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• SABLON GERMAINE
Née le 19 juillet 1899, Germaine Sablon n'est autre que la soeur du chanteur crooner Jean Sablon. Elle débute sa carrière au cabaret le Bosphore où elle chante "Ici l'on pêche" de Jean Tranchant. Femme engagée dans la Résistance durant la guerre de 39-45, Germaine Sablon interprète le célèbre titre d'Anna Marly intitulé "Le chant des partisans", repris également par des dizaines d'autres artistes de la chanson française. Elle chante également d'autres succès incontestables, dont "Un jeune homme chantait", "Je rêve au fil de l'eau", "C'est lui que mon coeur a choisi". Elle nous quitte le 17 avril 1985.

• SABLON JEAN
Né le 25 mars 1906, Jean Sablon est issu d'une famille de musiciens puisque son père est chef d'orchestre et compositeur, et sa soeur (Germaine Sablon) est pianiste et chanteuse. Jean Sablon débute sa carrière dès 1923 aux Bouffes-Parisiens, avant de se faire engager par Damia au théâtre de la Renaissance. Il enregistre alors plusieurs chansons de Mireille et Jean Nohain, dont "Le vieux château", "Ce petit chemin", "C'est un jardinier qui boîte". Mélangeant le swing et le jazz, il interprète deux énormes succès au milieu des années 30 intitulés "Puisque vous partez en voyage" et "Vous qui passez sans me voir", chanson grâce à laquelle il remporte le Grand prix du disque en 1937. Célèbre en France, il part aux Etat-Unis et rencontre là-bas également un succès phénoménal. On le surnomme "Le french troubadour". Jean Sablon effectue des va-et-vient incessants entre l'Europe et l'Amérique. Ce crooner à la voix sensuelle, ami de Tino Rossi, s'éteint le 24 février 1994.

• SAINT-GRANIER
Né à Paris le 27 mai 1890, Saint-Granier (de son vrai nom Jean de Granier de Cassagnac) est un chanteur français célèbre pour sa chanson intitulée "Ramona" : « Ramona, j'ai fait un rêve merveilleux. Ramona, nous étions partis tous les deux…
». Ce titre est d’ailleurs repris par de nombreux artistes, dont Fred Gouin, Tino Rossi, Jack Lantier, Marcel Mouloudji et plus récemment Patrick Bruel. Saint-Granier interprète également d’autres succès, parmi lesquels "Ils étaient en pyjama". Il décède le 25 juin 1976 dans la région parisienne.

• SALVADOR HENRI
Né le 18 juillet 1917 à Cayenne en Guyane française, Henri Salvador débarque à 12 ans dans le port du Havre avec toute sa famille. Il débute sa carrière en chantant en compagnie de son frère André mais la guerre va l'obliger à s'expatrier en Amérique du Sud en 1941. Pendant cette période noire de l'histoire, il fait partie de l'orchestre de Ray Ventura et y exerce ses talents de guitariste, de chanteur et de comique. Par la suite, il revient en France et compose de très nombreuses chansons, à la fois sentimentales, telles que "Une chanson douce", "Maladie d'amour", "Le loup la biche et le chevalier", et hilarantes, telles que "Zorro est arrivé", "Juanita banana", "Faut rigoler". Quoiqu'il en soit, ses oeuvres émeuvent tout un pays et même bien au-delà de l'Hexagone. Il effectue de nombreuses tournées à travers le monde et ses passages sur scène ne laissent jamais indifférent. Parolier d'exception, il écrit également des textes pour de nombreux artistes, dont Régine et Sheila. Entre 1970 et 1990, la carrière d'Henri Salvador se retrouve en stand-by. Certains le considèrent comme super ringard. Cela ne l'empêche toutefois pas d'enregistrer un CD rempli de nostalgie en 2000 grâce à Benjamin Biolay qui lui offre l'occasion de revenir au sommet de la gloire. Cet album s'intitule "Chambre avec vue" et comporte la chanson "Jardin d'hiver". Il sort son dernier disque en octobre 2006 portant le nom prémonitoire de "Révérence". Et c'est justement le 13 février 2008 que Henri Salvador tire sa révérence, emporté par une rupture d'anévrisme. Cet amateur de pétanque laisse derrière lui plusieurs générations dans le deuil. Zorro s'en est allé cette fois-ci en se pressant...

