906)", "Cousine (1911)", "Elle vendait des p'tits gâteaux (1919)".
Fortuné, Félix Mayol rachète en 1909 le "Concert Parisien" qu'il renomme à
son effigie "Concert-Mayol". Considéré comme l'un des plus grands artistes
de sa génération, Félix Mayol nous quitte le 15 septembre 1941.
MELLER
RAQUEL
Née le 9 mars 1888 à Tarzone (Espagne), Raquel Meller (de
son vrai nom Francisca Romana Marques Lopez) débute sa carrière dès l'âge de
13 ans dans un cabaret de Valence. En 1920, elle monte sur les scènes
parisiennes et, malgré le fait qu'elle ne parle pas un mot de français,
parvient à émouvoir le public. Partie de rien, sa gloire et sa fortune
l'établissent rapidement. Capricieuse, couverte de toilettes somptueuses,
Raquel Meller traverse le monde, entourée de chihuahua et de pékinois
qu'elle affectionne particulièrement et réside de
palace en palace. Le temps passant, et sans doute en raison du fait qu'elle
ne chante qu'en espagnol,
elle devient de moins en moins populaire. Raquel décide alors de relancer sa
carrière au début des années 30 en chantant cette fois-ci en français. Son
passage à "L'Alcazar" de Marseille est alors un énorme succès. Citons parmi
ses chansons interprétées dans la langue de Molière: "La violetera", "Douce
France", "Je n'sais pas" ou bien encore "Adieu mon rêve". Raquel Meller
disparaît le 26 juillet 1962 emportée par la maladie.
MERCADIER
Né
à Paris en 1860, Mercadier est une grande vedette de la chanson francophone
de la fin du 19e siècle. Grand, portant une moustache imposante, Mercadier
est un chanteur de charme. Sa voix de baryton est très appréciée. Il
interprète plusieurs chansons de son époque dont "Quand les lilas
refleuriront (1890)" et "Les enfants et les mères (1898)". Mercadier
disparaît en 1929.
MERCOURI
MELINA
Née
le 18 octobre 1923 à Athènes, Melina Mercouri est la femme du célèbre
réalisateur Jules Dassin et la belle-mère de Joe Dassin. Actrice jouant dans
plusieurs films, Melina Mercouri interprète néanmoins, dans les années 60,
une chanson qui restera longtemps gravée dans les annales de la variété
francophone: "Les enfants du Pirée". Durant sa carrière, elle chante
d'autres chansons moins renommées, principalement en rapport avec son pays
d'origine qui est la Grèce: "Athènes, ma ville", "Je suis grecque", "Mes
amis d'hier". Femme politique engagée, Melina Mercouri est nommée ministre
de la culture en 1991 dans son pays natal. Elle décède le 6 mars 1994.
MERKES
MARCEL
Né le 7 juillet 1920 à Bordeaux, Marcel Merkès fréquente le conservatoire de
la capitale bordelaise et obtient un premier prix d'opéra, d'opéra-comique
et d'opérette. Il rencontre Paulette Riffaud qui, elle aussi, est au
conservatoire et tous deux tombent amoureux. Cette rencontre est le début
d'une véritable collaboration artistique.
En 1947, le couple est auditionné par Henri Varna, directeur de la salle du
Mogador, et se retrouve immédiatement engagé. Marcel Merkès et sa femme
Paulette se produisent alors sur de nombreux parterres européens, canadiens
et nord africains. Ils donnent pas moins de 1'200 représentations en trois
ans et demi au cours des années 50. Citons quelques noms d'opérette
interprétés par ce couple de légende: "Méditerranée", "Qui veut mon bouquet
de violettes", "C'est l'amour" ou bien encore "Un visa pour l'amour". Marcel
et Paulette se produisent jusqu'à la fin des années 80 en bénéficiant de
l'apport de leur fils Alain Merkès en première partie des spectacles. Marcel
Merkès meurt le 30 mars 2007 à Pessac, près de Bordeaux.
