Né
en 1893 à Bucarest, Léon Raiter est avant tout un compositeur de chansons
avant d'être lui-même interprète. Il met en musique en 1926 la célèbre
chanson "Les roses blanches", chantée par Berthe Sylva: "C'est
aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman. Voici des roses blanches, toi
qui les aime tant. Va quand je serai grand, j'achèterai au marchand toutes
ses roses blanches, pour toi jolie maman". Léon Raiter écrit beaucoup de
chansons à succès, principalement pour Berthe Sylva, dont "La prière des
petits gueux" et "On n'a pas tous les jours vingt ans". Avec Vincent Scotto,
il écrit "Rosalie est partie", qu'il interprète lui-même en 1930. Il décède
le 5 juin 1978.
RAPHAEL
JEAN
Né le 17 avril 1916 à Orléans, Jean Raphaël (de son vrai nom Georges Lafaix)
est issu d'une famille pauvre. Délaissé par son père et ayant perdu sa mère,
il est élevé par ses deux grands-mères. Après avoir entamé une apprentissage
de peintre en bâtiments à l'âge de 13 ans, il décide de se tourner vers la
chanson. Bien que néophyte dans ce domaine,
il se présente dans les bals et dancings parisiens pour chanter. Jean
Raphaël est alors remarqué par Mistinguett et Maurice Chevalier qui lui
conseille de s'engager dans l'orchestre de Jo Bouillon. La carrière de Jean
Raphaël est lancée. Pendant la seconde guerre mondiale, il offre même chaque
midi un tour de chant de 15 minutes sur Radio-Paris. Par la suite, il
enregistre un très grand nombre de chansons sur des rythmes tango dont "Toi,
moi", "Joue contre joue", "Adieu beau rêve" ou bien encore "Tout me parle de
toi". Voyant défiler la nouvelle chanson des années 60, la vague yé-yé, Jean
Raphaël s'efface peu à peu de la scène artistique. Cela ne l'empêche pas
toutefois de réenregistrer d'anciennes chansons des années 20 et 30 dans les
années 70. Il s'éteint le 30 octobre 2006.
RAPSAT
PIERRE
Né
le 28 mai 1948, Pierre Rapsat joue tout d'abord dans des orchestres de bal
avant de se lancer dans une carrière solo. Il enregistre en 1973 son premier
disque intitulé "New York". En 1976, Pierre Rapsat représente la Belgique au
Grand Prix de l'Eurovision de la chanson en y interprétant son célèbre titre
"Judie and Cie". A partir de cette année 76, les succès s'enchaînent: "Je
suis moi (1977)", "Gémeaux (1978)", "Donner tout son coeur (1980)". En 1984,
il est l'un des tous premiers chanteurs à enregistrer des clips vidéo. Aimé
des mélomanes de la variété francophone, Pierre Rapsat disparaît le 20 avril
2002, emporté par une longue et cruelle maladie.
REBROFF
YVAN
Né
le 31 juillet 1931 à Berlin mais d'origine russe, Yvan Rebroff (de son vrai
nom Hans-Rolf Rippert) est imprégné très jeune par la musique grâce à sa
mère. Adolescent, il est soliste soprano dans une chorale de garçons
de l'Allemagne de l'Est, à Leipzig, et y apprend également le piano et le
violon. En 1958, Yvan Rebroff obtient le premier prix du concours des écoles
supérieures. Son premier rôle à l'opéra fut le personnage de Don Basilio
dans "Le Barbier de Séville" de Rossini. Doté d'une voix exceptionnelle de
baryton basse, il chante aussi bien des airs classiques que des chants
traditionnels folkloriques russes, comme le célèbre "Kalinka". Les chansons
de Yvan Rebroff ne s'arrêtent pas uniquement au répertoire russe ou allemand
puisque cet athlète géant (1,96 mètre pour 115 kilos) interprète également
des titres en anglais et français, comme "La chanson de Lara", "Ah si
j'étais riche" ou "Le temps des fleurs". Hospitalisé d'urgence, Yvan Rebroff
nous quitte le 27 février 2008, terrassé par une crise cardiaque.