• SALVADOR ROSITA
Née le 29 janvier 1933 au Québec, Rosita Salvador (de son vrai nom Victoire Bergeron) étudie le ballet et la danse avant de s’orienter vers la chanson. Dans les années 50, grâce à la popularité grandissante des cabarets de Montréal, la notoriété de Rosita devient importante. Elle enregistre plusieurs chansonnettes françaises, avant de se tourner vers un style plus dans le vent, à savoir davantage rythmé. Son répertoire de chansons est alors tourné vers celui de Richard Anthony et de Maria Candido avec des titres tels que "Donne-moi ma chance" ou "Le bonheur". En outre, Rosita Salvador compose elle-même plusieurs succès, dont "C’est de ta faute" et "J’aime". La chanson intitulée "Mon coeur est en prison" connaît un énorme succès puisqu’elle est interprétée sur un nouveau rythme à la mode au milieu des années 60, le ska. Tout en continuant à graver de nombreux titres au début des années 70, Rosita Salvador s’intéresse de plus en plus à la peinture et à l’horticulture. Atteinte d’un cancer des poumons et du foie, Rosita Salvador nous quitte le 3 avril 2008.

• SANDRIER YVES
Né le 28 août 1938 à Budapest, Yves Sandrier (de son vrai nom Yves Dominique Altmann de Regeldorf) quitte la Hongrie à l'âge de six ans pour s'installer à Genève. En 1953, il est atteint d'une maladie rare surnommée la lymphogranulomatose, forme particulière de leucémie. Afin d'alléger son désespoir, sa mère lui offre alors une guitare. Yves Sandrier va alors composer ses premières chansons. Quelques mois plus tard, il se produit sur la scène des Trois Baudets à Paris, puis en Belgique et en Suisse. La maladie s'aggravant, la radio Europe 1 lui consacre une grande émission intitulée "Vous êtes formidable" afin de récolter des fonds pour ses soins et pour faire progresser la recherche. Dix mille disques sont vendus et de nombreux contrats lui sont proposés. Malheureusement, Yves Sandrier n'a pas le temps d'en profiter longtemps puisque la maladie a finalement raison de lui le 24 septembre 1958. Il nous laisse quelques enregistrements somptueux, parmi lesquels "Les hommes des villes", "Si j'avais une amie", "La chanson de Madeleine", et surtout "Chante vigne".

• SARAPO THEO
Né le 26 janvier 1936 à Paris, Théo Sarapo (de son vrai nom Théophanis Lamboukas) est d'origine grecque. Artiste polyvalent, il s'est principalement fait connaître en France à la suite de son mariage avec Edith Piaf. En effet, le 9 octobre 1962, Théo Sarapo épouse Edith Piaf de 21 ans son aînée, artiste en fin de vie, usée, et qui s'éteindra… une année et un jour plus tard. Ce mariage est qualifié par beaucoup de bidon et pour d'autres d'apothéose. Quoiqu'il en soit, Piaf et Sarapo créent un succès planétaire cette même année avec le titre "A quoi ça sert l'amour". Tout au long de sa carrière, Théo Sarapo interprète de nombreuses chansons, dont "Pour qui tu t'prends", "Pense à moi", "On se croit libre". A la pleine fleur de l'âge, alors qu'il n'est âgé que de 34 ans, le Grec trouve la mort dans un accident de la circulation le 28 août 1970. Il est enterré aux côtés d'Edith Piaf, au cimetière du Père-Lachaise.