MESSIA
DANIELLE
Née le 27 octobre 1956 à Jaffa en Israël, Danielle Messia (de son vrai nom
Mashiah) débarque à Paris avec ses parents à l'âge de deux ans. Elle débute sa
carrière à Orléans dans un groupe java-folk surnommé "Les Grattons Labeur". Elle
y apprend rapidement la guitare et décide en 1977 de voir de nouveaux horizons
en chantant dans les rues de plusieurs villes européennes, dont Venise, Vienne
et Bucarest. Au début des années 80, elle revient en France et grave son premier
album intitulé "Il fait soleil". Sa voix revêche dans les graves et frêle dans
les aigus est très appréciée. Ses chansons font preuve d'une belle sensibilité
et sont principalement tournées sur le thème des voyages, de l'amour, la
nostalgie de l'enfance, et la solitude. Le plus grand succès de Danielle Messia
demeure sans doute le titre "De la main gauche": "Je t'écris de la main
gauche, celle qui n'a jamais parlé. Elle hésite, elle est si gauche que je l'ai
toujours cachée". En 1985, elle est invitée sur le plateau de Michel Drucker
afin de démontrer son talent artististique déjà bien reconnu mais Danielle ne pourra
malheureusement pas y participer. En effet, elle meurt d'une leucémie
foudroyante le 13 juin, dix jours avant son passage à la télévision. A l'image
de la chanteuse Joëlle du groupe "Il était une fois", Danielle Messia disparaît
à l'âge de 29 ans...
MESTRAL
ARMAND
Né
le 25 novembre 1917, Armand Mestral (de son vrai nom Armand Zelikson) est
issu d'une famille russe. Attiré à la fois par le chant, la peinture et la
comédie, il parvient tout au long de sa carrière à assouvir ses différentes
passions. Concernant le chant, il interprète aussi bien des opérettes, des
comédies musicales que des chansons à proprement parlé. Parmi celles-ci,
mentionnons "Plaine ma plaine", Ma cabane au Canada" ou bien encore "Le
Galérien". Son talent n'est pas dû au hasard: Armand Mestral travaille
beaucoup et se montre toujours très perfectionniste. Au cinéma, il crée le
film "L'homme de la Mancha" en compagnie de Jacques Brel et "Les amants de
demain" avec Edith Piaf. Après une carrière fort bien remplie, Armand
Mestral s'éteint le 17 septembre 2000, vaincu par la maladie.
MEURISSE
PAUL
Né le 21 décembre 1912 à Dunkerque, Paul Meurisse passe son enfance en Corse
dans une famille bourgeoise très stricte. En 1936, il monte à Paris et
remporte un radio-crochet. Fort de ce succès radiophonique, il parvient à
chanter dans plusieurs cabarets et interprète surtout des chansons comiques,
pour ne pas dire loufoques: "Un tango, c'est un
tango", "Les bonnets à poil et à plumes", "Margot la ventouse". Par la
suite, Paul Meurisse quitte le registre de la chanson pour se consacrer
alors entièrement au cinéma. Il joue dans plus de 60 films. Et c'est
justement grâce au cinéma que Paul Meurisse demeure, aujourd'hui encore,
célèbre. Il meurt le 19 janvier 1979 en pleine représentation de la pièce de
Sacha Guitry "Mon père avait raison".