REGGIANI
SERGE
Né à Reggio Emilia en Italie le 2 mai 1922, Serge Reggiani débute une longue
carrière au cinéma et au théâtre, avant de se lancer dans la chanson grâce à
Jacques Canetti, directeur artistique, qui lui conseille de chanter. Serge
Reggiani sort un premier album en 1966 consacré à Boris Vian, décédé 7 ans
auparavant. La chanteuse Barbara inculque à Reggiani la façon de respirer
entre les strophes. Le petit italien d'origine est talentueux et sa voix
remplie d'émotion est très rapidement acquise par le public. Reggiani
interprète alors des textes de différents artistes, dont ceux de Georges
Moustaki: "Sarah" et "Ma liberté". En novembre 1968, Serge Reggiani
remporte un prix de "l'Académie de la chanson" et se produit la même année
pour la première fois sur la scène de "Bobino". Les succès s'enchaînent:
"Les loups sont entrés dans Paris", "L'Italien", "Le barbier de Belleville",
entre autre. Antifasciste, buvant parfois quelques verres de trop, Serge
Reggiani se consacre à la fin de sa vie à l'écriture et à la peinture. Ce
grand interprète au coeur pur décède le 22 juillet 2004.
REVOIL
FANELY
Née à Marseille le 25 septembre 1906, Fanély Revoil fait des études au
conservatoire et remporte deux prix en art lyrique et dramatique. Au début
des années 30, elle est découverte par Maurice Lehmann, directeur artistique,
qui lui propose un engagement de trois ans dans sa salle de "La Porte
Saint-Martin" où elle fait ses débuts parisiens. Sa voix rayonnante de
soleil et son dynamisme éblouissent le public. Elle chante "Amour
printanier", "Le rossignol" ou bien encore "Ronde des vignes". Outre la
chanson, Fanély Revoil produit au début des années 50 des émissions pour la
radio et une douzaine d'opérettes pour la télévision. Après une carrière
très chargée, Fanély Revoil nous quitte le 31 janvier 1999.
RIFFARD
ROGER
Né le 1er avril 1924 dans le département de l'Aveyron, Roger Riffard
débute sa carrière de poète et chanteur à la fin des années 50 grâce aux
encouragements de René Fallet, Pierre Maguelon et Georges Brassens. En 1959,
et grâce à Jacques Canetti, il enregistre son premier 45 tours et se produit
dans de nombreux cabarets parisiens, dont les "Trois Baudets". Roger Riffard
devient rapidement l'ami de Georges Brassens. Ce dernier édite ses chansons
et l'invite à chanter en première partie de ses représentations. Citons
parmi ses plus grands succès: "Timoléon le jardinier", "Mon copain
d'Espagne", "La java du solitaire" et "Les p'tits trains". A la fin des
années 60, Roger Riffard entame une carrière de comédien et joue beaucoup
de second rôles en compagnie principalement de Bertrand Blier. Son décès ne
sera malheureusement que très peu médiatisé puisque, ironie incroyable du
sort, il meurt le 29 octobre 1981, soit deux heures avant son plus fidèle
ami Georges Brassens. Ce jour-là, l'impact médiatique ne fut attribué qu'au
décès du regretté Brassens. Mais les deux amis ont rejoint en même temps le
panthéon de la chanson.
ROBIDOUX
FERNAND
Né le 17 janvier 1920 au
Québec, Fernand Robidoux débute sa carrière en 1938 en animant l’émission
"La ruche ménagère" sur une radio de Sherbrooke. Attiré par la chanson,
il écrit et enregistre en 1945 le titre "Je croyais" qui restera sans
doute son plus grand succès. Fernand Robidoux interprète par la suite de
nombreuses chansons d’origine américaine, dont "Moi, si j’étais vous",
"Prisonnier de mon amour", "Notre anniversaire" ou bien encore "Je rêve
de vos yeux, madame". Par la suite, Fernand Robidoux anime diverses
émissions à la radio et à la télévision québécoise, dont "Reine d’un soir"
sur CKVL et "Quatre as" sur la TV de Sherbrooke. Touchant à tout, il devient
même chroniqueur artistique au Journal de Montréal au milieu des années 60.