• SARDOU FERNAND
Né le 18 septembre 1910 à Avignon, Fernand Sardou n'est autre que le père de Michel Sardou. Originaire du sud de la France, il monte à Paris en 1945 où il rencontre un succès important avec la chanson "Aujourd'hui peut-être", titre qui sera d'ailleurs repris des années plus tard par son fils. Son accent du sud et son physique séduisant ne sont pas pour déplaire. Parallèlement, il tient un cabaret à Paris avec sa femme, la célèbre Jackie Sardou. Il joue également dans plusieurs films, comme dans "Le gendarme de Saint-Tropez", "Le déjeuner sur l'herbe" et "Sur un arbre perché". Le 31 janvier 1976, alors qu'il est en train de répéter "L'Auberge du cheval blanc" au théâtre municipal de Toulon, Fernand Sardou meurt, terrassé par une crise cardiaque.

• SARVIL RENE
Né le 18 janvier 1901 à Toulon, René Sarvil est fils d'un immigré napolitain tailleur d'habits. Il passe son enfance à Marseille et débute une carrière de compositeur de chansons dès l'âge de 15 ans. Durant près d'un demi-siècle, Sarvil écrit quelque mille chansons pour un très grand nombre d'artistes, dont Félix Mayol, Maurice Chevalier, Fernandel, Edith Piaf et Tino Rossi. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, mentionnons "Le chapeau de Zozo", "Le Noël des petits santons", "Zou un peu d'aïoli", "Le petit cabanon", "Sur le plancher des vaches". Ami de Vincent Scotto, il impose le style des opérettes dans les salles marseillaises. Auteur de la majorité des revues qui se jouent à Marseille entre 1939 et 1944, René Sarvil nous quitte le 31 mars 1975.

• SAUVAGE CATHERINE
Née le 29 mai 1929 à Nancy, Catherine Sauvage débute sa carrière dans le cabaret du Boeuf sur le toit à Paris où elle y interprète des chansons de Marianne Oswald. Dans un autre lieu de scène portant le nom de Quod-Libet, elle fait la connaissance de Léo Ferré et commence à interpréter ses textes, parmi lesquels "Les amoureux du Havre", "Paris canaille", "Le piano du pauvre", et surtout "L'homme", chanson grâce à laquelle elle remporte le Grand prix du disque en 1954. Après avoir épousé l'acteur et réalisateur Pierre Brasseur, elle remporte un deuxième Prix du disque en 1961 récompensant l'ensemble de son travail. Catherine Sauvage, qui interprète ses chansons avec beaucoup de coeur et d'émotion, chante dès le milieu des années 60, Louis Aragon ("Il n'y a pas d'amour heureux"), Gilles Vigneault ("Mon pays") et Jacques Prévert. Artiste très engagée, militant au parti communiste, elle s'éteint le 20 mars 1998 dans le Val-de-Marne.

• SCOTTO VINCENT
Né le 21 avril 1874 à Marseille, Vincent Scotto est un compositeur autodidacte de chefs-d'oeuvre populaires. Il écrit un très grand nombre de chansons pour plusieurs artistes issus de la belle époque, des années folles et du début de l’après-guerre. Au début du 20e siècle, Vincent Scotto est remarqué par un certain Polin qui lui propose de faire découvrir ses oeuvres. "La petite Tonkinoise" est l’une de ses premières chansons, plébiscitée par un large public. En 1906, il obtient une énorme renommée avec "Ah si vous voulez de l’amour". Durant sa longue carrière, Vincent Scotto écrit quelque 4000 chansons, 60 opérettes et 200 musiques de film. Les plus grands artistes chantent ses refrains, dont Félix Mayol ("Elle vendait des petits gâteaux"), Georgel ("Sous les ponts de Paris"), Joséphine Baker ("J’ai deux amours"), Alibert ("Adieu Venise provençale), Tino Rossi ("Tchi Tchi"). Ce surdoué de la composition musicale disparaît le 15 novembre 1952.