MILTON
GEORGES
Né
le 20 septembre 1888 à Puteaux - une semaine seulement après un certain
Maurice Chevalier -, Georges Milton (de son vrai nom Georges Désiré Michaux)
quitte ses parents à l'âge de 17 ans pour tenter une expérience dans le
Music-hall. Les débuts sont difficiles mais son personnage à la tête
rondouillarde et son énergie invraisemblable déployée sur scène commencent à
plaire au public. On le surnomme alors "Bouboule", nom tiré de l'un de ses
plus grands succès. Après avoir quitté quelques années la France pour la
Russie en raison de la Grande Guerre, Georges Milton revient dans l'Hexagone
et y interprète de nouvelles chansons: "Les Artichauts", "C'est pour mon
papa", "La fille du bédouin", "C'est papa c'est Parisien" ou bien encore "Pouet
pouet". Parallèlement, il tourne dans plusieurs films, jouant à chaque fois
le rôle d'un personnage comique et drôle à voir. Son physique n'est pas
étranger à cela puisqu'il est très bien portant. Après avoir fait tant rire
la France, Georges Milton décède le 19 août 1970, deux ans avant son
contemporain Maurice Chevalier.
MIREILLE
Née
le 30 septembre 1906, Mireille Hartuch (surnommée Mireille) se destine très
jeune à une vie artistique. Dès l'âge de 6 ans, elle étudie le piano et fait
la connaissance quelques années plus tard du compositeur Jean Nohain avec
lequel elle écrit une opérette intitulée "Fouchtra". En 1932, le célèbre duo
Pills et Tabet rencontre soudainement le succès en interprétant justement un
titre extrait de l'opérette "Fouchtra". Tel un reflet dans un miroir, la
carrière de Mireille est lancée. Elle compose alors des chansons avec l'aide
de son complice Jean Nohain et enregistre sans doute son plus grand succès
en chantant avec Jean Sablon "Ce petit chemin". Par la suite, Mireille monte
en solo sur scène s'accompagnant évidemment d'un piano. Sa voix acidulée ne
laisse pas indifférent et ses chansons sont souvent reprises par d'autres
artistes, parmi lesquels Yves Montand qui interprète "Parce que ça me donne
du courage (1949)" et "Une demoiselle sur une balançoire (1950)". En 1955,
Mireille crée "Le Petit Conservatoire de Mireille" qui a pour objectif de
former de nouveaux artistes. "Le Petit Conservatoire de Mireille" devient en
très peu de temps une véritable institution et est diffusé à la télévision
tous les dimanches après-midi entre 1960 et 1974. De nombreux artistes sont
formés grâce à Mireille. Citons parmi ceux-ci Hugues Aufray, Françoise
Hardy, Frida Boccara, Jean-Jacques Debout, Alice Donna, Alain Souchain.
Véritable pédagogue attentionnée, Mireille s'éteint le 29 décembre 1996, à
l'âge de 90 ans.
MISTINGUETT
Née
le 5 avril 1875 à Enghien-les-Bains, Mistinguett (de son vrai nom Jeanne
Bourgeois) prend des cours de violon et de chant avant de débuter en 1895 au
"Triano Concert" puis à "L'Eldorado". La presse s'intéresse alors à cette
belle demoiselle qui possède des jambes de rêve mais dont les qualités
vocales restent toutefois limitées. Cela n'empêche pas Mistinguett de
rencontrer un énorme succès au "Moulin-Rouge" en 1909 lorsqu'elle y
interprète "La valse chaloupée". Deux ans plus tard, c'est la consécration:
elle chante avec Maurice Chevalier "La valse renversante". Le public des "Folies-Bergères"
l'acclame. En 1920, elle enregistre l'un de ses plus grands succès: "Mon
homme" qui fera le tour du monde. D'autres succès suivent parmi lesquels:
"Ca c'est Paris", "Valencia", "Fleur de Paris". Mais la presse s'intéresse
souvent davantage à la beauté de ses jambes, à ses aventures amoureuses qu'à
ses qualités artistiques. Mistinguett sait qu'elle ne possède pas une voix
extraordinaire et exprime ce constat dans la chanson "C'est vrai": "On
dit que j'ai la voix qui traîne en chantant mes rengaines...". Agée de
73 ans, Mistinguett participe encore à une revue en 1949 à "L'A.B.C" et
danse le be-bop mais sa santé devient fragile. En 1951, elle est terrassée
par une crise cardiaque et doit quasiment mettre un terme à sa carrière.