Beaucoup plus tard, soit entre 1989 et 1991, il effectue des tournées aux
Etats-Unis avec son fils Michel – aujourd’hui compositeur et musicien -
pour y présenter la chanson québécoise. Fernand Robidoux nous quitte le 27
octobre 1998.
ROBIN MADO
Née
le 29 décembre 1918 dans le département de L'Indre-et-Loire, Mado Robin est
célèbre pour avoir atteint la note la plus élevée de la gamme jamais chantée
auparavant. Il s'agit du contre-contre-ré. Connue dans le monde entier, Mado
Robin joue plusieurs rôles incontournables: "Gilda" dans Rigoletto, "Violetta"
dans La Traviata, "La Reine de la nuit" dans la Flûte enchantée, et surtout
son rôle dans Lakmé. Cette formidable cantatrice nous quitte le 10 décembre
1960, à la suite d'un cancer.
ROCHE
PIERRE
Né
le 27 mars 1919 à Beauvais, Pierre Roche reste l’indémodable partenaire de
Charles Aznavour avec lequel il forme le duo "Roche et Aznavour" au début
des années 40. La carrière de Pierre Roche débute véritablement en pleine
deuxième guerre mondiale. Alors que sa ville natale de Beauvais est
quasiment totalement détruite par l’armée allemande, il part à Paris afin
d’assouvir sa passion dans le calme, à savoir jouer du piano d’oreille et
par cœur. En 1942, il rencontre un certain Varenagh Aznavourian communément
appelé Charles Aznavour. Le duo se forme, Charles chante et Pierre
l’accompagne au piano. Le duo compose des chansons qui seront également
reprises par Georges Ulmer, Lucienne Delyle, Eddy Constantine, entre autres.
Citons parmi celles-ci "En revenant du Québec", "C’est le printemps",
"Je n’ai qu’un sou" et surtout "J’ai bu", titre qui permet à Pierre
Roche de remporter le prix du disque en 1947. Roche et Aznavour travaillent
ensemble jusqu’en 1960 avant de se séparer. Par la suite, Pierre Roche
épouse la célèbre chanteuse québécoise Aglaé et lui écrit plusieurs
chansons. A la fin de sa vie, il dira avec fierté avoir chanté (tenez-vous
bien…) quelque 340'000 chansons en l’espace de 19 ans, sans parler de la
composition de près de 500 autres… Pierre Roche nous quitte le 29 janvier
2001, emporté par un cancer.
ROGER
MICHEL
Né
le 18 novembre 1905 à Marseille, Michel Roger (de son vrai nom Michel
Adjoury) est employé municipal. Cela ne l’empêche pas toutefois de se
produire sur plusieurs scène marseillaises avant la seconde guerre mondiale.
En 1945, il monte à Paris et entre dans l’orchestre de Jacques Hélian pour
parfaire sa carrière. Deux ans plus tard, Michel Roger retourne dans le Sud
de la France et se produit cette fois-ci seul sur plusieurs scènes du Midi.
Il chante alors « Le vent du soir », « Feu follet », « C’est vous mon seul
amour » ou bien encore « Poupée de papier ». En 1949, il fonde le « Syndicat
des Artistes de Variétés ». Ce Marseillais de nature très discrète disparaît
le 8 juillet 1971.
ROLLAN JACK
Né à Lausanne le 3 mars 1916, Jack Rollan (de son vrai
nom Louis Plomb) entre au Théâtre municipal de Lausanne comme
figurant-accessoiriste. Il y apprend le chant, puis la batterie et joue
pendant sept ans dans divers orchestres. En 1942, il propose ses chansons à
la Radio Suisse
Romande qui sont diffusées à l’antenne. Le succès est au rendez-vous.
D’autant plus que nous sommes en pleine guerre mondiale et que ses textes
humoristiques font plaisir à entendre. La Radio
Suisse Romande l’engage pour animer l’émission intitulée "Bonjour de Jack
Rollan", mêlant chansons et sketches. En 1946, Jack Rollan fonde avec le
journaliste Roger Nordmann "La Chaîne du Bonheur", émission à but
humanitaire faisant appel à la solidarité des auditeurs. Il poursuit sa
carrière en publiant quelque 90 livres comiques et en gravant plusieurs
vinyles. Citons parmi ses plus grandes chansons: "Le charleston de mon
enfance", "Le biftèque et les frites", "J’ai vu Paris" ou bien encore "Le
bateau d’Edouard". Atteint d'une longue maladie, Jack Rollan s’éteint le 3
mai 2007 à l’âge de 91 ans.