• SEVRAN PASCAL
Né le 16 octobre 1945 à Paris, Pascal Sevran (de son vrai nom Jean-Claude Jouhaud) rêve très jeune de caresser une carrière dans la chanson. Alors qu’il n’a qu’une quinzaine d’années, il fréquente le Petit conservatoire de la chanson de Mireille et apprend le métier d’artiste sous toutes ses formes. Pascal Sevran écrit alors de nombreux succès, dont "Il venait d’avoir dix-huit ans" et "Comme disait Mistinguett" pour son amie Dalida. Parallèlement, ce communiste, aux idées bien arrêtées et pro militant de François Mitterrand lors de la candidature aux Présidentielles de 1981, écrit plusieurs livres. Homosexuel affiché, Pascal Sevran présente de 1984 à 2000 l’émission "La chance aux chansons" et donne ainsi l’occasion à de nouveaux artistes de se faire connaître, parmi lesquels Patrick Bruel avec le titre "Marre de cette nana". Cette émission, suivie par des millions de téléspectateurs, permet également à d’anciens artistes de la chanson française de réapparaître sur le petit écran, comme André Claveau et Anny Gould. Atteint d’un cancer des poumons, Pascal Sevran cesse toute activité en 2007 et nous quitte
le 9 mai 2008 à Limoges.

• SEVRES CHRISTINE
Née le 25 mars 1931 à Paris, Christine Sèvres (de son vrai nom Jacqueline Christine Boissonnet) se destine à une carrière de comédienne avant de choisir finalement la chanson. Elle débute en 1956 au cabaret surnommé "Le cheval d'or" et y fait la connaissance de Jean Ferrat qui devient son époux en 1961. L'année suivante, Christine Sèvres enregistre son premier 45 tours et rencontre Georges Brassens avec lequel elle part en tournée en 1967. Son premier 33 tours sort en 1968 mais passe inaperçu. D'autres disques suivent, parmi lesquels "Béton armé", "Maman j'ai peur", "Trois cigarettes". Son public ne portant que peu d'intérêt à son égard, Christine Sèvres abandonne la chanson en 1972 pour se consacrer à la peinture. Elle décède subitement le 1er novembre 1981 à Marseille, dans l'oubli quasi général.

• SHUMAN MORT
Né le 12 novembre 1936 aux Etats-Unis, Mort Shuman grandit à New-York où il étudie la musique au conservatoire. Compositeur émérite et renommé, il écrit des chansons pour les vedettes du moment, dont Elvis Presley. Lorgnant vers la variété française, il apprécie énormément un certain Jacques Brel et lui rend hommage en montant la comédie musicale "Jacques Brel is alive, and well, and living in Paris". Attiré par la France, Mort Shuman décide de quitter l'Amérique pour se rendre à Paris en 1972. Il enregistre immédiatement ses premières chansons en langue française, dont "Le lac Majeur", "Brooklyn by the sea", "Shami sha". Le public adore cet américain d'origine polonaise à l'accent anglais très prononcé. Les succès s'enchaînent, parmi lesquels "Papa Tango Charly (1976)" et "My name is Mortimer (1977)". A la fin des années 70, Mort Shuman abandonne petit à petit l'interprétation pour se consacrer à la composition, notamment de musiques de film. Il nous quitte le 3 novembre 1991.