Cinq ans plus tard, soit le 5 janvier 1956, Mistinguett décède à Bougival.
MONTAND
YVES
Né le 13 octobre 1921 dans le sud de l'Italie, Yves Montand (de son vrai nom
Ivo Livi) est issu d'une famille très pauvre. Il débarque à l'âge de 2 ans à
Marseille et vit avec son père, sa mère et ses deux frères et soeurs dans un
immeuble d'une pauvreté affligeante. En 1929, toute la famille obtient la
nationalité française et le petit Yves s'intéresse au cinéma et au chant. Il
se produit alors dans les cafés et à "L'Alacazar" de Marseille en imitant
les chanteurs de son époque que sont Charles Trenet, Maurice Chevalier et
Fernandel. En 1944, Yves Montand
monte à Paris pour échapper au STO (Service du Travail Obligatoire) et pour
surtout débuter une vraie vie d'artiste. Après s'être produit sur plusieurs
scènes parisiennes, il rencontre Francis Lemarque qui lui écrit 16 chansons,
dont le célèbre titre "A Paris". En 1951, la carrière d'artiste d'Yves
Montand prend une autre tournure. Il épouse Simone Signoret et se tourne
vers le cinéma. Il joue dans les films "Le salaire de la peur (1952)" et "La
loi" du cinéaste Jules Dassin. Parallèlement, Yves Montand ne quitte pas la
scène et rencontre un succès phénoménal en 1954 en interprétant la chanson
"Les feuilles mortes" de Prévert et Kosma. Grâce à sa voix chaude et
laissant des frissons aux spectateurs, Montand est une icône indétournable
de la vie artistique française et même internationale. Il continue à
chanter, à jouer dans plusieurs films et à se montrer dans des émissions de
télévision. Mais après le décès de sa bien-aimée Simone Signoret en 1985, la
vie d'Yves Montand change. Il décide de mettre un terme à sa carrière de
chanteur, avant de s'éteindre le 9 novembre 1991. La France a perdu un
artiste très complet.
MONTEHUS
Né à Paris le 9 juillet 1872, Montéhus (de son vrai nom Gaston Brunschwig)
peut être considéré comme un chansonnier anarchiste, luttant pour la cause
sociale, la lutte ouvrière et contre les ordres guerriers. Montéhus se
produit au début du 20e siècle dans de nombreux cafés-concerts et interprète
l'un de ses plus grands succès: "Gloire au 17e". Ses chansons sont très
appréciées durant la période difficile
de 14-18 et même après. Portant une casquette et une ceinture rouge lui
ceignant les reins, Montéhus interprète également d'autres titres en rapport
avec ses idées pacifistes: "La grève des mères", "Le Père la révolte", "On
devrait pas vieillir", "Vas-y Léon". En 1936, il soutient les avancées
sociales du front populaire et milite, entre autre, pour les congés payés.
Montéhus est décoré de la Légion d'honneur en 1947 par le ministre de la
guerre Ramadier. Il s'éteint à Paris le dernier jour de l'an 1952.
MONTERO
GERMAINE
Née le 22 octobre 1909, Germaine Montero (de son vrai nom Germaine Heygel)
débute sa carrière au théâtre à Madrid dans les années 30. Elle débarque en
France quelques années plus tard et se fait connaître grâce à ses
chansons espagnoles. Le succès grandissant, Germaine Montero interprète
alors de nouvelles chansons mais cette fois-ci en français. Son répertoire
est très étoffé. Elle chante aussi bien des poètes anciens que plus récents:
Aristide Bruant, Léo Ferré, Mouloudji, Montéhus, entre autres. Elle remporte
le Grand Prix du Disque en 1953 et le Grand Prix Charles-Cros en 1970.
Germaine Montero nous a quittés le 29 juin 2000, à plus de 90 ans.