ROMAN TONY
Né
à Montréal le 1er août 1942, Tony Roman (de son vrai nom Antonio D’Ambrosio)
étudie le piano pendant sept ans au conservatoire royal de musique avant de
débuter sa carrière en 1959 avec le groupe "Tony et les Tip Tops". Au début
des années 60, il devient pianiste accompagnateur pour divers artistes du
music-hall, dont Tony Massarelli, Donald Lautrec et les Baronets. En 1964,
Tony Roman participe à l’émission télévisée "Jeunesse d’aujourd’hui" et
chante "Do Wha Diddy" sur une version électrisante d’un succès de Manfred
Mann. C’est la consécration pour Tony Roman ! Reconnu d’un large public, il
fonde en 1965 la maison de disques Canusa et lance ainsi la carrière de
nombreux artistes, dont Johnny Farago, Patrick Zabé et un peu plus tard
Nicole Martin. Parallèlement, Tony Roman continue à enregistrer plusieurs 45
tours. Citons parmi ses autres succès: "Sha la la", "Ne triche pas", "Du
pain et du beurre" ou bien encore "Fleurs d’amour et d’amitié". Dès la fin
des années 70, il s’en va à Los Angeles et écrit des scénarios de films. En
2004, il produit le film québécois "Camping sauvage". Atteint d’un cancer du
foie, Tony Roman décède le 8 juin 2007.
ROSSI TINO
Né
le 29 avril 1907 à Ajaccio, Tino Rossi (de son vrai nom Constantin Rossi)
débute sa carrière dans les cafés-concerts d'Aix-en-Provence. En 1933, il se
produit à "L'Alcazar" de Marseille, avant de débarquer à Paris où il chante
à "L'A.B.C." dès 1935. Le succès vient petit à petit et prend une ampleur
considérable lorsqu'il interprète des chansons de sa région natale, la
Corse. Citons parmi celles-ci: "Vieni, vieni" ou "O Corse, île d'amour". En
1936, Tino Rossi est acclamé en chantant "Marinella", chanson tirée du film
portant le même nom. La carrière du jeune Corse se retrouve en pleine
ascension et les succès sont monnaie courante: "Le chant du gardian", "Ma
ritournelle", "Ma belle étoile". Sans oublier évidemment son plus grand
succès qui se vend encore aujourd'hui à des millions d'exemplaires: "Petit
papa Noël". Dans les années 50, Tino Rossi dévie son répertoire vers celui
de l'opérette. Il chante alors la célèbre chanson "Méditerranée" et passe
fréquemment à la télévision jusqu'à son décès survenu le 26 septembre 1983.
La France a perdu un chanteur très populaire, pour ne pas dire idolâtré.
ROULEAU
RAYMOND
Né
en 1936 au Québec, Raymond Rouleau, fils d’une famille de musiciens, apprend
très jeune la guitare. Il débute sa carrière dans des soirées paroissiales
en interprétant des chansons de ses idoles que sont Paul Brunelle et Marcel
Martel. Les rythmes de chansons country (que l’on appelle également western
canadien) sont très appréciés par Raymond Rouleau. Cela va ainsi lui donner
des idées et il se décide alors à composer lui-même des chansons, dont "Tu
refuses mon cœur" en 1957, son premier grand succès. De plus en plus
populaire, Raymond Rouleau effectue des tournées non seulement au Québec
mais également aux Etats-Unis. Les chansons à succès sont nombreuses : "Le
ciel a pris ma fiancée", "Les larmes de Sainte-Anne", "Unis pour la vie". A
côté de ses propres compositions, il remet au goût du jour certains titres
de Johnny Cash. En 2001, Raymond Rouleau met un terme à sa carrière
professionnelle et nous quitte définitivement le 7 juin 2006.