• SIM
Né le 21 juillet 1926 dans les Hautes-Pyrénées, Sim (de son vrai nom Simon Jacques Eugène Berryer) est davantage célèbre pour ses rôles d'acteur comique et pour ses sketches, que de chanteur. Fils d'un ingénieur, il passe son enfance en Bretagne, avant de débuter sa vie professionnelle en 1946 comme opérateur de cinéma. Petit à petit, Sim découvre le monde artistique en présentant tout d'abord un tour de chant comique dans les cabarets parisiens en 1953, puis en animant des émissions télévisées pour la jeunesse dans les années 60. Par la suite, il crée une série de chansons et sketches hilarants. Souvent déguisé, il fait rire la France en prenant par exemple le surnom de "Baronne de la Tronche-en-Biais", imitant ainsi une vieille femme riche et snobe. Parallèlement, il interprète des chansons comiques, telles que "Où est ma chemise grise" (en duo avec Patrick Topaloff), "Pépé Reggae", et "Quoi ma gueule" (parodie de la chanson de Johnny Hallyday). Dès la fin des années 70, Sim participe également à l'émission radiophonique et télévisée des Grosses Têtes, en compagnie entre autres de Philippe Bouvard. On le retrouve aussi dans plusieurs films, évidemment comiques, comme dans "Astérix et Obélix contre César" en 1999. Ce personnage gringalet, hors du commun, nous quitte le 6 septembre 2009, à la suite d'une embolie pulmonaire.

• SIMON MICHEL
Né le 9 avril 1895 à Genève, Michel Simon débarque à Paris en 1911 où il pratique plusieurs métiers, dont vendeur de briquets et professeur de boxe. Il rencontre un certain Georges Pitoëff qui découvre en lui un homme extraordinaire de talent. Michel Simon épate la galerie en jouant dans de nombreux films, parmi lesquels "Jean de la lune", "Boudu sauvé des eaux", "Drôle de drame", "Quai des brumes". Parallèlement, il chante parfois à l'occasion d'un tournage, comme le titre "Comme de bien entendu" en 1939 avec Arletty : « Elle était jeune et belle, comme de bien entendu; Il eut le béguin pour elle, comme de bien entendu; Elle était demoiselle, comme de bien entendu; Il se débrouilla pour qu'elle ne le soit plus, comme de bien entendu…
». C'est principalement à la fin de sa carrière que le Suisse interprète des chansons et se produit à l'Olympia en compagnie de Marie Laforêt. Michel Simon nous quitte à Genève le 30 mai 1975.

• SOEUR SOURIRE
Née le 17 octobre 1933 à Bruxelles, Soeur Sourire (de son vrai nom Jeannine Deckers) entre dans l'Ordre catholique des dominicains en 1959 où elle devient Soeur Luc-Gabriel (dite soeur Dominique). Elle est vite appréciée des autres pensionnaires du couvent qui aiment ses compositions musicales. La hiérarchie ecclésiastique accepte de laisser Soeur Sourire enregistrer un disque. Celui-ci s'intitule "Dominique" : « Dominique, nique, nique, s'en allait tout simplement, routier, pauvre et chantant. En tous chemins, en tous lieux, il ne parle que du Bon Dieu, il ne parle que du Bon Dieu…
». Le résultat est phénoménal puisque ce titre se retrouve en tête des hit-parades en 1959 dans de nombreux pays européens, ainsi qu'aux Etats-Unis. Soeur Sourire, qui se pose énormément de questions existentielles, enregistre d'autres chansons, évidemment en rapport avec l'église et Dieu, parmi lesquelles "Le pied du missionnaire", "Une fleur, coeur de Dieu", "Fleur de cactus", "Mets ton joli jupon". Les succès s'enchaînent jusqu'en 1976 où soudainement elle n'intéresse plus grand monde. Soeur Sourire rencontre alors de gros problèmes financiers, surtout avec le fisc. Elle sombre dans une énorme dépression, se noie dans l'alcool et les médicaments, et finit par se suicider le 29 mars 1985.