MORELLI
MONIQUE
Née à Béthune le 19 décembre 1923, Monique Morelli commence sa carrière en
interprétant des chansons de Fréhel. Au fil des années, elle devient l'archétype
de la chanteuse rive gauche tout en conservant toujours une veine très
populaire. Grâce à sa voix rauque et grave, elle se spécialise dans la chanson
poétique, interprétant avec bonheur Aragon, Pierre Mac Orlan, Francis Carco,
Tristan Corbière, François Villon, Ronsard, Bruant ou bien encore Gaston Couté.
Son compagnon Lino Léonardi met en musique pour elle un grand nombre de poèmes
comme "Maintenant que la jeunesse" ou "un air d'Octobre" qu'elle interprète avec
succès. Propriétaire de cabarets à Montmartre ("Chez Ubu" et "Au temps perdu"),
elle y chante ses chansons et y invite de nombreux chanteurs comme Colette Magny, Gérard Pierron et Julos Beaucarne qui
débutent leur carrière dans son cabaret. Monique Morelli nous quitte le 27 avril 1993.
MORENO
DARIO
Né
le 3 avril 1921 à Smyrne en Turquie, Dario Moreno (de son vrai nom Davi
Arugete) passe son enfance au Mexique où il chante dans un orchestre. En
1948, il débarque à Paris et enregistre ses premiers disques. Excellent
chanteur et danseur, Dario Moreno interprète aussi bien des opérettes que
des chansons latino-américaines. Ses plus grands succès sont "Si tu vas à
Rio", "C'est magnifique", "Mustapha", "Brigitte Bardot". Parallèlement, il
joue dans plusieurs films comme dans "Le salaire de la peur" et "Voulez-vous
danser avec moi". La période des années 60, dite yé-yé, ne colle plus à son
style musical et il décide alors de se consacrer uniquement au cinéma. En
1968, il est engagé par Jacques Brel pour tenir un rôle dans le film
"L'homme de la Mancha". Malheureusement, Dario Moreno ne parviendra jamais à
jouer dans ce film puisqu'il décède le 1er décembre 1968, foudroyé par une
hémorragie cérébrale, 15 jours seulement avant le début du spectacle.
MOULOUDJI
MARCEL
Né
le 16 septembre 1922, Marcel Mouloudji vit dans une famille pauvre
parisienne. Alors qu'il n'a que 14 ans, il débute une carrière d'acteur
grâce à Jacques Prévert qui l'a découvert. Mouloudji tourne dans le film
"Jenny" de Marcel Carné et dans "Les disparus de Saint-Agil" de
Christian-Jaque. En 1952, alors qu'il est âgé de 30 ans, le directeur
artistique Jacques Canetti lui propose d'enregistrer l'emblématique chanson
"Comme un p'tit coquelicot". Cette chanson débouche sur un succès
considérable et Mouloudji remporte le Grand Prix du Disque en 1953. Figure
marquante de Saint-Germain-des-Prés, Mouloudji s'intéresse de plus en plus à
la chanson. Antimilitariste, il prend position durant la guerre d'Indochine
en interprétant en 1954 la chanson intitulée "Barabara": "Quelle connerie
la guerre!". Cette chanson lui attire des ennuis et ce n'est pas fini
lorsque la même année il chante "Le déserteur": "Il
faut que je vous dise, les guerres sont des bêtises, le monde en a assez...".
Cette chanson est tout simplement censurée et donc interdite d'antenne !
Cela n'empêche pas Mouloudji de continuer à interpréter d'autres titres
quelque peu moins virulents: "Mon pote le gitan", "Petite fleur" ou bien
encore "Merci". Le public apprécie toujours ses chansons bien que beaucoup
pensent que Mouloudji n'est plus en rapport avec son temps. La presse le
boude. Il s'éteint le 14 juin 1994, emportant avec lui ses idées
antimilitaristes.