• SOEURS BORDEAU
Nées à Paris, les Soeurs Bordeau (Mireille et Huguette) passent leur jeunesse en Vendée où elles apprennent le chant classique et l'opéra-comique. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, et sur l'idée d'un imprésario, les deux soeurs décident de créer un numéro de duettistes. Le succès est immédiat dès leurs premiers essais. Elles côtoient rapidement les plus grands noms de la chanson française que sont Bourvil, Georgette Plana, Suzy Delair, et se produisent dans de nombreux cabarets parisiens. En 1948, les Soeurs Bordeau s'expatrient au Mexique où elles apprennent les chansons locales du folklore mexicain, puis elles reviennent en France pour y enregistrer leurs premiers 78 tours : "L'escalier du paradis", "Thé pour deux", "Qu'il est doux", "Dansons mon amour". Les deux frangines sont très populaires dans le courant des années 50 puisqu'elles participent à de nombreux événements sportifs, tels que le Tour de France et les 24 Heures du Mans, où elles chantent fréquemment. Cette collaboration très étroite se poursuit jusqu'à la fin des années 50 et à la décision d'Huguette de se destiner à une vie familiale. Mireille, quant à elle, cesse aussi toute activité en rapport avec la chanson. Elle décède le 14 janvier 2008.

• SOLIDOR SUZY
Née le 18 décembre 1900 près de Saint-Malo, Suzy Solidor (de son vrai nom Suzanne Rocher) devient un modèle incontournable pour de nombreux peintres grâce à sa beauté et à ses cheveux blonds. En 1933, elle ouvre son propre cabaret surnommé "La vie parisienne" et y interprète des chansons surtout en rapport avec la mer et les marins, parmi lesquelles "Escale", "Johnny Palmer", sans oublier "Mon légionnaire". Lors de la seconde guerre mondiale, Suzy Solidor garde ouvert son cabaret et accueille, sans grande gêne, des officiers allemands. Cela lui vaut des reproches dès la fin de l'Occupation. Elle continue néanmoins sa vie d'artiste durant les années 50 et 60, avant de se retirer à Cagnes-sur-Mer et d'y décéder le 31 mars 1983.

• SOUPLEX RAYMOND
Né le 1er juin 1901 à Paris, Raymond Souplex (de son vrai nom Raymond Guillermain) débute sa carrière en 1927 à la Vache-Enragée en y interprétant ses propres oeuvres, parmi lesquelles "Déveine", "Cinq filles à marier" et "La vie est belle". Considéré comme l’un des plus grands chansonniers de son époque, il émeut le public de nombreux cabarets, dont "Le Caveau de la République", "Le Coucou" et "La Lune rousse". Raymond Souplex devient rapidement la vedette de la radio grâce à l’émission intitulée "Sur le banc", co-présentée avec Jane Sourza. Cette émission est tellement appréciée qu’elle débouche sur un film qui lance la carrière de Raymond Souplex au cinéma. Il tourne dans "Manon" de Clouzot en 1949, "Le passe muraille" de Boyer en 1950 et dans "Si Versailles m’était conté" de Sacha Guitry en 1953. En 1958, il incarne le fameux inspecteur Bourrel dans la série "Les cinq dernières minutes". Raymond Souplex nous quitte le 22 novembre 1972.

• SPELL BETTY
Née le 25 septembre 1903, Betty Spell (de son vrai nom Léonce Betina Guimbellot) débute sa carrière en 1925 dans plusieurs revues. En 1934, elle incarne Betty Boop aux Folies-Bergère dans "Femmes en folie" aux côtés de Jean Sablon et d'Irène Hilda. Entre cinéma et chanson, Betty Spell devient une artiste incontournable de la première moitié du 20e siècle. En 1941, elle enregistre plusieurs succès, dont "Ramon", "Don Quichotte", "Ca fait sport", "Moustache Polka". Elle s'éteint dans le département des Yvelines le 26 mai 2006 à l'âge très respectable de... 103 ans.

• SUC JEAN-PIERRE
Né le 2 novembre 1927 à Montpellier, Jean-Pierre Suc fréquente les beaux-arts avant de devenir professeur de dessin. Parallèlement, il assouvit sa passion de la musique en jouant du piano, et forme en 1951 un petit orchestre de jazz surnommé "L'Original Jazz Gang". Une année plus tard, Jean-Pierre Suc débarque à Paris en compagnie de l’acteur Henri Serre. Tous deux dénichent une ancienne mercerie qu’ils transforment en cabaret. En 1954, les deux compères ouvrent un nouveau cabaret portant le nom de "Cheval d’or". De nombreuses personnalités fréquentent l’établissement, comme Raymond Devos, Victor Lanoux, Pierre Richard et Anne Sylvestre. Jean-Pierre Suc chante pour sa part plusieurs chansons, parmi lesquelles "Tout rouge", "Isabelle", "Ma douce", "Liberté, égalité, fraternité". Pourtant adulé par les plus grands artistes de la chanson francophone, dont Jacques Brel disant de lui « qu’il n’y a que deux chanteurs à Paris, Brassens et Suc », Jean-Pierre Suc se suicide dans un train le ramenant dans sa ville natale de Montpellier, le 16 mai 1960.

• SUNLIGHTS
Les Sunlights sont constitués de trois frères italiens (Serge, Aldo et Bruno Cogoni) émigrés dans le nord de la France. Les frères Cogoni débutent leur carrière en 1962 en accompagnant Gene Vincent dans ses tournées. Trois ans plus tard, ils décident de se mettre à leur propre compte et enregistrent plusieurs tubes incontournables, dont "Le déserteur", "Ne joue pas au soldat", "Maman la plus belle du monde", et surtout "Les roses blanches" de Berthe Sylva. Les Sunlights ont principalement marqué les années 60-70, avant de disparaître petit à petit des juke-boxes. Le 30 septembre 2007, le frère cadet Bruno Cogoni, meurt à l'âge de 64 ans.

• SURFS
Le groupe des Surfs est originaire de Madagascar. Il est formé de quatre frères (Coco, né en 1943 / Pat, né en 1944 / Rocky, né en 1945 / Dave, né en 1946) et deux soeurs (Monique, née en 1946 et décédée en 1993 / Nicole, née en 1948 et décédée en 2000). En septembre 1963, à la demande du gouvernement français, les Surfs sont choisis pour représenter Madagascar pour l'inauguration de la seconde chaîne de télévision française. Les six petits frères et soeurs - ils mesurent tous entre 1,43 m et 1,55 m ! - conquièrent immédiatement le public de l'Hexagone. La maison de disques Festival décide alors de les prendre en charge et de leur faire enregistrer un premier disque en 1963 intitulé "Reviens vite et oublie", version française de "Be my baby". D'autres succès suivent, dont "Si j'avais un marteau" (Claude François), "A présent tu peux t'en aller" (Richard Anthony), "Scandale dans la famille" (Sacha Distel). Les Surfs entament de nombreuses tournées à l'étranger et chantent aussi bien en français, qu'en italien, espagnol, anglais et allemand. Après une dernière tournée au Québec, ils mettent fin à leur collaboration en 1971.

• SYLVA BERTHE
Née le 7 février 1885 à Saint-Brieuc, Berthe Sylva (de son vrai nom Francine Faquet) ne connaît le succès qu'en 1928 grâce à Léon Raiter qui lui demande de chanter "Les roses blanches". Le triomphe est immédiat. Berthe Sylva reçoit des milliers de lettres d'admirateurs. Elle a 43 ans et débute tardivement une carrière qui marquera l'histoire de la chanson française grâce à d'autres énormes succès, parmi lesquels "On n'a pas tous les jours vingt ans", "Mon vieux Pataud", "Du gris". Elle enregistre plus de 250 soixante-dix-huit tours et vend jusqu'à mille disques par jour; ce qui est gigantesque pour l'époque. Elle est tant aimée que lors de ses représentations à l'Alcazar de Marseille, le public survolté arrache les sièges et défonce la porte de sa loge... Berthe Sylva meurt le 26 mai 1941.